Ville de Châteauneuf-du-Pape

L’histoire du village est très ancienne mais les rares documents retrouvés rendent son passé difficile à retracer. D’après des découvertes archéologiques réalisées, des traces de présence humaine remonteraient à la préhistoire… Dans les écrits les plus anciens retrouvés, la culture de la vigne n’est citée qu’ en 1157.

La ville est dominée par son château, construit à l’initiative de Jean XXII, élu pape en 1316. Les travaux débutent en 1317 et s’achèvent 16 années plus tard, en 1333. Les tuiles et la chaux utilisées sont produites dans le village. Les pierres proviennent de la colline du château et des carrières de pierres de Courthézon, village voisin. La charpente est constituée de bois italien, de la région de la Ligurie dans le Nord de l’Italie.

Le nom du village a évolué au cours de son histoire. Ce n’est qu’en 1893 que le village est nommé
« Châteauneuf-du-Pape », mais aussi à cette époque que se découvriront les prémices de la renommée de ses vins.

L’ économie du village a été favorisée par sa proximité des deux voies de commerce ; le Rhône, une voie fluviale de communication importante autrefois, et la «grande route» construite par les romains et permettant l’accès d’ Arles, au Sud et de Lyon, au Nord. Au XIVème siècle, le village connait déjà la prospérité grâce à la chaux, les tuiles, le sel et la culture de la vigne.

L’ arrivée des Papes, au début du XIVème siècle, est à l’origine de l’essor économique du village. De nombreux habitants du village sont employés mais arrivent aussi de nombreux ouvriers et artisans de l’extérieur qu’il faut nourrir et loger. Tous oeuvrent à la construction du château. Le port de Châteauneuf joue un rôle prépondérant dans l’approvisionnement des matériaux autres que la chaux, les tuiles et la pierre des carrières du village. Le commerce et l’artisanat sont florissants.

Ce sont les Papes qui ont révélé le terroir de Châteauneuf-du-Pape. Sous le règne de Jean XXII, le village devient résidence d’été de la papauté. Quant au précieux nectar élaboré en ces lieux, il accède au rang de
« Vin du Pape ». Une consécration qui lui ouvre la porte des grandes cours européennes.

Les commandes renouvelées chaque année atteignent jusqu’à plus de trois mille litres par an. Lors des festivités qui y sont données, il est servi aux ambassadeurs et autres représentants des cours étrangères qui
tombent sous le charme et, une fois revenus dans leur contrée, en font la promotion. Très vite, il est expédié par tonneaux en Italie, en Allemagne et en Grande-Bretagne. Grâce à sa réputation, il traverse quelques décennies plus tard les flots bleus de l’Atlantique et fait ses premiers pas aux Etats-Unis.

À l’époque gallo-romaine, la vigne recouvrait déjà très certainement le territoire de Châteauneuf-du-Pape. Les premières traces écrites de son existence datent toutefois de 1157. Fidèle à la tradition locale, plantant et dirigeant lui-même l’exploitation, Geoffroy, l’évêque d’Avignon, possède un vignoble situé dans son fief de Châteauneuf-du-Pape. Mais ce sont les papes, qui à partir du XIVe siècle, furent les véritables promoteurs de l’activité viticole du lieu.

Les spécificités des vins de Châteauneuf

Un vin de Châteauneuf du Pape est un assemblage de treize cépages : Grenache, Syrah, Mourvèdre, Cinsault, Muscardin, Counoise, Vaccarèse, Picpoul, Terret Noir, Clairette, Bourboulenc, Roussane, Picardon. La composition exacte est donc le secret du vigneron.

Un terroir de 3200 hectares et une situation unique : le sous-sol argileux de la vaste colline est couvert de gros galets roulés par le Rhône, ils emmagasinent la chaleur du soleil le jour et la restitue la nuit dans le sol. Balayé par le mistral, c’est l’un des secteurs les plus secs de la vallée du Rhône avec 2 800 heures d’ensoleillement par an. Sa spécificité et son climat méditerranéen lui confèrent un atout exceptionnel.

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Une tradition d’ excellence

Instituée par les vignerons précurseurs de Châteauneuf avant même que fut institué l’AOC (1935). Le rendement ne doit pas dépasser les 35hl à l’hectare, le tri du raisin est obligatoire avant la vendange qui est faite à la main. La production annuelle est de 13 millions de bouteilles, très majoritairement faite de vin rouge, et environ 3% de vin blanc.

De nos jours, l’activité économique est centrée sur les métiers de la vigne et du tourisme. Ses vins ont une renommée mondiale.

L’activité culturelle de Châteauneuf-du-Pape constitue également un formidable pôle d’attraction. Pour la première fois en 2015, le Festival d’Avignon Off s’ est installé dans la ville ; Les fêtes de la Véraison rassemblent, au mois d’ août, de plus en plus de passionnés.

La ville célèbre dignement la fête de la Saint Marc, patron des vignerons, avec une soirée de prestige qui rassemble plus de 500 personnes.

 

 

Les Fêtes & Attractions à Saint-Rémy

Pour les fêtes et les grandes attractions c’est surtout à partir du printemps que l’on doit prendre date.

La route des artistes

Il faut noter combien les artistes et artisans sont à l’honneur ; la route des artistes à partir du 17 mai est un vrai marché de l’art en plein air. Pendant 1 journée, 5 fois dans l’année, les artistes s’installent en ville sur le « cours » pour présenter leurs travaux. Devenue une véritable institution pour les artistes et les amateurs d’art, la Route des Artistes se réinvente pour adapter d’une manière pertinente son développement à la modernité, dans le dynamisme et la qualité. Une sélection rigoureuse des oeuvres et des artistes, des animations culturelles d’accompagnement, une charte de qualité dans la sélection et l’exposition des artistes.

Festival Organa

Les musiciens aussi sont à l’honneur avec le fameux festival Organa de juillet à septembre à la collégiale St-Martin. Le Buffet d’Orgues, restauré par le facteur d’orgues Pascal Quoirin en 1983, est considéré comme un chef d’oeuvre de la facture contemporaine. Il permet à Jean-Pierre Lecaudey, titulaire des Grandes Orgues et concertiste international, d’organiser tous les étés le Festival Organa qui réunit de juillet à septembre les meilleurs organistes venus du monde entier.

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La Fête de la Transhumance

Il ne faut pas manquer le lundi 25 mai pour la Pentecôte, la fête de la transhumance. L’une des plus belles fêtes traditionnelles de Provence. Chaque année, les troupeaux de moutons quittent la Provence au printemps pour les pâturages des Alpes. Ce voyage se faisait autrefois à pieds nécessitant parfois plus de dix jours de marche. Cette fête de la transhumance réunit chaque année les éleveurs de la région, plus de 4 000 brebis, agneaux et béliers ainsi que des chèvres et ânes de transhumance qui sont encadrés par les bergers en costume traditionnel. Bayle, pastre et pastrihoun défilent le matin à la tête des troupeaux autour du centre ville. Brocante et foire aux fromages ont lieu toute la journée pour la joie des provençaux.

Fête du vin et de l’artisanat d’art

Le dernier week-end de juillet ce sera la 33 ème Fête du Vin et de l’Artisanat d’Art à Saint-Rémy de Provence les vendredi 24, samedi 25 et dimanche 26 Juillet 2015. Le public est invité à Saint-Rémy de Provence, dans les rues du centre-ville, accompagné de jazz New-Orléans pour découvrir les vins et délices venus de toute la France et admirer les créations des artisans d’art, sans oublier le défilé et l’arrivée triomphale de Bacchus sur son char qui offrira le verre de l’amitié le samedi après-midi et la célèbre cérémonie d’intronisation des personnalités le dimanche matin !

Les Fêtes & Attractions à Saint-Rémy

8 septembre de F. Mistral

Frédéric Mistral est toujours bien présent aussi on ne manque pas de le commémorer et surtout de le citer ; lors du week-end du 8 septembre 1868, quand les poêtes catalans furent reçus officiellement à Saint-Rémy par les Félibres provençaux, un banquet fut offert aux Espagnols, Mistral prononça son discours fameux : Ço que voulèn (« Ce que nous voulons »), dans lequel il précise les revendications régionalistes des Félibres provençaux : « Ce que nous voulons ? Écoutez-moi. Nous voulons que nos enfants, au lieu d’être élevés dans le mépris de notre langue (ce qui fait que, plus tard, ils mépriseront la terre, la vieille terre où Dieu les a fait naître), nous voulons que nos enfants continuent de parler la langue de la terre, la langue dans laquelle ils sont les maîtres, la langue dans laquelle ils sont fiers, ils sont forts, ils sont libres. (…) Nous voulons que notre peuple, au lieu de croupir dans l’ignorance de sa propre histoire, de sa grandeur passée, de sa personnalité, apprenne enfin ses titres de noblesse, apprenne que ses pères se sont toujours considérés comme une ethnie particulière, apprennent qu’ils ont su, nos vieux Provençaux, vivre toujours en hommes libres, et toujours se défendre comme tels… ».

Pour ceux qui voudraient mieux connaître cette ville ; nous tenons à signaler la dernière parution aux éditions R.2C du livre de référence de plus de 500 pages largement illustré, retraçant l’histoire de cette petite ville.

Histoires particulières et histoire globale se mêlent dans cet ouvrage. Près de quarante auteurs aux regards complémentaires : historiens, archéologues, spécialistes de littérature, archivistes, ingénieurs, érudits passionnés par le passé de leur ville, membres de la société civile ; tous ont mis leurs savoirs en commun sous l’égide de la Société d’histoire et d’archéologie de Saint-Rémy pour éditer ce beau et savant livre.

Saint-Rémy au Fil de l’Histoire

Comment ne pas se passionner pour l’histoire de cette ville et ses origines, ne pas s’intéresser aux différentes époques qui lui ont donné son visage actuel, ville artistique et contemporaine valorisée aujourd’hui par de nombreux musées et autres lieux culturels ?

Premiers habitants

Les premiers habitants ont laissé des traces 2500 ans avant notre ère mais c’est environ 600 ans av. JC que les premières tribus gauloises, s’installèrent au fond d’un vallon de la face nord des Alpilles autour d’une source importante fréquentée depuis la préhistoire.

Au IIème siècle av. JC, des Salyens d’origine celtoligure ont bâti autour de la source guérisseuse et sacrée, Glanon (du nom du Dieu Gaulois Glan), une ville prospère toute imprégnée d’hellénisme par les grecs qui s’étaient avancés à l’intérieur des terres depuis Marseille.

Les romains

Puis Les Romains s’emparèrent de Glanum, en firent une colonie romaine à la double vocation ; religieuse autour de la source sacrée mais aussi commerciale. Cependant Glanum ne résista pas aux invasions barbares et fut complétement détruite vers 260. La ville en ruine sera rapidement ensevelie et oubliée. C’est en 1921 qu’elle fut exhumée tandis que les antiques : le mausolée et l’arc municipal, bien visibles, eux ont toujours affiché sa réputation.

Sous diverses dominations

Sans nous attarder sur l’histoire de cette ville on peut cependant signaler qu’elle fut successivement sous la domination de plusieurs évêchés, abbayes, comtés ou seigneuries. Les évêques d’Avignon prennent en charge le bourg puis Glanum se met sous la protection de l’abbaye de Saint-Rémy de Reims dont elle pris le nom. Le domaine de Saint-Rémy est ensuite annexé par Bozon comte d’Arles, puis la reine Jeanne donne la ville à Guillaume Roger de Beaufort, frère du pape Clément VI en 1353 tandis que Louis XI en fait don à Jean d’Anjou et enfin Louis XIII offre la cité au prince de Monaco Honoré II de Grimaldi en 1643 et elle en garde la fierté d’appartenance, bien que la peste qui fut terrible en 1720, fit succomber le tiers de sa population !

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Revenons à Glanum

Les fouilles ont donc commencé, à l’initiative de Pierre de Brun, en 1921 ; un travail colossal qui permit de mettre à jour la cité impériale telle que nous pouvons la voir aujourd’hui en face des Antiques. On y voit encore les temples, la basilique, le Forum, la Curie, les thermes et les habitations disposés le long d’une rue centrale.

La partie haute plus rétrécie est consacrée au Sanctuaire autour de la Source Sacrée avec ses petits temples dont ceux dédiés à la déesse de la santé Valetudo et à Hercule. Seule une petite partie de la ville a été découverte. Le site, géré par les Monuments Nationaux fait toujours l’objet de fouilles menées par l’Institut de Recherche sur l’Architecture Antique.

A propos de cette appellation « Les Antiques » ce furent longtemps les seuls vestiges apparents de l’antiquité, l’Arc de Triomphe et le Mausolée des Jules, ces monuments qui figurent parmi les plus connus qu’ait laissé la civilisation romaine en Provence, marquaient l’entrée de la ville de Glanum.

Le Mausolé des Julii

Datant des année 30-20 av JC, ce monument funéraire d’une grande famille doit sa célébrité à son architecture romaine unique ; socle à 4 faces magnifiquement sculptées, surmonté d’un arc de triomphe à double entrée, sur lequel est érigé un petit temple rond à colonnes et à toiture pyramidale abritant les effigies des deux Julii à qui est dédié ce monument exceptionnel.

L’Arc de Triomphe

Datant des années 20 ap. JC, est orné de très beaux reliefs illustrant la conquête des Gaules par César. Les fruits et feuillages, symboles de l’abondance, suggèrent les bienfaits de la Pax Romana.

Notre Dame de Pitié

En redescendant vers la ville plus au nord nous passerons devant un petit édifice érigé au XIIIème remanié vers 1700 pour prendre le vocable de Notre Dame de Pitié (afin de protéger les troupeaux et les habitants des pestes et des sécheresses). Cette chapelle abrite les oeuvres de Mario Prassinos (1916-1985), peintre illustrateur de quantités de livres qui s’installa à Eygalières en 1951 (lieu mythique à quelques km) comme de nombreux peintres attirés par la belle lumière du midi. C’est à St-Rémy qu’il souhaita léguer son oeuvre ainsi exposée dans la jolie chapelle de Notre Dame de Pitié.

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Continuons à nous diriger vers la nouvelle ville pour découvrir son architecture

La cité était, comme nous l’avons souligné, une étape importante et une place de marché. Le boulevard circulaire occupe l’emplacement des remparts médiévaux et constitue le centre animé de la ville où se développent les commerces vantant les mérites de la modernité mais des traditions.

La place de la république est dominée par le clocher gothique de L’Église Saint Martin du XIVème qui offre une imposante façade classique du XXIème.

Dans la rue Carnot se trouve la Maison Roux où Gounod organisa la 1er audition de Mireille.

L’Hôtel de Sade XVème est devenu un dépôt lapidaire d’un grand intérêt archéologique il devrait rouvrir incessamment.

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Parmi les musées à visiter

Musée des Alpilles

Le bel hôtel Mistral de Mondragon du XVIème, hotel renaissance abrite le musée des Alpilles offrant une intéressante évocation des arts et traditions populaires, véritable conservatoire patrimonial (archéologie, ethnologie, arts graphiques).

Trois salles de l’exposition permanente du musée, ainsi que sa cour intérieure et l’atelier de typographie, sont désormais accessibles en visite virtuelle sur internet. Comme quoi les outils modernes n’intimident pas cette petite bourgade ! Et par ce nouvel outil, la municipalité souhaite mieux faire connaître le musée au grand public et susciter l’envie de le visiter « pour de vrai » en intégralité.

Hôtel Estrine

L’Hôtel Estrine a été rénové et agrandi et il doit réouvrir le 7 mars. Ce musée d’art moderne et contemporain, animé par l’association Présence Van Gogh, bénéficie désormais d’un écrin architectural étonnant, à la hauteur des exigences de l’appellation musée de France obtenue en 2007. Les nouvelles oeuvres qu’il va accueillir très prochainement confortent le musée Estrine comme un équipement de premier plan dans la région et comme le disait François Nourissier ; ici « ce que j’aime… C’est sa façon de choisir, montrer, agir qui va à l’encontre des tentations mauvaises de l’époque… ».

L’Alpilium

Pour être de leur époque les Saint-Rémois ont fait construire et inaugurer une nouvelle salle municipale, baptisée “L’Alpilium”. Sur la partie congrès, l’Alpilium a permis à la ville de Saint-Rémy d’accueillir des manifestations d’envergure nationale comme la Santo Estello ou les Assises des Petites Villes de France qui ont réuni des Maires et des élus venus de toute la France.

Ville de Saint-Rémy, Porte des Alpilles

La situation privilégiée de St-Rémy, au pied du contrefort des Alpilles, à proximité de la vallée de la Durance et de la plaine du Comtat, démontre par elle même combien cette charmante ville peut symboliser la Provence. Depuis 2007 son territoire est classé au sein du Parc naturel régional des Alpilles dont elle est la petite Capitale.

En plus de son patrimoine naturel St-Rémy possède un important patrimoine historique bâti, elle est aussi ville d’accueil et de gastronomie bien placée entre culture et tradition ; elle a donc bien des atouts touristiques pour attirer du beau monde et les célébrités internationales viennent s’y cacher avec délice. Une filleule de Frédéric Mistral, reine du félibrige et écrivaine de provence, la Romancière Marie Gasquet (1872-1960) réputée pour sa culture et sa beauté, y est née et a bien su planter le décor ; « le vent apporte comme un parfum romain de force et de sérénité ; c’est bien là dans ces quelques lieus de terre parfumée, que bat le meilleur du cœur provençal ».

Ville de jardiniers, St-Rémy offre généreusement ses spécialités de productions de culture fruitière et maraîchère méridionale mais s’ouvre de plus en plus vers sa vocation d’étape touristique. Le climat et la sublime lumière apportent bien des avantages qui ne sont plus à prouver.

C’est donc une gageure que nous relevons en soulignant, toutes ses qualités typiquement provençales, en notant les hommes qui ont laissé leur empreinte ou en tentant de citer en si peu de lignes l’importance de son histoire, les vestiges et monuments laissés par son passé.

Les célébrités Saint-Rémoises

Michel de Notre Dame (1503-1566)

À la renommée internationale et dont la maison se trouve rue Hoche. Il naquit à St Remy le 14 décembre 1503 et ne prit le nom de Nostradamus qu’en 1555 après avoir fait ses études à la faculté des Arts à Avignon puis à Montpellier où il obtient le diplôme de doctorat en médecine. Il fit son tour de France et ses publications eurent un grand succès surtout depuis qu’il prédit les circonstances de la mort de Henri II et proposa un « remède contre la peste » vers 1561. Devenu le protégé de Catherine de Médicis ses « centuries » font recette et il meurt en 1566 à Salon où il est enterré aux Cordeliers (à noter que en 1614 son fils César qui avait écrit « histoire et chroniques de Provence » meurt lui à Saint-Rémy).

Louise Capeau

Née en 1580 laisse une plus triste mémoire car elle fut reconnue comme étant possédée du diable et nous ne nous y attarderons donc pas. Une bien autre musique !

Charles Gounod (1818 – 1893)

C’est sur l’invitation de F. Mistral le 12 mars 1863 que Charles Gounod s’installa à l’hôtel « ville verte » de Saint-Rémy pour y écrire la musique de Mireille. Rue Carnot, on garde dans la maison Roux, le souvenir du jour où eut lieu la 1ère audition. Gounod n’était pas Saint-Rémois mais il su en garder un souvenir si agréable qu’il pu écrire : « vous souvenez-vous de ces heures de délicieuse flânerie pendant lesquelles on a l’air de ne rien faire et où l’on fait tant de choses dont la première est d’être heureux »

Vincent van Gogh (1853 – 1890)

Pour Vincent Van Gogh par contre ce ne fut pas que du bonheur. Mais il laissa des souvenirs précieux dans sa peinture et pour la renommée de cette ville où il ne séjourna pourtant qu’une année. Il fut soigné en effet à l’asile de St Paul de Mausole du 8 mai 1889 au 16 mai 1890. Comme c’est ici aussi que plus tard fut abrité le Dr. Schweitzer pendant la guerre 14-18.

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Joseph Roumanille (1818 – 1891)

Parmi les personnalités encore typiques et marquantes d’une époque de la ville, nous devons citer Joseph Roumanille, natif du lieu qui se fit appeler le « félibre du jardin » si fier de « ne pas le quitter » quand on lui reprochait de manquer d’ouverture et de ne pas aller visiter le monde, alors qu’il savait (oh combien !) recevoir et tenir salon dans sa librairie avignonnaise. Né le 8 août 1818 initiateur et organisateur du félibrige, créateur de la prose provençale moderne, écrivant de courts récits polémiques et des contes en provençal (li margarideto) il s’est vu ériger après sa mort une statue dans sa ville et une bibliothèque qui porte son nom.

Marie-Antoinette Roumanille (1896-1986)

Plus connue sous le nom de plume de Marie Mauron qui elle aussi fut élue Majoral du Félibrige en 1969 (Cigalo d’Irlando) dans la même ville, reste une écrivaine et poête française qu’on nomme parfois la « Grande Dame de Provence ». Considérée comme l’héritière des grands poêtes provençaux, elle chante, des années durant, sa terre, ses légendes, ses traditions. Récompensée par de nombreux prix tel celui de l’académie française ou du grand prix littéraire de Provence, elle fait honneur à son « pays » et a su montrer la voie à d’autres amoureux de leur ville tel Marcel Bonnet. Celui-ci ne manqua pas d’encourager ses concitoyens à pratiquer la langue et l’écriture en provençal. Laissant dépôts de livres et manuscrits à la bibliothèque Jousé Roumanille qui offre un grand fond spécialisé.

Zoom sur … Le Monastère Saint-Paul de Mausole

Il doit son nom à la proximité du site du mausolée des « Julii » tout près de la cité gallo-romaine de Glanum, est magnifiquement situé dans un paysage d’oliveraie au pied des Alpilles. Ce lieu mérite non seulement un détour pour la visite mais aussi une explication historique ; son clocher à deux étages de plan carré, coiffé d’un toit pyramidal et le cloître attenant du XIème et XIIème siècle, sont un chef d’oeuvre de l’art roman provençal.

Le monastère fut transformé en 1768 en asile d’aliéné, puis nationalisé à la Révolution de 1789. Le couvent fut vendu à trois laïcs de Saint-Rémy puis revendu en 1807 au Docteur Mercurin. Ce médecin fonda alors un asile psychiatrique et s’engagea à poursuivre l’accueil et le soin des malades mentaux avec l’aide de médecins et laïques associés aux soeurs de Vesseaux. Dans les bâtiments qui sont la propriété de l’Association « Les Amis de Saint-Paul », sont exploités plusieurs établissements à vocation et à orientation psychiatrique.

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C’est aussi un centre culturel qui mérite la visite comprenant donc : le cloître roman classé, la reconstitution de la chambre d’hospitalisation de Van Gogh, le champ Van Gogh (qu’il contemplait de sa fenêtre), l’allée du cloître et le parcours botanique ainsi que l’historique des soeurs de l’institut Saint Joseph qui oeuvraient dans l’établissement depuis le XIXème siècle, dans l’allée arborée menant à la chapelle sont présentées les reproductions des principaux tableaux de Van Gogh sur leur lieu d’exécution dont les célèbres « Iris », « La nuit étoilée », « L’Oliveraie », le « Jardin de l’hospice Saint-Paul », « Autoportrait »… La galerie d’Art Valetudo y expose aussi les oeuvres de l’atelier d’art-thérapie qui associe art, recherche et soin, en réponse d’une certaine manière au rêve de Van Gogh qui désirait créer une association d’artistes dans le midi de la France.

C’est bien à St-Rémy en effet que les peintres réalisent leurs plus belles toiles en désirant profiter de la sublime lumière du lieu ; aussi tous les ans la ville est elle transformée en vaste galerie d’art tout au long des ruelles… C’est un peu grâce à Vincent Van Gogh qui a su donner l’exemple et rassembler ses admirateurs ici.

Musée Angladon, dans l’Intimité des Chefs d’Œuvre

Au centre du vieil Avignon, un musée d’atmosphère garde le charme intact d’un ancien hôtel particulier et expose depuis 1966 une exceptionnelle collection provenant des derniers héritiers d’un grand couturier mécène parisien Jacques Doucet, contemporain de Degas et Picasso.

Le public découvre des œuvres originales de grands artistes du 19ème siècle : Degas, Daumier, Manet, Sisley, Forain, Vuillard, Cézanne et un des rares tableaux de van Gogh en Provence …

La salle consacrée au 20ème siècle présente un grand tableau de Mondigliani “La Blouse rose” et six œuvres de Picasso qui permettent une approche de la période bleue et des années 1915-1920.

L’École de Paris est également représentée par deux portraits de Foujita sur feuilles d’or, diverses œuvres de Derain, un Tigre du célèbre animalier Jouve et des masques africains.

Au premier étage, la demeure des Fondateurs a conservé le charme d’une demeure d’amateurs d’art : salle Médiévale, Renaissance et suite de salons du 18ème siècle présentant de nombreux tableaux de Chardin, Joseph Vernet ou Hubert Robert… Des meubles estampillés et objets d’art. Un cabinet d’orient expose un ensemble d’objets rares ou insolites de qualité.

Toute l’année le musée propose des animations régulières pour tous les publics : visites commentées, lectures, conférences, ateliers pour les scolaires et le jeune public, et une ou deux fois par an une exposition exceptionnelle.

HORAIRES DU MUSÉE
De 13h à 18h tous les jours sauf lundi
Les groupes peuvent être reçus tous les jours
à partir de 8h sur réservation
(une semaine à l’avance)
04 90 82 29 03
www.angladon.fr

Association des Amis du Musée Calvet

Association Calvet

Depuis presque vingt ans, l’Association des Amis du Musée Calvet a à coeur de faire rayonner en France et à l’étranger, le musée des Beaux-Arts d’Avignon. Ce musée occupe un des plus beaux hôtels particuliers de la ville. Créé sur les plans de Versailles par les architectes Franque, l’hôtel de Villeneuve-Martignan est situé rue Joseph Vernet. Edouard Manet, Camille Claudel, Jacques-Louis David, Maurice de Vlaminck, Bruegel, Hubert Robert, Chaïm Soutine, Simon de Chalons, les familles Vernet, Parocell et Mignard, autant de noms glorieux entre autres qui ont valu au musée d’être admis parmi les « musées classés français ».


Déjà en 1996, année de réouverture du musée et de création de l’association. Les Amis du Musée Calvet, après une soirée organisée pour la financer, avaient décidé de restaurer la «Piéta» de Nicolas Mignard. Ce fût la première de nombreuses restaurations. Ont suivi celles de la «Tarasque de Noves» et de la «Scène de halage» deux sculptures exposées au Musée Lapidaire, la Méridienne (petite pièce de repos au rare décor de stucs prochainement réouverte au musée Calvet) avec le concours de Lafarges-Plâtres, la restauration de trois lustres et deux dessus de portes à l’occasion de l’installation de l’exposition “Fastueuse Égypte” dans les salons classés, et aujourd’hui d’un globe terrestre de Willem Janszoon Blaeu datant d’environ 1650. Ce chef d’oeuvre de cartographie, jusqu’à présent caché dans les réserves, pourra, une fois son éclat d’antan retrouvé, reprendre sa place auprès de son pendant céleste du même auteur qui trône déjà au musée.

Au-delà des restaurations d’oeuvres, l’association contribue aussi à l’enrichissement des collections du Musée Calvet et a ainsi participé à l’acquisition du superbe tableau d’Abraham Bloemaert « Le Christ portant la Croix » véritable chef d’oeuvre digne du Caravage puis en 2010 d’un dessin préparatoire recto-verso de Joseph Vernet pour un tableau de port déposé au Musée de la Marine mais aussi à l’équipement du musée en audioguides.

2013 fût une année importante pour l’association qui a connu cette année-là une petite révolution numérique. En effet, elle a lancé son propre site Internet (www.lesamisdumuseecalvet.fr) mais aussi sa page facebook officielle qui est suivie aujourd’hui par des centaines d’internautes. Les nouvelles technologies intéressent beaucoup les Amis du Musée Calvet qui en 2011 furent les premiers en province à doter leur musée de l’application Musetrek, procédé qui permettait à tout possesseur de smartphone d’accéder à un ensemble de contenus numériques. Grâce à Musetrek, les classes préparatoires du Lycée Mistral ont par exemple pu développer en ligne leurs propres réflexions sur les oeuvres du musée. Malheureusement, le manque d’accès wifi au sein du musée aura eu raison de cette innovation qui prendra fin en 2013. Mais l’association ne s’avoue pas vaincue et a pour projet, par le bais du numérique, de faciliter l’accès aux mal et non-voyants mais aussi de développer les outils de médiation depuis un smartphone ou une tablette.

Toujours avec leur temps, les Amis du Musée Calvet pensent fortement à se lancer dans l’aventure du «crowdfunding» ! Appelé également financement participatif, il s’agit d’une technique de financement de projets qui utilise internet comme moyen de mise en relation entre les porteurs de projet et les personnes souhaitant investir dans ces projets. Séduite par l’aspect solidaire de ce type de mécénat à la mode, l’association travaille à cette nouvelle campagne de communication en vue de l’acquisition d’un tableau de Nicolas Mignard.

Tout ceci est rendu possible grâce aux plus de six cents adhérents de l’association qui participent par leurs contributions à la réalisation de ses projets.

Tout au long de l’année, ils peuvent profiter des nombreuses activités culturelles que proposent Les Amis du Musée Calvet : conférences mensuelles d’histoire de l’art, visites guidées, concerts et voyages. Tous ces programmes sont d’ailleurs disponibles sur le site internet où vous pourrez retrouver toutes les modalités d’adhésion.

7 Rendez-vous à Honorer en Provence pour Noël

Traditions de Noêl en Provence - Les Santons

La période calendale reste sacrée et tout bon provençal se vante de respecter la fête de Noël, fête du renouveau, avec ses rites bien ancrés. « Noël vient, tout bien vient !».

La Sainte Barbe

On commence donc la grande fête de l’hiver, à la sainte Barbe, début décembre, en faisant germer le blé ou les lentilles qui apporteront un présage de prospérité pour l’année qui va bientôt s’ouvrir.

La Crèche

Puis on sort les petits santons de leur « boîte de carton » et on construit la crèche si emblématique du midi. Puisque Jésus est né en Provence et Yvan Audouard nous l’a confirmé !

Dans tous les cas, on raconte que cette tradition de la représentation de la nativité on la doit à St François dont la maman était de Tarascon. Grâce à la technique du moulage, le santon d’argile se multiplia dans la 2ème moitié du XVIIIème siècle et fleurit dans les foyers de Provence.

Les petits saints adorateurs présentent les caractères spécifiques des artisans et petits métiers de villages (ne manquez pas d’aller admirer les crèches aussi disposées dans nos églises et qui se transformeront le 2 février, à la chandeleur, en crèches blanches, pour la présentation de Jésus au temple).

La Table de Noël

Enfin, l’on dresse la table avec un rituel immuable les 3 nappes blanches, les 3 chandeliers, le pain béni et ses 12 petites miches.

Le Cacho-Fio

Dans la belle nuit de Noël, on respecte aussi le cacho-fio avec la bûche en fruitier qui annoncera une bonne année et qui est une belle occasion de réunir la famille (du plus petits aux plus anciens) autour de la cheminée.

Les 7 Plats et les 13 Desserts

La prospérité est aussi marquée par le gros souper, ses 7 plats et les 13 desserts (comportant les fruits du terroir) qui peuvent donc varier selon les localités, mais toujours, avec les 4 mendiants symbolisant les ordres ecclesiastiques selon leurs couleurs (figue, noix ou noisettes, amandes et raisins secs).

Les Pastorales

Si l’on a perdu les repères, voilà une bonne époque pour rappeler et raviver le sens et le pourquoi de ces traditions.

De même les pastorales sont toujours jouées dans le midi pour contribuer à ce rappel et faire perdurer la langue provençale.

Belles occasions de souligner les caractères bien trempés des méridionaux bon teint ! la « crèche au naturel » (la pastorale Maurel en 1843 était présentée ainsi) est un vrai théâtre populaire, une sorte d’opéra-comique au canevas remodelé chaque année ; sa fin est miraculeuse et édifiante ; tout le monde promet de se convertir au pied de l’enfant Jésus.

Elles se jouent depuis le 18ème siècle ; les santons montent sur la scène pour jouer et chanter les noëls provençaux (souvent de Saboly dont on célèbre le 400ème anniversaire).

Moment crucial de l’année pour les troupes d’amateurs qui font survivre les traditions et qui leur permet de proclamer leur identité.

N’hésitez pas à aller assister à une pastorale dans le langage local, la langue n’est pas une barrière mais au contraire un support à l’histoire que tout le monde connaît déjà ou peut comprendre. La Maurel est la plus classique parmi tous les auteurs (Audibert, Fourvières, Georges, Bernard, Chabran) il en existe des centaines et s’en écrit toujours notamment du côté de Valréas.

L’Épiphanie

Arrivés à l’Epiphanie ; la couronne couverte de fruits confits évoque bien la présence des rois mages à la crèche où ils sont venus adorer l’enfant ; la part de merveilleux et de magie est apportée par le hasard qui permet de gagner la fève si bien cachée dans le gâteau…

Depuis Origène, le nombre des rois est fixé à 3 pour les trois âges de la vie ! Melchior, de race blanche, symbolise la vieillesse et offre la myrrhe, réservée aux simples mortels, Gaspard de race noire, africaine, symbolise la jeunesse et offre l’encens réservé aux dieux et Balthazar, de race sémite, symbolise l’âge mûr, il offre l’or réservé aux rois. C’est bien ainsi, le peuple en marche pour adorer Jésus dans l’étable au centre de la sainte famille…

 

À l’Ombre de la Prison Sainte-Anne et de la Chapelle des Pénitents Noirs…

À l’ombre de la prison Sainte-Anne et de la chapelle des Pénitents noirs…

Depuis des siècles, que de bruit dans et autour de l’emplacement de l’ancienne prison Sainte-Anne construite entre 1865 et 1871 et la chapelle des Pénitents noirs, lesquels s’occupèrent des prisonniers et condamnés à mort, puis des ‘‘insensés’’ du XVIe au XVIIIe siècle !
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Les Halles d’Avignon d’Hier à Aujourd’hui

Les Halles d'Avignon carte postale ancienne

Le ventre d’Avignon est situé depuis des temps immémoriaux dans le vieux centre historique de la ville, sur la ‘‘place Pie’’ qui fût créée en 1563 au nom du pape régnant. D’abord, le marché aux légumes était en plein air avant d’être abrité dans la construction en pierre de Jean Baptiste Franque.
Seule la tour sera sauvée et reste en témoignage de cette belle bâtisse démolie en 1893. Haut lieu de rencontre, cette place si vivante et caractéristique de l’art de vivre de la ville a inspiré le peintre avignonnais Grivolas qui immortalisa l’ambiance du quartier à travers ses peintures.


Le grand jour d’inauguration des Halles centrales fut fixé le 25 septembre 1899. La construction reflétait bien l’époque industrielle, avec sa structure métallique et ses volets pour abriter les étals. Quatre-vingts ans plus tard, on réfléchit à un projet qui réponde aux impératifs des années 60. Halles parking et zones piétonnes : les deux nouveaux atouts au service du commerce traditionnel, puis une circulation plus aisée à l’intérieur et des étals qui puissent être personnalisés. Reconstruites à l’emplacement exact (68 mètres de long, 40 mètres de large et 20 mètres de haut), elles seront ouvertes le 2 avril 1974.

Nouveau visage organisé, nouveaux étals qui permettent de mettre en valeur le marché provençal avec les agrumes tout frais livrés dès l’aurore, les grandes variétés d’olives, de pommes de terre, d’oignons, fleurs, toutes les sortes de pains, l’épicerie fine, les produits bio, les traiteurs : on peut tout s’y procurer. Lieux de rencontres aussi avec les buvettes et les tables de cafés pour déguster les huîtres et goûter les dernières vendanges. Le samedi ou le dimanche on s’y rend également pour découvrir les recettes des chefs étoilés de la région qui cuisinent avec vous et sous vos yeux les produits du terroir. C’est bien le lieu à connaître pour découvrir les senteurs et les saveurs qui caractérisent nos vergers provençaux. On y fête la truffe, le vin, la cuisine et les produits locaux ou même exotiques !

De nouveaux travaux d’amélioration sont en cours pour faciliter la circulation et le stationnement à l’entour. La disparition des bus fait partie du plan de réaménagement nécessaire pour lui redonner un air de marché sous les platanes et les travaux qui devraient s’achever à l’automne offriront une nouvelle esplanade devant les Halles, la place Pie et la tour St Jean. À noter que le la place de parking est offerte pendant une heure par les commerçants.

Les Treize Desserts Tradition Provençale

Les Treize Desserts Tradition Provençale

Selon la tradition, une table provençale doit être dressée sur trois nappes blanches, avec trois bougeoirs, symbole de la Trinité, et l’assiette de blé de la Sainte Barbe, symbole du renouveau, sont disposés alors les Treize desserts, évoquant le Christ et les douze apôtres, lors de son dernier repas : la cène.

Jésus, personnifié par la pompe à huile du côté d’Aix ou la fougasse à Avignon et à Arles. Autour de lui les quatre mendiants : noix ou noisettes, amandes, figues sèches et raisins secs représentent, par leur couleur, les habits des moines appartenant aux quatre ordres religieux ayant faits voeux de pauvreté : augustins, carmes, franciscains, dominicains. Le nougat blanc et le nougat noir incarnent les pénitents noirs et blancs.
Les oranges et dattes rappellent l’Orient : l’origine des rois mages. S’ajoute des fruits confits ou de la pâte de coing selon la région (calisson d’Aix, fruits confits d’Apt). Ainsi que quelques fruits frais : Melon de Noël (appelé verdau), pommes et poires.
Ces treize desserts seront accompagnés d’un vin cuit. Il existe quelques variantes.
Chaque famille apporte un peu sa touche personnelle dans le décor, la présentation.
Cette tradition qui perdure depuis des décennies traverse les âges sans une ride, car à chaque époque son style.

Un exemple de table de Noël, très tendance, inspiré par l’Atelier-Galerie du peintre John Gormsen.

Les Papes en Avignon

Le Palais des Papes 1309-2009

En cette année anniversaire de l’installation des papes à Avignon ne manquons pas l’occasion d’évoquer cet épisode de l’histoire qui a marqué la destinée et la vocation internationale de la ville.

En 1305 l’Eglise se donne un pape français. Un homme prudent, l’archevêque bordelais Bertrand de Got désire rester en dehors des troubles qui agitent Rome. Clément V (1305-1314) décide de s’installer (en tout cas temporairement) à Avignon. C’est une ville qui présente de nombreux avantages : elle est en paix, n’est pas dans le royaume de France (le souverain était alors le premier personnage de la chrétienté) et bien éloignée de l’empereur quoiqu’appartenant au St Empire Germanique, elle est dans le comté de Provence de Charles d’Anjoux, (vassal du pape) et aux portes de comtat Venaissin que possède le St Siège depuis 1274. De par sa situation géographique, ville carrefour, elle est même plus au centre de l’Europe que Rome, point de passage obligé sur le Rhône elle n’est pas loin de Vienne où se tiendra le concile. Toutes ces bonnes raisons incitent Clément V à y faire son entrée officielle ce 9 mars 1309. La tiare du pape s’enrichit d’une troisième couronne. Avignon se transforme, s’aménage, se construit peu à peu pour loger cardinaux et personnel de la curie.

Gravure Avignon et le Palais des PapesC’est sous Jean XXII 1316-1334 avec Jacques Duèse, ancien évêque d’Avignon, que s’ancre vraiment la papauté dans l’ « altera roma ». Les artistes accourent de toute l’Europe, architectes, peintres et musiciens. La cour pontificale se compose d’ambassadeurs, de juristes et de financiers, d’hommes de
loi et de lettres, d’intellectuels français et d’humanistes italiens et tout ce monde foisonne dans la ville qui voit passer tous les grands.

Avec Jacques Fournier, cet ancien moine cistercien de Haute-Garonne qui est devenu pape sous le nom de Benoît XII 1334-1342, la décision est prise de reconstruire le palais épiscopal. Le pape devra dorénavant posséder son propre palais qui abritera la curie : « la plus belle et la plus forte maison du monde » dit Jean Froissart, c’est le centre de la vie de cour, point de mire de tout l’Occident. La capitale de la chrétienté recueille hommes d’Église, mais aussi canonistes, hommes de loi, enseignants et théologiens, la bibliothèque s’alimente et s’enrichit de nombreux volumes.

Le faste de la papauté atteint son apogée sous Clément VI (1342-1352), Pierre Roger le limousin achètera la ville en 1348 pour la somme modique de 80000 florins à la reine Jeanne de Naples : le pape est maintenant chez lui. Il acheva le château de Benoît XII et y ajouta des pièces d’apparat pour les grandes réceptions. Il dilapide le trésor, mais sa cour luxueuse est devenue le grand rendez-vous de tout l’Occident. Son goût du faste et son népotisme lui attirent la haine de Pétrarque. Les cardinaux aussi mènent grand train pour le grand profit des orfèvres, artistes ou autres artisans de la cité. Malgré la peste qui sévit en Avignon, le pape reste fidèle à sa ville où il y protège et accueille les juifs fuyant les persécutions.

Palais des PapesAvec Innocent VI (1352-1362) alias Etienne Aubert la ville s’entoure de remparts plus conséquents. Il est en effet préoccupé par la guerre qui ravage la France et menace directement la papauté. C’est à ce pape bâtisseur que l’on doit des églises paroissiales comme St Pierre et St Didier, mais aussi la Chartreuse du Val de Bénédiction à Villeneuve où il est enterré.

Le nouveau pontife, Urbain V (1362-1370) est languedocien, Guillaume Grimoard est le premier pape d’Avignon à envisager un retour vers Rome. Ce moine qui mène une vie simple et frugale rythmée par les prières et l’étude s’attachera plus à promouvoir l’université et n’aura pas le temps de s’attacher aux lieux cependant il méritera d’être déclaré bienheureux en 1870.

Son successeur Grégoire XI (1370-1378), Roger de Beaufort, est le plus jeune des papes d’Avignon et il organisera le retour vers Rome. Il se montre très sensible aux prières de Catherine de Sienne qui l’exhorte à y revenir. Pendant son séjour à Avignon il fait des dons au couvent de Ste Catherine, offre l’horloge de Jacquemart à l’hôtel de ville et fait restaurer le pont St Bénezet ainsi que les palais pontificaux de Sorgues et de Villeneuve.

Avec Clément VII et Benoît XIII, l’histoire de la papauté rentre dans le schisme dont les Avignonnais ne peuvent se sentir responsables.

Avenio était née bien avant l’arrivée de ces papes bien sûr, mais c’est par eux que la ville a vu son destin se transformer et a pu acquérir la notoriété de capitale.

De 1316 à 1378, six papes se succédèrent, tous français, mais très différents de formation et de tempérament. Pendant ce siècle, la cité cosmopolite devient le centre de l’Europe très catholique de 1309 à 1423, mais aussi prospère à travers un rayonnement intellectuel et artistique fantastique. Une époque qui a laissé ses traces dans l’architecture (les livrées, palais et remparts) mais aussi dans la mentalité et la manière de vivre et de penser de ses habitants qui, il faut le noter, sont devenus bien tardivement français et étaient déjà européens, mais cela c’est la suite de son histoire !…

Rencontre avec Anne Bourret-Porée

Anne Bourret-Porée

L’auteur à qui l’on doit deux magnifiques livres sur des lieux d’exceptions à Avignon. Déjà à l’œuvre sur son troisième livre qui, nous l’imaginons, sera aussi exceptionnel que les premiers, elle s’est tout de même libérée pour nous recevoir chez elle…

Bien avant d’être antiquaire et d’écrire de fabuleux livres, Anne Bourret-Porée a toujours eu une curiosité débordante pour l’architecture, la décoration et l’histoire. Toute petite, elle grimpait sur les épaules de son frère afin de voir ce qui se cachait derrière les portails de demeures avignonnaises. Lors de ses voyages, elle cherchait, et encore à ce jour, où se situait la vieille ville et ses vieux quartiers car, contrairement au moderne, c’est dans l’ancien qu’elle trouve une part de magie et qu’elle rassasie son goût pour le beau. Adorant se laisser imprégner par ces endroits qui ont une âme, qui ne demandent qu’à raconter leur histoire, elle a voulu utiliser son accès privilégié à certains lieux afin de partager ce plaisir de découvrir un patrimoine historique riche en surprises et en secrets. À chacun de ses ouvrages, elle est complètement habitée par ces résidences aux décors authentiques et somptueux. Rendre visible l’insoupçonnable, telle est la devise des ses ouvrages !

Deux livres raffinés, à l’ambiance intime et feutrée avec les photographies de Thierry Poullet et les textes d’Anne Bourret-Porée, qui nous présentent de fabuleux jardins et hôtels particuliers, véritables édens, en plein centre-ville d’Avignon et aux alentours. Témoignage vérédique de ce qui reste d’une partie du patrimoine bâti avignonnais, ces ouvrages sont placés sous le signe de l’exception, offrant à tous la chance de pouvoir visiter de belles demeures privées des siècles derniers. Ces livres sont également un bel hommage aux propriétaires car, en regardant les photos de ces maisons ancestrales et en lisant leur histoire, on est frappé par la détermination et la passion de ces derniers à conserver et à entretenir leurs « trésors ».

Demeures secrètes du vieil Avignon (malheureusement non disponible en ce moment) et
Jardins secrets et lieux inspirés d’Avignon et alentours
Éditeur : Équinoxe, collection « Lumières du sud »

Le Rocher des Doms un Petit Coin de Paradis

Le Rocher des Doms

Une vingtaine de parcs et jardins vous accueillent dans les quartiers de l’intra-muros, mais il y en a un, en particulier, qui est incontournable lors d’une balade en ces beaux jours d’été. Perché, comme un nid, sur un imposant rocher calcaire au cœur de la ville, se trouve, à côté du Palais des Papes, le fameux jardin du rocher des Doms.

Cette œuvre colossale, aménagée depuis 1842 sur le rocher, cache un réservoir d’eau qui, jadis, alimentait la ville. On peut y admirer, du haut d’une falaise de 30 mètres surplombant le Rhône, un large panorama sur la région. On y découvre, entre autres, une vue exceptionnelle sur le pont Saint-Bénézet, la tour Philippe Le Bel et le fort Saint-André, à Villeneuve-lez-Avignon, ainsi que les vignobles de Châteauneuf-du-Pape, les Dentelles de Montmirail, le mont Ventoux et, par très beau temps, la petite chapelle qui se trouve au sommet de ce dernier.
Photographes : ne pas s’abstenir !

Le jardin des Doms est aux Avignonnais ce que Central Park est aux New-Yorkais : un petit cocon de verdure en plein centre-ville où il fait bon se dégourdir les jambes, un jardin qui invite à la rêverie, à la rencontre, à la paresse sur une pelouse matelassée avec, comme musique d’ambiance, le rire des enfants. Un lieu de convivialité où Avignonnais et touristes se croisent le temps d’une pause.

Arrêt obligatoire au petit lac des Canards, où se trouve la Vénus aux Hirondelles, sculptée par Félix Charpentier. Celle-ci y a élu domicile en 1894, après que sa nudité lui valut d’être déplacée de la place Carnot.

Un dernier petit coup d’œil aux paysages grandioses, à l’horizon interminable, avant de redescendre les pieds sur Terre!