Larry Niehues, l’Homme Intemporel

Larry a 22 ans quand il décide de quitter la France pour vivre son rêve : réaliser un voyage photographique aux Etats-Unis.

Sur la route, il va se nourrir du hasard, des rencontres qui se présentent à lui et des scènes qu’il vole à la vie, pour nous peindre une Amérique authentique, entre passé et présent.

Est-ce parce qu’il utilise encore son vieux Nikon argentique que son travail transpire autant la sincérité ? Ou alors est-ce parce que derrière l’appareil se cache un homme au regard intemporel et passionné, qui saisit chaque instant comme une pépite ? Quoi qu’il en soit, ses clichés, toujours justes, lui ont permis via “Instagram” de se faire connaître et reconnaître. Aujourd’hui il vit de son travail et continu de sillonner la route en quête d’un temps qui ne meurt jamais.

www.larryniehues.com / INSTAGRAM > @larryniehues

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Il y a des personnages, des rues, des gestes qui ne se révèleraient nul part ailleurs que sur la route, face au voyageur inconnu qui porte son appareil comme un compagnon. Le temps passe, mais l’émotion reste quand le passé ressurgit…
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En voyage, on croise des hommes et des femmes aux multiples visages, ancrés dans des univers qui semblent parallèles, tellement singuliers, ouvrant à l’objectif les portes de mondes inattendus…
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Il n’y a jamais de bonne ou de mauvaise image quand on photographie des instants de vie furtifs, les flous, les cadrages semblant approximatifs participent autant aux émotions de la photo que la scène elle-même…

Edmond Volponi

D’ origine Marseillaise Edmond Volponi fit ses débuts dans la Banque. Très vite il change de carrière pour s’orienter dans la presse quotidienne régionale. Tout d’ abord à la Provence puis au Dauphiné, naturellement il se prit de passion pour la photographie.

À cette époque les agences de presse n’avaient pas de photographe attitré. C’est comme cela
qu’il débuta dans le métier qui devint très vite une passion.

En 1950 Edmond Volponi rencontra la troupe de Jean Vilar et sympathisa avec les comédiens…
Il immortalise alors les scènes du festival, les comédiens : Jean Vilar, Gérard Philipe, Jeanne Moreau… comme tout passionné de photographie.

Malgré un talent avéré il poursuivit sa carrière dans le journalisme et rentra dans l’équipe de direction du Provençal puis devint directeur du Comtadin, tout en continuant à faire de la photo par passion.

Il répondit à un appel d’offre de la Poste à l’époque pour un timbre décrivant une scène de vie et fut retenu pour cette superbe photo d’ ”enfant à la fontaine”.

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Cette photo fut prise dans le quartier de la Balance à Avignon, on y voit un jeune garçon qui se précipite sur une fontaine publique pour se rafraîchir.

Il écrivit également des ouvrages comme «Alors, camarade Vilar» ou la chronique échevelée de l’été 68 avignonnais, et «Alors petit, tu t’es bien régalé». Ce dernier est un récit autobiographique, chronique d’un été de feu et de sang, adolescent marseillais, perdu dans les temps de l’Occupation, il considère les gens
avec dérision et parfois avec optimisme, jusqu’à ce que les événements s’aggravent avec : le bombardements du 27 mai, la démolition des vieux-quartiers et enfin la Libération de Marseille, cette histoire est vécue à travers les yeux d’un adolescent et secouriste brancardier de la Croix Rouge. Un épisode de sa vie qui a profondément marqué sa jeunesse.

Vous pouvez rencontrer Edmond Volponi dans sa très sympathique galerie dans le centre historique de Villeneuve les Avignon. Il vous recevra avec plaisir et sera heureux de vous faire partager ses souvenirs d’époque, sa passion pour la photo, son goût pour l’art.

Aujourd’hui étant à la retraite. Il prend le temps pour sa passion, et se détache rarement de son appareil photo. Il continue au hasard de ses balades à immortaliser des moments de vie, d’émotion, avec une sensibilité étonnante.

Galerie d’Edmond Volponiedmond-volponi4
L’ évasion Imagière
11 rue des Récollets
30 400 Villeneuve les Avignon
04 13 66 83 52

 

Raphaël Mognetti & Phanuelle

Sculpture de Raphael Mognetti

Raphaël Mognetti sculpte le fer depuis 25 ans. À Avignon, dont il est natif, son premier atelier a été dans l’ancienne imprimerie Aubanel, maintenant il est installé au Pontet. Un sédentaire qui a séjourné à l’étranger. De 1996 à 2000, en Allemagne. À Braunschweig où en partenariat avec l’Université et les Beaux-Arts, il crée et expose des sculptures monumentales, ensuite à Hambourg où il travaille en partenariat avec le Centre des métiers du métal. De 2004 à 2006, en Croatie. En Lituanie, à Kaunas, principalement, où il exposa à plusieurs reprises. Raphaël Mognetti est un solitaire d’une fraternité exigeante qui a le goût des rencontres et de la collaboration avec des artistes, plasticiens ou non. Quand on pousse la porte de son atelier, on pénètre dans un univers où cohabitent des établis, des plaques et des barres de fer, des machines et des outils, des sculptures depuis les premières jusqu’aux plus récentes, des maquettes de celles qu’il a vendues, des esquisses. Des œuvres monumentales de plusieurs mètres de haut ou de dizaines de centimètres en fer découpé et peint en noir ou dans le brut de la matière. De toutes émane une vie, animées qu’elles sont d’un mouvement extérieur ou intérieur. Elles se dressent en un équilibre qui défie le déséquilibre, transfigurent le figuratif et recèlent des énigmes. Chacune possède sa propre histoire, répond à la sollicitation d’un fait du présent ou du passé, à une provocation, à une commande émise par un particulier ou une collectivité pour un rond-point ou la façade d’une mairie, ou encore à une urgence née d’un poème.

Des repères parmi de nombreux autres possibles :

En 1993, l’exposition d’un colosse de Botero pendant le Festival d’Avignon fut pour lui une provocation salutaire. Il répliqua par une sculpture de fer découpé de trois mètres de hauteur qu’il installa à côté, sans autorisation. Son geste ne passa pas inaperçu. Il prit conscience de l’importance de créer pour un lieu, pour un fait, pour un personnage précis, pour garder la mémoire.

En 2011 en Lituanie, il présenta au musée national des Beaux-Arts M.K. Ciurlionis de Kaunas et au centre culturel français de Vilnius, une double exposition intitulée « La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil », un vers des Feuillets d’Hypnos de René Char. Il y rendait hommage à Sugihara Chiune qui fut consul du Japon à Kaunas de 1939 à 1940 et dont le courage sauva six mille Juifs, et célébrait l’intégrité et la liberté. Alors qu’il travaillait aux œuvres, les manifestations du « printemps arabe » éclatèrent, et la sculpture d’une main prête à lancer une chaussure fut rajoutée.

Cette même année, l’acheteur d’une œuvre monumentale de l’exposition qu’il présenta à la ferme des Arts de Vaison-la-Romaine, lui passa commande d’un portail pour un hôtel de luxe à Marseille. Portail il y eut, une sculpture, une pièce unique.

En octobre 2014, il présenta une œuvre « Archives pétrifiées » créée spécialement pour la cour des Archives municipales dans le cadre de la XXème édition du Parcours de l’Art à Avignon. Des lignes forces structurent un chaos dont surgissent des lettres de tailles différentes pour un minerai d’archives à décrypter.

Ne jamais reproduire, maîtriser le travail du fer, dont Prométhée qui donna le feu aux mortels était le protecteur, afin de créer en écoute du monde et des manifestations de la vie, constituent l’une des clés des œuvres de Raphaël Mognetti.

L’atelier de Raphaël Mognetti traversé, on débouche sur un large couloir, que prolonge un second plus étroit, sur la droite, un second atelier, celui de sa sœur Phanuelle, un univers complètement différent. Le regard porte sur des plâtres anciens d’études anatomiques, de dessins ou de techniques de la peinture murale, et de la fresque. Passionnée par le savoir-faire des anciens comme des modernes, elle possède le travail de peinture et de dessin en trois dimensions. Elle restaure des oeuvres patrimoniales, réalise la décoration d’intérieur ou de décor de théâtre et d’opéra, en plus de la construction. À plusieurs reprises, elle a collaboré avec les scénographes de spectacles présentés au Festival d’Avignon. C’est elle qui a coréalisé les fameux tombeaux du Paperlapape de Christoph Marthaler. Créatrice, elle l’est également, de ses propres œuvres ou des masques pour le théâtre.

Phanuelle et Raphaël aiment à conjuguer leurs savoirs. Phanuelle peut faire des moules et tirer des cires afin de réaliser des sculptures en bronze créées par son frère. Raphaël travailler le fer pour la structure des études ou des créations en plâtre de sa soeur. Complices, ils concoctent une vitrine éphémère pour Noël, au 27 rue d’Annanelle à Avignon.

www.raphaelmognetti.com
www.phanuellemognetti.com

Micheline B. Servin

Théo Haggai – All Rights Reserved (ou Presque)

Théo Haggai

Brûleurs de parquets dansants, amateurs des glaçons du Privé ou jeunes branchouilles locales, vous vous êtes déjà certainement fait tirer le portrait par ce petit jeune de vingt ans. Pourtant derrière cette activité (très) superficielle se cache un talent que Théo Haggai réserve pour son blog. All rights reserved ou presque.

Nous sommes dans les années 2000. De l’arrière-salle du Baron à Paris jusqu’au bas fond de la discothèque du Camping de l’Espiguette se démène une bande de jeunes photographes amateurs. Leur but : créer une communauté pour le site “tilliate”. Dix ans plus tard, le site a pris une tournure différente, mais les habitudes sont restées. Entre temps Thecobrasnake est passé par là et a rendu l’activité plus hype que beauf. Ainsi Théo Haggai, Aixois, surfe sur cette mouvance, pas très artistique, mais empreinte d’une sociabilité qui lui va bien (il a récemment couvert le Sixpack Playtime Festival pour le Privé, à Avignon). De ces quelques clichés ressort l’essence de son travail : la recherche de l’instant. Dans un monde qui avance, se construit et se détruit en peu de temps, il erre, armé de son Nikon D90 pour photographier “le moment”.

Du haut de ses 20 printemps il aborde le monde urbain avec fragilité (certains de ses clichés font état d’une misère moderne), douceur (les photographies de sa petite soeur sont d’un romantisme certain), ou encore avec esthétisme (ses photoshoots mode pourraient très aisément séduire des marques de prêt-à-porter). Les rappels à certains héros modernes sont nombreux comme, entre autre, Terry Richardson et ses fameuses mises en scène où il s’inclut. Un style que Théo Haggai cautionne et utilise sans renier l’influence de l’Américain, auteur des dernières campagnes de Lee ! Un chemin qu’il devrait bientôt suivre.

Contact // Info : theohaggai.com

Jérôme Taub / Photographe

Jérôme Taub - London Spirit 2010

Jérôme Taub est un photographe d’Avignon qui, en plus de son travail pour plusieurs clients internationaux, trouve le temps pour ses projets personnels. Objectif en main, il erre dans les villes du monde à la recherche de ce moment spontané que personne ne peut prévoir. Toujours prises sur le vif et à une distance réelle, ses photographies capturent le monde véritable et la théâtralité naturelle de la vie. Sans jamais mettre en scène ses sujets, il parvient à saisir l’atmosphère poétique de gens ordinaires, d’endroits populaires.
Nous recommandons de visionner ‘‘Des bétises sur des modules’’, un magnifique court métrage qu’il a réalisé il y a deux ans au skate parc de l’Ile de la Barthelasse. Entretien avec un observateur d’excellence.

Peux-tu nous résumer ton parcours ?
J’ai l’impression d’avoir toujours aimé la photo. D’abord, je suis autodidacte, je n’ai jamais pris un cours de photo. Je crois que je suis d’abord tombé amoureux de l’appareil, l’objet en lui même vers 10-12 ans. Mon oncle m’avait confié son appareil je m’en souviens comme si c’était hier : le choc ! Du coup j’ai toujours fait de la photo, mais ce n’est qu’après mes études que j’ai décidé d’en faire ma profession. Je suis allé à Paris où
j’ai travaillé pendant plusieurs années sur les tournages comme assistant réalisateur et caméraman avant d’en faire finalement mon métier. Quoi que je fasse, ça me poursuit.

Quel que soit le pays dans lequel tu te trouves, tu sembles t’intéresser aux mêmes sujets : la société, le monde, les gens. La vie ordinaire t’intéresse ?
Oui, c’est la base de mon travail artistique en fait. La vie ordinaire, le quotidien, les vrais gens, la vraie vie quoi ! J’ai beaucoup travaillé en presse où l’on passe notre temps à parler des catastrophes, des guerres, des célébrités… toujours les extrêmes ! La guerre ou le glamour ! Alors que ce sont les gens dont on ne parle jamais, ceux que l’on croise tous les jours dans la rue, qui sont les vrais acteurs de la vie. En plus, c’est à mon avis, dans cet espace que l’on a une vraie représentation de notre société, de notre époque.

Tu fais parfois découvrir les coulisses d’une normalité effrayante, notamment avec les photographies d’une intervention chirurgicale. Qu’est-ce qui t’a amené à faire ces clichés ?
C’est toujours dans la même démarche. J’essaie de décrypter notre époque et notre société. Le travail sur le corps, l’apparence est très représentative de notre époque et la chirurgie esthétique est devenue une chose banale. Or, il ne faut pas oublier que c’est un acte violent et que lorsque ce n’est pas indispensable, il faut bien y réfléchir à deux fois. C’est bien représentatif de notre société où le fait de ne pas correspondre aux critères, à l’apparence idéale de l’époque, amène tout de suite au mal-être et la chirurgie est le moyen le plus facile pour y répondre. Pourtant, j’ai travaillé avec une équipe formidable qui est passionnée et qui protège le patient des dérives avant tout.

À travers ton art, qu’est-ce qui t’intéresse aujourd’hui ?
Aujourd’hui, je continue à travailler sur les gens dont on ne parle pas ou peu ou mal même. Je me dirige de plus en plus vers le documentaire, je cible plus mes sujets. Je commence aussi à réaliser des petits films, avec une approche plus artistique et photographique que narrative. Je suis d’ailleurs en train de faire le montage d’un documentaire sur la salle de boxe du quartier Monclar, où j’ai tourné six mois l’hiver dernier.

As-tu des projets professionnels captivants prévus pour les mois à venir ?
J’ai toujours plein d’envies et quelques sujets que j’espère pouvoir faire aboutir. J’aimerais réaliser prochainement deux sujets très différents : l’un est en Inde et se passerait autour des enseignements du Dalaï-Lama, l’autre sera en Italie dans un petit village où se déroulent les échanges d’or les plus importants du monde, pendant la semaine du marché de l’or. Les deux sujets sont aux antipodes, mais c’est aussi ça qui m’intéresse. Sinon, pour l’instant je fais beaucoup de travaux plus “commerciaux” aussi bien en film qu’en photo en faisant pas mal de pub et d’événementiels avec des marques de prestige.

Tu collabores à de nombreux événements, notamment avec le Festival d’Avignon. Peux-tu nous en dire plus à ce sujet ?
Cela fait dix ans maintenant que je couvre le Festival IN. Par l’intermédiaire de plusieurs agences, je travaille pour tout type d’événements pour la presse. C’est ainsi que j’ai couvert un grand nombre de festivals, pièces de théâtre, vernissages, expositions, collaborations avec de grandes galeries ( Marianne Goodman, David Zvirner…) : j’ai toujours eu une grosse spécialité dans l’art et la culture. J’ai aussi été pendant huit ans le photographe de la FIAC à Paris où là, j’étais au cœur de la création contemporaine… La FIAC sort d’ailleurs prochainement un livre avec un certain nombre de mes photos réalisées à cette époque.

Le printemps dernier tu as photographié “Immersion”, l’œuvre controversée et vandalisée de l’artiste Andrès Serrano. Quel est ton avis sur cette histoire ?
Mon avis c’est qu’il ne faut , selon moi, jamais interdire l’expression artistique. C’est le premier pas vers le totalitarisme. De plus, la violence n’a jamais rien résolu. Et enfin, je comprends que cela puisse choquer certaines personnes, mais une œuvre n’est jamais simple ni gratuite et il faut toujours la replacer dans son contexte. J’ai eu la chance de rencontrer Andrès Serrano à la Collection Lambert. C’est un grand Artiste et son œuvre réalisée dans les années 80, au moment de la découverte du SIDA, est l’expression d’une réaction forte et intime à un événement qui a choqué la planète entière.

Contact // Info : www.misfitsweb.com

SupaKitch – Listen to my Picture

SupaKitch a 33 ans. L’âge d’être un symbole. Il est un véritable avatar d’une génération pluri-disciplinaire, à la mentalité technique et artisanale, mainstream et artistique. Les antithèses s’arrêtent ici, l’histoire commence là.

“Faites vivre votre passion, elle vous réchauffera quand le monde deviendra froid.” La citation n’est pas de lui, mais aurait très bien pu. En ces temps dits “de crise”, le style de SupaKitch est unique et rare, ses illustrations ultras détaillées, et son univers reconnaissable. Un univers à lui où se mêlent ses différentes influences mangas, musicales et graphiques. Ce Montpelliérain de cœur (il est marié à l’artiste Koralie, élevée sur la place de la Comédie) est maintenant exilé à Brooklyn d’où il gère ses différentes expositions (Paris, Miami et notamment à la Galerie Elegance à Taipei, Taïwan, où ont été exposés les travaux de Picasso, George Mathieu, Keith Haring). Comme beaucoup, son parcours ne le prédestinait pas à un tel succès. “Graffeur sachant graffer” avec idées et concepts à la clef, il était pessimiste quant à l’idée de gagner sa vie avec une bombe Montana, des pinceaux, de la colle et de l’huile de coude. Nous sommes pourtant en 2005 et le fruit de son travail tend à se faire connaître et respecter dans le néo milieu du street art. Sixpack d’abord lui offrira le média le plus diffusé au monde: un tee-shirt. Puis Carhartt qui organise le ‘‘Tour D’Amour’’ en 2006. Brendan Monroe, Wayne Horse, Koralie et SupaKitch vont réaliser des fresques murales dans les boutiques de la marque à Dusseldorf, Copenhague, Paris, San Sebastian et Lisbonne. Proche du milieu de la mode, il sera à l’origine, avec Koralie, d’une collection de vêtements : Metroplastique, avec laquelle ils ont remporté le prix du jeune entrepreneur de mode en 2005.

Artiste complet et influent débordant d’idées, SupaKitch a su créer un univers aux influences asiatiques, pop-romantiques et musicales. Peu importe le média,le support; le résultat est là, profond, et depuis 15 ans son univers évolue avec lui, faisant de SupaKitch un véritable ‘‘DJ de l’image’’ (d’où son dernier projet ‘‘listen to my picture’’). Alors si la phrase “faites vivre votre passion, elle vous réchauffera quand le monde deviendra froid” n’est certainement pas de lui, c’est évidement ce que ses œuvres ont à nous dire !

www.supakitch.com
www.metroplastique.com

Jérôme Cosh Graphiste Illustrateur

Jérôme Cosh

Vous ne le connaissez peut-être pas, mais il y a fort à parier que vous avez déjà croisé les créations visuelles de Jérôme Cosh à maintes reprises. Rencontre avec un graphiste et un illustrateur de talent.

Pourrais-tu te présenter et raconter ton parcours à nos lecteurs ?

J’ai 35 ans, je suis graphiste depuis plus de 10 ans, en free-lance depuis 3 ans. Je suis revenu sur Avignon en 2000 après mes études sur Paris et Montpellier. En 2004 j’ai co-créée le studio de design “Les Deux Oiseaux”. En 2007 après cette belle aventure je me suis installé en free-lance ce qui m’a permis de développer mon réseau professionnel. Depuis quelques mois je m’investis dans la création d’une nouvelle entité : “SecondBuro”. C’est une formidable opportunité, j’ai eu la chance de rencontrer mon «associé» qui m’offre les moyens dont j’ai toujours rêvé pour travailler.

Travailles-tu pour une boîte de communication en particulier ou es-tu en freelance ?

Les deux ! Mon réseau est large : agences de communication, entreprises,
associations, etc.…
Aujourd’hui je consacre beaucoup de temps à “SecondBuro”, c’est ma priorité. Je suis entouré de personnes compétentes, il existe une vraie synergie et une belle énergie dans cette équipe !

La mode, l’art, le design, la musique, la restauration, la viticulture, l’édition… À travers ton métier, tu sembles intervenir auprès de tous les domaines professionnels et artistiques. Est-ce qu’on peut dire que tu es un graphiste curieux ?

Je pars du principe qu’un créatif doit pouvoir s’exprimer dans tous les domaines. Les secteurs d’activité avec lesquels je travaille sont très différents les uns des autres, ce qui m’évite la routine et l’ennui. J’enrichis mes connaissances, je découvre des univers ; il n’y a pas de limites à ce métier alors j’en profite.

Quel que soit le domaine, une bonne communication visuelle est essentielle aujourd’hui selon toi ?

Oui, bien sûr ! Après, tout est relatif, tout le monde n’a pas la même définition de « la bonne communication ». Le rôle du communicant est de servir les intérêts de son client, de lui apporter la meilleure réponse. Elle doit être pertinente et cohérente. Il faut une alliance du design et de la recommandation stratégique. Quand le client accepte cette règle, le résultat est souvent satisfaisant pour les deux parties. Lorsqu’il joue le rôle du communicant en revanche, le résultat est souvent médiocre et décevant. Je pense donc qu’une bonne communication est réalisable si nous sommes dans l’échange, le respect des compétences et l’écoute.

Tu travailles beaucoup avec des entreprises locales. Est-ce qu’il est difficile, en tant que graphiste, de travailler avec des sociétés d’ailleurs, françaises ou étrangères ?

Non je ne pense pas, c’est une question d’opportunités. En ce qui me concerne, je ne suis pas un commercial donc je fonctionne beaucoup par le bouche à oreille, mon réseau puis internet, donc c’est assez aléatoire. En ce moment par exemple je travaille sur un projet à Marrakech avec une agence de Nice. Depuis dix ans j’ai eu des clients un peu partout en France et à l’étranger…

Où puises-tu ton inspiration ?

Comme beaucoup de graphistes ou autres créatifs, je pense que nous sommes des ‘‘éponges’’ et que notre inspiration est nourrie par une multitude de choses. Le brief de départ est primordial ensuite j’utilise des petites astuces qui vont me donner les idées. C’est un peu différent quand il s’agit de projets plus personnels où j’exprime mes idées d’une manière plus intime, plus ‘‘libre’’. Il arrive d’allier les deux, mais c’est assez ponctuel. Donc je n’ai pas de processus prédéfini, j’essaie simplement de raconter une histoire…

Tu t’impliques beaucoup, aussi bien bénévolement que graphiquement, dans les événements culturels d’Avignon (festival Résonance, MAC’A…) . Que penses-tu de la scène artistique et musicale de la ville ?

Cette ville a un potentiel, à mon avis il n’est pas assez ou mal exploité. Il y a d’un côté les idées, les talents et de l’autre le manque d’infrastructures et de moyens. Beaucoup de projets restent stériles ou tombent à l’eau. Je m’aperçois que pas mal de talents s’exportent, car ils n’ont pas la possibilité de s’exprimer ici et c’est dommage ! Pas mal d’artistes sont découragés.
Pour prendre l’exemple du festival Résonance, j’ai pris connaissance de ce projet fin 2004. Il a fallu 5 ans pour qu’il voit le jour. Ce projet a pour but de donner un élan à cette ville, de promouvoir son patrimoine, son image, de faire découvrir des artistes… et pourtant le montage et la réalisation restent très difficile. Le festival de théâtre a de bonnes raisons d’exister, mais j’ai l’impression, parfois, qu’il laisse peu de place à
d’autres événements alors qu’il reste onze autres mois dans l’année.
Il manque un vrai pôle culturel dans cette ville, un endroit unique, libre et gratuit qui permettrait aux artistes quels qu’ils soient de s’exprimer, de se regrouper, de faire des spectacles, des expositions, des concerts, des conférences etc., avec un accès libre aux visiteurs (j’insiste !).

Envisages-tu d’exposer tes illustrations à Avignon ?

C’est le mot, je l’envisage… J’aimerai exposer dans un lieu approprié, qui reflète mon travail. Depuis quelque temps, je travaille sur un projet plus personnel et pourquoi pas le partager. Malheureusement, j’avance lentement, je manque cruellement de temps. Si j’expose un jour, je souhaite le faire dans de bonnes conditions. Je ne lâche pas ce projet, il est juste en sommeil. J’ai un dossier dans mon ordi. Je l’alimente petit à petit…

Francis Seguin-Massicard le Peintre de l’Émotion

Atelier de Francis Seguin-Massicard

Ce qui frappe à première vue quand on va à la rencontre du peintre Francis Seguin-Massicard, c’est son atelier baigné de lumière donnant sur un jardin verdoyant, en plein coeur d’Avignon. Coupé du monde, c’est un endroit propice à la création et aux confidences…

À l’inverse du cliché de l’artiste forcément bohème, chez lui tout est blanc, propre et bien ordonné malgré les cinq à six cents toiles et quelque deux mille dessins qu’il abrite. La structure, le manque de fioritures et les tableaux minutieusement rangés cachent en réalité tout un monde d’émotion. Francis Seguin-Massicard nous rappelle qu’il faut se méfier des apparences et ne pas se fier aux premières impressions… En se promenant à travers l’atelier, on est rapidement confronté à une foule de visages et leurs regards imprégnés de toutes les choses qui font la vie : l’angoisse, la tristesse, la sérénité, le bonheur. Bien qu’il peigne des portraits imaginaires, l’artiste rappelle que la vie nous permet de faire des rencontres extraordinaires qu’on ne sait pas
réaliser vraiment. Ces oeuvres nous confrontent à l’importance d’abandonner les artifices afin de découvrir l’essentiel.

L’artiste a pour fil conducteur le corps humain et le visage. Son imaginaire s’en tient à ces deux expressions, les seuls sujets qui motivent sa création. “C’est le regard qui donne l’expression, à travers celui-ci tout existe.” En effet, l’oeil, la porte d’accès à l’intérieur de l’être, est toujours le point de départ de son travail. Obscurs et très profonds, les yeux sont fidèles aux couleurs de prédilection de ce peintre de l’émotion. Plus Seguin-Massicard avance dans la vie, plus il ressent le besoin de se dépouiller de tout et d’avoir un minimum de matériaux pour s’exprimer. En réduisant au noir et blanc, il se libère de toute une palette de couleurs et de tout un matériel lourd qui ne sont en réalité pour lui, que de la décoration. Riches de sens, tant sur le fond que la forme, le noir et le blanc servent à exprimer avec subtilité, délicatesse, et parfois violence, l’opposition dans ses tableaux. Pour ce faire, l’artiste explore les possibilités infinies de teintes : un blanc cassé de pierre, une touche de bleu dans un blanc immaculé, un peu de nacré dans les noirs et tous les dégradés de gris… La profondeur, la fragilité et la sensibilité de ses visages virils se retrouvent dans les nuances. Bien que le graphisme soit très précis au départ, il gagne de la liberté par la gestuelle des traits et du mouvement par la rapidité d’exécution.

Francis Seguin-Massicard travaille actuellement sur une série intitulée “Dans l’Infini Du Blanc”. Un titre qui laisse aussi songeur que ces antiportraits qui fascinent et nous invitent à découvrir l’Homme.

Noon Studio

Noon Studio

Une nouvelle dynamique résultant d’une relation entre objets et personnes…

Noon studio est une agence de design basée entre Londres et Avignon, elle a été créée par deux designers, Gautier Pelegrin et Vincent Taïani.
Entre 1999 et 2001, après avoir étudié ensemble la conception de produits industriels dans le sud de la France, ils ont suivi leurs propres parcours pendant environ 5 ans avant de décider de partager leurs expériences pour créer des objets. Tous deux faisant partie de cette génération de designers capables de travailler dans des domaines variés (architecture, produits, graphisme, photographie, vidéo, web…), ils ont développé, grâce à leurs différentes expériences, une approche sur la conception de mobilier mettant en jeu l’appropriation de l’objet au sens large, dans sa matérialité comme dans la construction de soi au travers de celui-ci. Des matériaux et une construction simples, une pensée tournée vers l’avenir et la conscience de l’objet comme créateur d’espace et d’identité sont les lignes de conduite de leur approche.

ACTUS.
Noon Studio, en collaboration avec Arkheïa, a récemment imaginé une collection de mobiliers et de petits objets design en béton ciré. Les créations ont été dévoilées en avant-première au Salon Maison & Objets de Paris en septembre dernier. Une visite du site internet permet de découvrir l’ensemble de leur travail.

www.noon-studio.com

Benjamin Rinaldi – Vie de Détails, Détails d’une Vie

Benjamin Rinaldi

J’avais envie de commencer par “Notre jour viendra”. Simplement, sobrement. Combien sont-ils – photographes amateurs, écrivains, blogueurs, cinéastes – à se répéter cette expression sans cesse ? Mélange d’espoir et d’ambitions, de réel et d’impalpable, le “notre jour viendra” est le reflet du travail du photographe Benjamin Rinaldi, mon frère. Un esprit brillant, passionnément engagé, capable de photographier la plus grande détresse humaine et la rendre belle. Un travail profond et intense qui fait qu’il est prêt à tout. A tout, pas vraiment. Pour rien au monde il ne quitterait sa région. Et ça de nos jours, ça te marque un homme. Rencontre et échange avec un photographe de détails, de vies et d’idées. Rencontre avec mon frère. Car oui, “notre jour viendra” et c’est bien plus qu’une histoire de famille.

Peux-tu te décrire pour ceux qui ne te connaissent pas encore ?
Je reprendrai les lignes de ta présentation: “nom italien”, 256 passions…et croisement d’un type célèbre cosmopolite et d’un raté miteux solitaire. Mais sinon sur ma nouvelle carte d’identité il est écrit Benjamin Rinaldi. Je suis régisseur de spectacles, dans un centre culturel. Et puis… il y a la photo.

Quelles sont tes influences ?
Je suis friand de rencontres, photos, musiques, graphisme. Ces échanges m’apportent des idées, et m’aident à rester créatif. En photo, je reste un admirateur du mouvement humaniste, style typiquement français des années 30 à 60, indissociable de la vie d’après-guerre. Grand fan également de David Lachapelle et Diane Airbus pour leurs mises en scène, montrant entre autres les dérives de la société. Les reporters ont également place forte : Don McCullin, Steve McCurry, Sarah Moon, Ray Man, Mapplethorpe et un tas d’autres photographes moins connus.

Plutôt argentique ou numérique ?
J’ai une approche argentique : j’observe, m’imprègne de l’ambiance, mon cadrage est calculé au millimètre. Et puis j’aime l’odeur de la chimie dans les bacs, la magie du révélateur et le travail à l’ancienne. Quand tu sors du labo, tu as tes photos dans les mains. D’un autre coté aujourd’hui le numérique est une évidence : un magazine qui me commande un reportage est sûr de l’avoir dans la journée, et puis mes nouvelles séries demandent beaucoup de retouches constructives. Je travaille également pour des séries personnelles au Polaroid. Les couleurs, le contraste, la nostalgie. Chaque fois que je me déplace, j’emporte un boîtier argentique, un numérique, un Polaroid, parfois un Lomo.

Beaucoup de tes admirateurs restent dubitatifs devant les photos de sans domiciles fixes. Raconte-nous cette démarche folle et intense.
La série “SDF” a été un énorme électrochoc pour moi. Au début, je jouais à photographier dans Avignon, sans but. Puis j’ai rencontré un Irlandais, “paumé”, en plein milieu de la rue de la République et là, le déclic. Je ne voulais pas de photo “volée” du coup je me suis approché et je lui ai parlé, il avait un petit chien sur l’épaule; comme un pirate et son perroquet. Il m’a présenté aux autres, des gars très ouverts et ultras cultivés pour certains. J’ai passé deux ans, une fois par semaine, à aller les voir le matin avant de me rendre au travail. J’ai fait seulement huit photos. En fait j’ai beaucoup dialogué et échangé avec eux, j’ai pris des clichés seulement quand l’émotion, la complicité et l’échange étaient là. Cette série a fait son temps au travers de pas mal d’expositions, et quelques galeristes commencent à m’acheter des tirages.

Quels sont les autres thèmes sur lesquels tu travailles aujourd’hui ?
Je travaille pour le groupe de musique pop rock Flipsong (ww.flipsong.net), je fais les photos pour leur communication et pour les pochettes d’albums. Je finis mon travail pour le festival Crion’s ensemble, et avec l’aide d’Irosaki, le graphiste de notre collectif “Carambolages”, nous aménageons un espace, une sorte de “Factory” régionale, afin de continuer à proposer des échanges entres personnes travaillant dans l’image.
Je viens de finir la campagne pub de Pentax France pour deux nouveaux appareils photo. Ma dernière série s’appelle “Apesanteur”. Je prends des gens en photos chez eux, la seule mise en scène étant leur pièce principale au quotidien, avec soit eux, soit un objet en apesanteur. Pas de mise en scène avec la personne, l’ensemble doit être harmonieux.

Contact // infos : www.benjaminrinaldi.com

Véronique Prenant Plasticienne

Véronique Prenant

Née à Paris, Véronique Prenant est plasticienne et Art Thérapeute. Elle vit et travaille à Avignon depuis l’an 2000. Élevée dans une famille férue d’art contemporain, elle n’a pourtant pas toujours été sculpteur, loin de là. Élève modèle, puis journaliste et attachée de presse, elle suit plusieurs cours de peinture et de dessins, notamment au Musée d’Art Moderne à Paris, sans vraiment se réaliser sur le plan artistique.

Le Grand Frisson

C’est en 1995, en suivant un cours de sculpture dans un atelier parisien, que sa vie bascule. En effet, le contact de ses mains avec la terre provoque en elle une grande exaltation qui met tous ses sens en éveil. Elle a enfin trouvé la sensation qu’elle cherchait depuis longtemps : “Pour la première fois de ma vie je vibrais, j’étais envahie d’une excitation jubilatoire”. Cet instant précis changera le cours de sa vie, tant sur le plan professionnel, personnel qu’artistique. Elle entreprend une formation d’Art-thérapeute, et ne lâchera plus la terre… Le travail de Véronique Prenant est basé sur la mémoire, sur l’émotion. Longtemps inspirée par la période archaïque, elle se retrouve dans la femme africaine, la Japonaise et les ethnies qui ont un respect et un lien direct avec la nature. Ses créations sont liées par une thématique et une caractéristique identiques: l’Homme et l’essence de la vie. Sa maîtrise de la complexité des formes tridimensionnelles témoigne de son talent inné. Elle sculpte à la main et travaille l’argile, le bronze, le plâtre polyester. C’est une artiste sensible qui marie la fine pointe de la technologie, comme le plexiglas, avec des matières naturelles… Ce rapport à la Terre, omniprésent dans son oeuvre, lui est essentiel.

Art-Thérapeute

Artiste dévouée aux autres, Véronique Prenant, bien que maman de trois enfants et sculpteur accompli, trouve le temps pour pratiquer son autre métier, l’Art-thérapie, dans son cabinet privé, et anime des cours de modelage. Elle finit également une formation en psychanalyse Jungienne.

 

Frédéric Noël Dessinateur

Dessin de Frédéric Noël

Alors que certains écrivent, que d’autres discutent, c’est par l’illustration que Frédéric Noël s’évade. Sans jamais avoir suivi des cours et de façon toujours spontanée, le dessinateur avignonnais nous transporte dans un monde patibulaire, fait de curiosités et de scènes étranges.

Son esprit semble s’être arrêté au début des années 80, période à laquelle il était gamin. Nullement inspirés par l’époque actuelle, ses dessins font sans cesse référence aux objets du passé. Il ne s’intéresse pas à l’adulte et préfère mettre en scène des enfants et des adolescents dans des endroits sortis tout droit de son imaginaire. En regardant son univers merveilleux de plus près, l’illusion d’innocence et de joie, normalement associée à la jeunesse, laisse place à une vision dérangeante. En effet, un esprit menaçant et inquiétant vient toujours miner la beauté de ses créations.

Par sa proximité presque corporelle, le dessin est un refuge pour Frédéric Noël. Il transforme différents types de papier ou des assiettes de carton recyclé, dont il aime le côté “faïence contemporaine”, en filtres pour abriter les angoisses provenant de son enfance, gravement marquée par des nuits cauchemardesques. Néanmoins lié à un véritable plaisir du geste de dessiner, il essaie de transposer en images les visions qui lui fichent la trouille. Il aborde l’isolement et la pétrification dans ses dessins, comme une forme d’angoisse latente qui émerge de la nostalgie. Surréalistes et inspirées par une culture graphique assez sombre, ses illustrations gardent pourtant une légèreté grâce à une touche d’humour bien présent. Un petit sourire en coin, des animaux en positions embarrassantes ou des situations délirantes viennent apaiser le côté obscur, tandis que les rondeurs des illustrations ajoutent un petit côté “mignon”.

De griffonner pour lui même, souvent pour passer le temps, le dessinateur a eu envie de montrer son travail il y a seulement deux ans. Est née “Bonnie sur la croix”: une série de dessins dont le principal acteur est une jeune adolescente tourmentée. Après avoir exposé ses premiers dessins à Montréal, c’est à la Galerie Tampopo qu’il a fait sa première et véritable exposition l’été dernier. Bien qu’il aime le challenge créatif qu’exige un tel événement, le dessin reste pour Frédéric Noël un exutoire instinctif et une démarche intime qui lui est vitale. Les oeuvres de ce dessinateur de talent sont visibles et régulièrement mises à jour sur son blog : http://frednoel.blogspot.com.

Lionel Vivier de Sixpack France / Fashion Design

Lionel Vivier de Sixpack

À cause de ses collaborations artistiques et musicales de rêve, la réalisation d’un court-métrage et une longue collaboration avec le label Institubes, on a tendance à oublier que Sixpack France, la marque de fringues qui ne cesse de surprendre, est née dans les petites rues d’Avignon. Son fondateur, Lionel Vivier, a gentiment accepté de répondre à nos questions.

Sixpack France semble être une structure au travers laquelle vous touchez à tout ce que vous aimez : graffiti, musique électronique, voyage, vidéo, photo, mode… Si on vous demandait de décrire la marque, vous répondriez :

Je définis Sixpack comme une marque aux contours atypiques, qui puise ses influences dans mon parcours culturel personnel… J’ai toujours été attiré par
les contres cultures, mais aussi les cultures populaires “de masse”. Mon vœu avec Sixpack est de surprendre et d’insuffler une dimension émotionnelle.

Est-ce difficile de maintenir l’esprit du départ, issu de la culture de la rue et des courants underground, avec le succès que vous rencontrez aujourd’hui ?

L’évolution esthétique de Sixpack a laissé pas mal de clients sur le bas-côté, égarés… C’est le prix à payer… Malgré cela notre évolution reste cohérente.

Le QG de Sixpack France est-il toujours dans les parages ou avez-vous succombé à l’appel des grandes villes ?

La douceur de vivre du sud de la France est une source d’inspiration, mais j’aime plus que tout la violence urbaine des villes comme Paris…

Sixpack France ce n’est pas que des t-shirts, il y a désormais une ligne complète de vêtements. Peut-on s’attendre à de plus en plus grandes collections de prêt-à-porter dans le futur ?

Nous développons actuellement une gamme complète, libre de tout graphisme, essentiellement tournée vers le stylisme.

Pouvez-nous nous parler de votre projet “It Was On Earth That I Knew Joy” ?

Cela se veut un hommage au cinéaste Chris Marker. C’est un documentaire optimiste sur la mort, l’amour et la mémoire des images.

Vous avez publié un livre pour votre 10e anniversaire. Pensez-vous vous intéresser davantage à l’édition ?

L’édition s’est depuis, déjà, pas mal développée : nous venons de publier un livre de Jonathan Zawada, suivra un livre des illustrateurs Belge Hell’o Monsters !

Vincent Alran

Vincent Alran

Né le 2 janvier 1964 en Avignon, Vincent Alran a été depuis son plus jeune âge attiré par le jeu des couleurs et des matières. Élève au lycée Aubanel, puis étudiant à la faculté d’arts plastiques à Aix-en-Provence, il se tourne tout naturellement vers la peinture. Ses références artistiques sont multiples, mais il aime s’inspirer des techniques de peinture de Matisse, de Dufy et de Viallat. Bien que parisien depuis une vingtaine d’années, et très attaché au quartier Montmartre, il revient se ressourcer régulièrement en Provence.

Il privilégie l’acrylique tout en utilisant différentes techniques d’expression plastique : tout peut commencer par un choix de tissu trouvé au fond d’un tiroir ou acheté au marché Saint Pierre, à Paris. Un travail de placement du motif sur la toile, une recherche de couleur chatoyante et c’est toute sa peinture qui prend vie. L’histoire commence… Chaque toile est une véritable mise en scène.

Fasciné par le cinéma de Fellini, amateur de jazz des années cinquante, Vincent Alran aime peindre la femme, comme la Dolce Vita ou les Parisiennes d’Edmond Kiraz : une femme indépendante, sensuelle, un peu délurée et quelque peu provocatrice. Ce brin d’humour et cette impression de légèreté et d’insouciance transparaissent dans toutes ses toiles. Inspiré par le thème de la feria et de sa Provence natale, haute en couleurs, c’est un passionné, un amoureux de la vie et toute sa peinture s’en ressent. C’est aussi un perfectionniste qui peut passer beaucoup de temps à privilégier un trait : le penser, le poser, telle une écriture. Chaque touche est mûrement réfléchie. Comme une signature, le texte est la ponctuation du tableau, la touche finale.

Xavier Spatafora Artiste Plasticien

Xavier Spatafora

Son nom vous dit peut-être quelque chose… Bien qu’il n’expose son travail que depuis peu, Xavier Spatafora est présent dans le monde artistique avignonnais depuis plus de 10 ans. Rencontre avec un artiste atypique.

Son parcours. Né à Nouméa le 26 juillet 1973, Xavier Spatafora s’envole pour la métropole en 1975. Après une enfance passée à bricoler, à dessiner et à modeler, il intègre l’École d’Art d’Avignon en 1993. Bien plus qu’une école, ce grand laboratoire, lieu magique, lui apprendra les possibilités quasi infinies de la création.


Artiste pluridisciplinaire. Spatafora ne s’impose pas de limites quant à l’expression de ses idées. Dès sa sortie d’école, il décide d’explorer ses pensées en tant que chanteur et auteur au sein du groupe “Loutky”. Durant six ans, il profite de ses concerts pour expérimenter ses passions artistiques. Sa production diversifiée et sa résistance à une catégorisation créative, fait de lui un artiste surprenant. D’ailleurs, il s’éloigne des outils traditionnels : exit les beaux pinceaux, il préfère utiliser des objets de tous les jours et des supports dénichés dans la nature… urbaine ! Des matériaux patinés par les années qui ont un lien direct avec le thème central de son art, celui du temps.

“Je me considère comme un sculpteur du temps. Pas physiquement, mais sur un plan philosophique, à travers l’écriture, la peinture, le dessin, la vidéo…”

Réchauffement artistique au stylo Bic. À une époque surnumérique, où l’image la plus courante fait trois centimètres par trois et se retrouve en haute définition sur un écran de téléphone portable, il est intéressant et rafraîchissant de découvrir un visuel qui s’impose par sa taille, qui est de l’ordre de l’illustration et qui est réalisé par l’outil premier de l’homme, une main. C’est sur d’immenses couches empilées d’affiches publicitaires, successions d’événements et marquage matériel du temps, que l’artiste travaille. En s’approchant de plus près, on peut y découvrir une multitude de détails qui rappellent l’infini. “C’est quelque chose de très grand dans lequel il se passe énormément de choses.” À l’aide d’un outil riche de symboles, un stylo Bic Crystal, il intègre à sa toile urbaine un dessin figuratif, hyper réaliste. Peu coûteux et idéal pour travailler le clair obscur, le stylo-bille le plus vendu dans le monde rappelle l’objet commun, le jetable. On dirait que l’artiste essaie de conjurer l’extinction d’espèces menacées en faisant apparaître les animaux en voie de disparition sous ses traits de stylos. Comme des ombres, les formes fantomatiques témoignent de la fragilité de l’écosystème et de la fatalité des animaux face à nos actions. Belle image que de voir s’abriter discrètement les victimes de la déforestation à même la cause principale de ce fléau : le papier destiné à une société de consommation. Impossible de ne pas s’émouvoir devant la vérité de ces œuvres poétiques qui prennent tout leur sens lorsqu’on les contemple vraiment.

Des dessins sur des murs d’affiches à des peintures abstraites colorées sur du métal rouillé, en passant par l’écriture, la musique ou la vidéo, l’univers éclectique de Spatafora sollicite des thèmes liés à la nature, au temps qui passe et à l’empreinte de l’Homme sur la Terre. On sent, à travers son travail, un souhait de rupture avec le rythme incessant du monde, avec l’abondance d’information et la multiplication des images. Spatafora. Il faut retenir ce nom.