Phyltre ne Fait pas que Tuer…

Qui a dit que le sud ne faisait pas dans le rock… Bon d’accord, la scène musicale n’est pas des plus variées, mais il arrive parfois, trop
rarement, de tomber sur des pépites musicales de l’ordre de Phyltre.


Sur le “myspace”, on peut lire “quatre garçons accros du net, bidouilleurs de synthés et de vieilles boîtes à rythmes, épris de leurs guitares”. Ringard ? Au contraire : c’est sexy, c’est rock, ça décoiffe et c’est d’ici (chauvinisme oblige) ! Un mélange de “geek-attitude” et le look de rockeurs made in UK, le quatuor avignonnais sort complètement du lot avec un registre sonore teinté d’amour pour les années 80.
C’est évident qu’Axel, Benoît, Romain et Sylvain, des mecs aussi sympathiques que talentueux, possèdent la touche magique pour mettre au point une musique très dansante tout en restant fidèles aux accords traditionnels du rock. On y retrouve l’audace et l’insouciance d’un Beigbeder dans le texte, la fibre vintage des Franz Ferdinand, une sonorité british de l’ordre de New Order et beaucoup, beaucoup de synthés ! Des textes francophones et décalés, une attitude rafraîchissante et une présence scénique digne d’adolescents prépubères : Phyltre a tout bon et retient l’attention. Récemment,
leur clip ‘‘Lyla’’, réalisé par Seb Houis, a été en page d’accueil de Dailymotion et a suscité l’attention de plus de 15 000 visiteurs. Après être monté sur les planches de la Cigale et du Bataclan, le quatuor a mis le feu en première partie de Eiffel à Avignon, à l’occasion de la fête de la musique.

Un groupe qui va là où personne ne les attend, dans une région plus connue pour ses vins que pour ses groupes rock, Phyltre a tout pour étonner. Leur nouvel EP, enregistré au célèbre Studio Vega et réalisé par B. Montandon (Soma, Coming Soon, The Dodoz…), se chargera bientôt de dérider et de contredire ceux qui, géographiquement parlant, ne croiraient toujours pas que le quatuor français n’a rien à envier à ses voisins. Selon les INROCKS, Phyltre serait “la preuve par quatre que le rock français se porte bien”. Après plusieurs dates en France, les musiciens partent en tournée en
République Tchèque et en Allemagne cet automne. Le groupe propose également désormais un concert “ en appartement”; un concept dit “set de salon”. L’idée est de transporter l’énergie de la scène à travers des prestations plus électro et intimistes; sans batterie, mais avec des boîtes à rythmes et les inévitables synthétiseurs.

À la recherche d’un label, Phyltre n’en finit pas d’étonner et de charmer avec ses mélodies accrocheuses sur lesquelles il fait bon chanter. Attention, Phyltre ne fait pas que tuer, il entraîne une forte dépendance. À consommer sans modération !

Plus d’infos // Booking :
www.myspace.com/phyltre

Benjamin Rinaldi – Vie de Détails, Détails d’une Vie

Benjamin Rinaldi

J’avais envie de commencer par “Notre jour viendra”. Simplement, sobrement. Combien sont-ils – photographes amateurs, écrivains, blogueurs, cinéastes – à se répéter cette expression sans cesse ? Mélange d’espoir et d’ambitions, de réel et d’impalpable, le “notre jour viendra” est le reflet du travail du photographe Benjamin Rinaldi, mon frère. Un esprit brillant, passionnément engagé, capable de photographier la plus grande détresse humaine et la rendre belle. Un travail profond et intense qui fait qu’il est prêt à tout. A tout, pas vraiment. Pour rien au monde il ne quitterait sa région. Et ça de nos jours, ça te marque un homme. Rencontre et échange avec un photographe de détails, de vies et d’idées. Rencontre avec mon frère. Car oui, “notre jour viendra” et c’est bien plus qu’une histoire de famille.

Peux-tu te décrire pour ceux qui ne te connaissent pas encore ?
Je reprendrai les lignes de ta présentation: “nom italien”, 256 passions…et croisement d’un type célèbre cosmopolite et d’un raté miteux solitaire. Mais sinon sur ma nouvelle carte d’identité il est écrit Benjamin Rinaldi. Je suis régisseur de spectacles, dans un centre culturel. Et puis… il y a la photo.

Quelles sont tes influences ?
Je suis friand de rencontres, photos, musiques, graphisme. Ces échanges m’apportent des idées, et m’aident à rester créatif. En photo, je reste un admirateur du mouvement humaniste, style typiquement français des années 30 à 60, indissociable de la vie d’après-guerre. Grand fan également de David Lachapelle et Diane Airbus pour leurs mises en scène, montrant entre autres les dérives de la société. Les reporters ont également place forte : Don McCullin, Steve McCurry, Sarah Moon, Ray Man, Mapplethorpe et un tas d’autres photographes moins connus.

Plutôt argentique ou numérique ?
J’ai une approche argentique : j’observe, m’imprègne de l’ambiance, mon cadrage est calculé au millimètre. Et puis j’aime l’odeur de la chimie dans les bacs, la magie du révélateur et le travail à l’ancienne. Quand tu sors du labo, tu as tes photos dans les mains. D’un autre coté aujourd’hui le numérique est une évidence : un magazine qui me commande un reportage est sûr de l’avoir dans la journée, et puis mes nouvelles séries demandent beaucoup de retouches constructives. Je travaille également pour des séries personnelles au Polaroid. Les couleurs, le contraste, la nostalgie. Chaque fois que je me déplace, j’emporte un boîtier argentique, un numérique, un Polaroid, parfois un Lomo.

Beaucoup de tes admirateurs restent dubitatifs devant les photos de sans domiciles fixes. Raconte-nous cette démarche folle et intense.
La série “SDF” a été un énorme électrochoc pour moi. Au début, je jouais à photographier dans Avignon, sans but. Puis j’ai rencontré un Irlandais, “paumé”, en plein milieu de la rue de la République et là, le déclic. Je ne voulais pas de photo “volée” du coup je me suis approché et je lui ai parlé, il avait un petit chien sur l’épaule; comme un pirate et son perroquet. Il m’a présenté aux autres, des gars très ouverts et ultras cultivés pour certains. J’ai passé deux ans, une fois par semaine, à aller les voir le matin avant de me rendre au travail. J’ai fait seulement huit photos. En fait j’ai beaucoup dialogué et échangé avec eux, j’ai pris des clichés seulement quand l’émotion, la complicité et l’échange étaient là. Cette série a fait son temps au travers de pas mal d’expositions, et quelques galeristes commencent à m’acheter des tirages.

Quels sont les autres thèmes sur lesquels tu travailles aujourd’hui ?
Je travaille pour le groupe de musique pop rock Flipsong (ww.flipsong.net), je fais les photos pour leur communication et pour les pochettes d’albums. Je finis mon travail pour le festival Crion’s ensemble, et avec l’aide d’Irosaki, le graphiste de notre collectif “Carambolages”, nous aménageons un espace, une sorte de “Factory” régionale, afin de continuer à proposer des échanges entres personnes travaillant dans l’image.
Je viens de finir la campagne pub de Pentax France pour deux nouveaux appareils photo. Ma dernière série s’appelle “Apesanteur”. Je prends des gens en photos chez eux, la seule mise en scène étant leur pièce principale au quotidien, avec soit eux, soit un objet en apesanteur. Pas de mise en scène avec la personne, l’ensemble doit être harmonieux.

Contact // infos : www.benjaminrinaldi.com

Véronique Prenant Plasticienne

Véronique Prenant

Née à Paris, Véronique Prenant est plasticienne et Art Thérapeute. Elle vit et travaille à Avignon depuis l’an 2000. Élevée dans une famille férue d’art contemporain, elle n’a pourtant pas toujours été sculpteur, loin de là. Élève modèle, puis journaliste et attachée de presse, elle suit plusieurs cours de peinture et de dessins, notamment au Musée d’Art Moderne à Paris, sans vraiment se réaliser sur le plan artistique.

Le Grand Frisson

C’est en 1995, en suivant un cours de sculpture dans un atelier parisien, que sa vie bascule. En effet, le contact de ses mains avec la terre provoque en elle une grande exaltation qui met tous ses sens en éveil. Elle a enfin trouvé la sensation qu’elle cherchait depuis longtemps : “Pour la première fois de ma vie je vibrais, j’étais envahie d’une excitation jubilatoire”. Cet instant précis changera le cours de sa vie, tant sur le plan professionnel, personnel qu’artistique. Elle entreprend une formation d’Art-thérapeute, et ne lâchera plus la terre… Le travail de Véronique Prenant est basé sur la mémoire, sur l’émotion. Longtemps inspirée par la période archaïque, elle se retrouve dans la femme africaine, la Japonaise et les ethnies qui ont un respect et un lien direct avec la nature. Ses créations sont liées par une thématique et une caractéristique identiques: l’Homme et l’essence de la vie. Sa maîtrise de la complexité des formes tridimensionnelles témoigne de son talent inné. Elle sculpte à la main et travaille l’argile, le bronze, le plâtre polyester. C’est une artiste sensible qui marie la fine pointe de la technologie, comme le plexiglas, avec des matières naturelles… Ce rapport à la Terre, omniprésent dans son oeuvre, lui est essentiel.

Art-Thérapeute

Artiste dévouée aux autres, Véronique Prenant, bien que maman de trois enfants et sculpteur accompli, trouve le temps pour pratiquer son autre métier, l’Art-thérapie, dans son cabinet privé, et anime des cours de modelage. Elle finit également une formation en psychanalyse Jungienne.

 

Emma Double Té Hache

Emma Double Té Hache

Comme son nom ne l’indique pas, Emma Double Té Hache est un garçon et sa particularité première est d’être seul sur scène. D’accord, cela peut sembler un brin banal, mais il faut savoir que sous ce blase, se cache un défouloir artistique pluridisciplinaire dont le médium de départ est la musique. Rencontre avec un concept musicalement et visuellement captivant.

Depuis 2009, après des années passées en tant que bassiste dans des groupes de musique (les Mutins du Rafiot), Emma Double Té Hache décide de faire cavalier seul… ou presque ! Sur scène, il dépeint un univers intimiste et décalé avec simplement sa guitare, son micro, son “loop station” et tous ses petits délires… En effet, il lui est impossible de dissocier l’image de la musique. Ses concerts sont un prétexte pour réunir toutes les disciplines qui l’animent : vidéo, théâtre, enregistrement, photographie, lecture de texte, dessin… Un subtil mélange des genres, ses influences sont aussi variées que son cursus créatif. Il cite Basquiat comme Pollock, écoute George Brassens ou Velvet Underground et avoue être influencé par le hip hop et le rap autant que par le côté brut et mal accordé du blues des années 30… Grâce à sa grande liberté d’expression, son grain de voix particulier, doublé d’un talent réel de musicien, il arrive à embarquer ses convives dans un voyage empreint de rythme.

Comme l’indique son nom d’artiste, Emma Double Té Hache aime le “non-sens” qui renferme beaucoup de signification dans son ensemble, dans l’émotion globale. À l’inverse des compositions sur-travaillées, il cherche à capter l’instant présent et la fraîcheur du premier jet. Bien que perfectionniste, il n’est pas obsédé outre mesure par la sophistication, préférant le côté brut et poétique de la création aux retouches incessantes. Il se moque des “qu’en-dira-t-on” et se met à nu dans ses chansons qui semblent parfois sortir d’un cadavre exquis basé sur ses expériences. Avec une certaine nostalgie et un semblant de naïveté, ses textes et ses dessins nous replongent dans l’univers de l’enfance, dans un monde d’ivresse où tout est question d’innocence et de message parfois caché. Un côté bizarre et nébuleux qui pourrait en dissuader certains, mais l’artiste assume : “Mon but ce n’est pas de faire réfléchir le monde.”

www.emmadoubletehache.com
www.myspace.com/emmadouble

Frédéric Noël Dessinateur

Dessin de Frédéric Noël

Alors que certains écrivent, que d’autres discutent, c’est par l’illustration que Frédéric Noël s’évade. Sans jamais avoir suivi des cours et de façon toujours spontanée, le dessinateur avignonnais nous transporte dans un monde patibulaire, fait de curiosités et de scènes étranges.

Son esprit semble s’être arrêté au début des années 80, période à laquelle il était gamin. Nullement inspirés par l’époque actuelle, ses dessins font sans cesse référence aux objets du passé. Il ne s’intéresse pas à l’adulte et préfère mettre en scène des enfants et des adolescents dans des endroits sortis tout droit de son imaginaire. En regardant son univers merveilleux de plus près, l’illusion d’innocence et de joie, normalement associée à la jeunesse, laisse place à une vision dérangeante. En effet, un esprit menaçant et inquiétant vient toujours miner la beauté de ses créations.

Par sa proximité presque corporelle, le dessin est un refuge pour Frédéric Noël. Il transforme différents types de papier ou des assiettes de carton recyclé, dont il aime le côté “faïence contemporaine”, en filtres pour abriter les angoisses provenant de son enfance, gravement marquée par des nuits cauchemardesques. Néanmoins lié à un véritable plaisir du geste de dessiner, il essaie de transposer en images les visions qui lui fichent la trouille. Il aborde l’isolement et la pétrification dans ses dessins, comme une forme d’angoisse latente qui émerge de la nostalgie. Surréalistes et inspirées par une culture graphique assez sombre, ses illustrations gardent pourtant une légèreté grâce à une touche d’humour bien présent. Un petit sourire en coin, des animaux en positions embarrassantes ou des situations délirantes viennent apaiser le côté obscur, tandis que les rondeurs des illustrations ajoutent un petit côté “mignon”.

De griffonner pour lui même, souvent pour passer le temps, le dessinateur a eu envie de montrer son travail il y a seulement deux ans. Est née “Bonnie sur la croix”: une série de dessins dont le principal acteur est une jeune adolescente tourmentée. Après avoir exposé ses premiers dessins à Montréal, c’est à la Galerie Tampopo qu’il a fait sa première et véritable exposition l’été dernier. Bien qu’il aime le challenge créatif qu’exige un tel événement, le dessin reste pour Frédéric Noël un exutoire instinctif et une démarche intime qui lui est vitale. Les oeuvres de ce dessinateur de talent sont visibles et régulièrement mises à jour sur son blog : http://frednoel.blogspot.com.

Lionel Vivier de Sixpack France / Fashion Design

Lionel Vivier de Sixpack

À cause de ses collaborations artistiques et musicales de rêve, la réalisation d’un court-métrage et une longue collaboration avec le label Institubes, on a tendance à oublier que Sixpack France, la marque de fringues qui ne cesse de surprendre, est née dans les petites rues d’Avignon. Son fondateur, Lionel Vivier, a gentiment accepté de répondre à nos questions.

Sixpack France semble être une structure au travers laquelle vous touchez à tout ce que vous aimez : graffiti, musique électronique, voyage, vidéo, photo, mode… Si on vous demandait de décrire la marque, vous répondriez :

Je définis Sixpack comme une marque aux contours atypiques, qui puise ses influences dans mon parcours culturel personnel… J’ai toujours été attiré par
les contres cultures, mais aussi les cultures populaires “de masse”. Mon vœu avec Sixpack est de surprendre et d’insuffler une dimension émotionnelle.

Est-ce difficile de maintenir l’esprit du départ, issu de la culture de la rue et des courants underground, avec le succès que vous rencontrez aujourd’hui ?

L’évolution esthétique de Sixpack a laissé pas mal de clients sur le bas-côté, égarés… C’est le prix à payer… Malgré cela notre évolution reste cohérente.

Le QG de Sixpack France est-il toujours dans les parages ou avez-vous succombé à l’appel des grandes villes ?

La douceur de vivre du sud de la France est une source d’inspiration, mais j’aime plus que tout la violence urbaine des villes comme Paris…

Sixpack France ce n’est pas que des t-shirts, il y a désormais une ligne complète de vêtements. Peut-on s’attendre à de plus en plus grandes collections de prêt-à-porter dans le futur ?

Nous développons actuellement une gamme complète, libre de tout graphisme, essentiellement tournée vers le stylisme.

Pouvez-nous nous parler de votre projet “It Was On Earth That I Knew Joy” ?

Cela se veut un hommage au cinéaste Chris Marker. C’est un documentaire optimiste sur la mort, l’amour et la mémoire des images.

Vous avez publié un livre pour votre 10e anniversaire. Pensez-vous vous intéresser davantage à l’édition ?

L’édition s’est depuis, déjà, pas mal développée : nous venons de publier un livre de Jonathan Zawada, suivra un livre des illustrateurs Belge Hell’o Monsters !

Vincent Alran

Vincent Alran

Né le 2 janvier 1964 en Avignon, Vincent Alran a été depuis son plus jeune âge attiré par le jeu des couleurs et des matières. Élève au lycée Aubanel, puis étudiant à la faculté d’arts plastiques à Aix-en-Provence, il se tourne tout naturellement vers la peinture. Ses références artistiques sont multiples, mais il aime s’inspirer des techniques de peinture de Matisse, de Dufy et de Viallat. Bien que parisien depuis une vingtaine d’années, et très attaché au quartier Montmartre, il revient se ressourcer régulièrement en Provence.

Il privilégie l’acrylique tout en utilisant différentes techniques d’expression plastique : tout peut commencer par un choix de tissu trouvé au fond d’un tiroir ou acheté au marché Saint Pierre, à Paris. Un travail de placement du motif sur la toile, une recherche de couleur chatoyante et c’est toute sa peinture qui prend vie. L’histoire commence… Chaque toile est une véritable mise en scène.

Fasciné par le cinéma de Fellini, amateur de jazz des années cinquante, Vincent Alran aime peindre la femme, comme la Dolce Vita ou les Parisiennes d’Edmond Kiraz : une femme indépendante, sensuelle, un peu délurée et quelque peu provocatrice. Ce brin d’humour et cette impression de légèreté et d’insouciance transparaissent dans toutes ses toiles. Inspiré par le thème de la feria et de sa Provence natale, haute en couleurs, c’est un passionné, un amoureux de la vie et toute sa peinture s’en ressent. C’est aussi un perfectionniste qui peut passer beaucoup de temps à privilégier un trait : le penser, le poser, telle une écriture. Chaque touche est mûrement réfléchie. Comme une signature, le texte est la ponctuation du tableau, la touche finale.

Xavier Spatafora Artiste Plasticien

Xavier Spatafora

Son nom vous dit peut-être quelque chose… Bien qu’il n’expose son travail que depuis peu, Xavier Spatafora est présent dans le monde artistique avignonnais depuis plus de 10 ans. Rencontre avec un artiste atypique.

Son parcours. Né à Nouméa le 26 juillet 1973, Xavier Spatafora s’envole pour la métropole en 1975. Après une enfance passée à bricoler, à dessiner et à modeler, il intègre l’École d’Art d’Avignon en 1993. Bien plus qu’une école, ce grand laboratoire, lieu magique, lui apprendra les possibilités quasi infinies de la création.


Artiste pluridisciplinaire. Spatafora ne s’impose pas de limites quant à l’expression de ses idées. Dès sa sortie d’école, il décide d’explorer ses pensées en tant que chanteur et auteur au sein du groupe “Loutky”. Durant six ans, il profite de ses concerts pour expérimenter ses passions artistiques. Sa production diversifiée et sa résistance à une catégorisation créative, fait de lui un artiste surprenant. D’ailleurs, il s’éloigne des outils traditionnels : exit les beaux pinceaux, il préfère utiliser des objets de tous les jours et des supports dénichés dans la nature… urbaine ! Des matériaux patinés par les années qui ont un lien direct avec le thème central de son art, celui du temps.

“Je me considère comme un sculpteur du temps. Pas physiquement, mais sur un plan philosophique, à travers l’écriture, la peinture, le dessin, la vidéo…”

Réchauffement artistique au stylo Bic. À une époque surnumérique, où l’image la plus courante fait trois centimètres par trois et se retrouve en haute définition sur un écran de téléphone portable, il est intéressant et rafraîchissant de découvrir un visuel qui s’impose par sa taille, qui est de l’ordre de l’illustration et qui est réalisé par l’outil premier de l’homme, une main. C’est sur d’immenses couches empilées d’affiches publicitaires, successions d’événements et marquage matériel du temps, que l’artiste travaille. En s’approchant de plus près, on peut y découvrir une multitude de détails qui rappellent l’infini. “C’est quelque chose de très grand dans lequel il se passe énormément de choses.” À l’aide d’un outil riche de symboles, un stylo Bic Crystal, il intègre à sa toile urbaine un dessin figuratif, hyper réaliste. Peu coûteux et idéal pour travailler le clair obscur, le stylo-bille le plus vendu dans le monde rappelle l’objet commun, le jetable. On dirait que l’artiste essaie de conjurer l’extinction d’espèces menacées en faisant apparaître les animaux en voie de disparition sous ses traits de stylos. Comme des ombres, les formes fantomatiques témoignent de la fragilité de l’écosystème et de la fatalité des animaux face à nos actions. Belle image que de voir s’abriter discrètement les victimes de la déforestation à même la cause principale de ce fléau : le papier destiné à une société de consommation. Impossible de ne pas s’émouvoir devant la vérité de ces œuvres poétiques qui prennent tout leur sens lorsqu’on les contemple vraiment.

Des dessins sur des murs d’affiches à des peintures abstraites colorées sur du métal rouillé, en passant par l’écriture, la musique ou la vidéo, l’univers éclectique de Spatafora sollicite des thèmes liés à la nature, au temps qui passe et à l’empreinte de l’Homme sur la Terre. On sent, à travers son travail, un souhait de rupture avec le rythme incessant du monde, avec l’abondance d’information et la multiplication des images. Spatafora. Il faut retenir ce nom.

Irosaki Graphiste Plasticien

Irosaki

L’univers graphique d’Irosaki interpelle celui ou celle qui prend le temps de le contempler et de le comprendre. Vision sombre de notre civilisation, message pictural à décrypter, manipulateur ?…
Mais Irosaki, c’est qui, c’est quoi ?

Philosophie

À l’origine, Irosaki, c’est la signature d’un projet artistique intitulé “ecographism” visant à développer une approche logotype de l’image. Un univers pictural épuré et codifié qui ne perd jamais de vue le sens caché du symbole. Une échographie d’une société marketing où l’homme croule sous un bombardement incessant d‘images en tout genre. Irosaki, c’est aussi le pseudo de son auteur, graphiste plasticien vivant
près d’Avignon. Un pseudo né de la fusion entre les termes Hiroshima et Nagasaki. Deux événements qui ont bâti les fondations du pouvoir à la fois créateur et destructeur du génie humain. Une ambivalence que le graphiste met en scène dans ses compositions, une rivalité accentuée par les forces opposées du noir et du blanc, ses deux couleurs – ou valeurs – de prédilection. Irosaki aime ce qui est simple et efficace.
Animé par le besoin de créer et d‘expérimenter, il sculpte ses visuels pour n’en retirer que l’essence. Il utilise les outils technologiques pour développer ses concepts et les transpose sur des supports divers à l’aide de découpe vinyle, de pochoir, de marouflage et autres techniques expérimentales…

Revolution Art

Engagées et résolument ancrées dans notre époque, les oeuvres d’Irosaki s’inspirent du désordre actuel, abordant des sujets comme la guerre, le pouvoir, les virus, la consommation de masse ou les rapports homme/animal. Ses images ont pour but de nous interpeller, parfois de manière très ludique avec la création d’un t-shirt façon “Spencer Tunik” pour l’association “Aides”, parfois de manière plus brutale avec par exemple, ces hommes/munitions ravitaillant le chargeur d’un kalachnikov. Rendre esthétique ce qui n’est pas éthique, jouer sur le double sens, les visuels d’Irosaki sont porteurs d’une réalité fracassante.

Occuper l’espace

Les oeuvres ne sont pas aussi anonymes que leur auteur. Elles aiment se mettre en avant au cours d’expositions, de concours graphiques ou sur les t-shirts de la marque “Cobaye” qu‘il a fondé avec un ami (clothink.com). Investir totalement un lieu et participer à des projets hors du commun ne lui fait pas peur. L’été dernier, à l’occasion d’une installation temporaire, Irosaki a eu carte blanche pour scénographier et customiser le “Bar du Festival Off” à l’Espace Jeanne Laurent. Il oeuvre également aux côtés de ses amis du collectif artistique “Carambolages” (Rinaldi, Guillaume Boivin, STF, Wide et Lod).

Mais peut-être avez-vous déjà remarqué un de ses collages dans la rue ? Trois singes de laboratoire coiffés d’antennes wifi qui interpellent le passant : “L’espèce est-elle humaine?”. Une phrase qui résume assez bien les pensées d’Irosaki. L’homme, au sommet de sa connaissance et à la fine pointe de la technologie, paradoxalement, n’a jamais été aussi primitif et meurtrier. S’inspirant des faits marquants d’un certain déclin de l’humanité, Irosaki n’est ni un fataliste, ni un pessimiste, mais un concept visuel engagé. Ces oeuvres explicites choquent ou charment, questionnent ou dénoncent, mais ne laissent jamais indifférente la personne qui les croise. Assez écrit. Laissons parler les images…

Pour commander des oeuvres ou pour plus d’infos, contactez Irosaki sur irosaki.com // 06 47 59 38 76

Les Treize Desserts Tradition Provençale

Les Treize Desserts Tradition Provençale

Selon la tradition, une table provençale doit être dressée sur trois nappes blanches, avec trois bougeoirs, symbole de la Trinité, et l’assiette de blé de la Sainte Barbe, symbole du renouveau, sont disposés alors les Treize desserts, évoquant le Christ et les douze apôtres, lors de son dernier repas : la cène.

Jésus, personnifié par la pompe à huile du côté d’Aix ou la fougasse à Avignon et à Arles. Autour de lui les quatre mendiants : noix ou noisettes, amandes, figues sèches et raisins secs représentent, par leur couleur, les habits des moines appartenant aux quatre ordres religieux ayant faits voeux de pauvreté : augustins, carmes, franciscains, dominicains. Le nougat blanc et le nougat noir incarnent les pénitents noirs et blancs.
Les oranges et dattes rappellent l’Orient : l’origine des rois mages. S’ajoute des fruits confits ou de la pâte de coing selon la région (calisson d’Aix, fruits confits d’Apt). Ainsi que quelques fruits frais : Melon de Noël (appelé verdau), pommes et poires.
Ces treize desserts seront accompagnés d’un vin cuit. Il existe quelques variantes.
Chaque famille apporte un peu sa touche personnelle dans le décor, la présentation.
Cette tradition qui perdure depuis des décennies traverse les âges sans une ride, car à chaque époque son style.

Un exemple de table de Noël, très tendance, inspiré par l’Atelier-Galerie du peintre John Gormsen.

Isoline Fontanille / Maître Santonnier de Père en Fille

Isoline Fontanille

C’est à Pujaut que nous avons rencontré Isoline Fontanille. Après avoir fait ses études d’art plastique à Aix-en-Provence, elle se dirige tout naturellement vers le travail de santonnier, un métier qu’exerçait déjà son père par passion. Cela fait maintenant douze ans qu’elle façonne des santons en argile d’une taille variant de neuf à douze centimètres.


Pleine d’entrain et d’une grande sensibilité artistique, elle sait donner une touche de modernité à ses santons, tout en respectant les scènes et personnages traditionnels de la crèche provençale.

Avec minutie, elle s’applique à faire vivre chacun de ses santons qui ont tous une identité propre : chaque détail est mûrement réfléchi; chaque couleur est choisie avec une extrême justesse.

Son secret réside entre autres, dans le fait qu’elle emploie pour peindre des pigments naturels : la lumière est alors mieux captée et donne au santon un aspect à la fois mat et velouté. En les observant, on a l’impression qu’ils prennent vie. Les expressions de leur visage sont si finement travaillées que l’on perçoit totalement leur émotion. Les plissés, dentelles et boutis des costumes sont d’un parfait réalisme. Ses santons évoluent au fil du temps, les positions changent : le chasseur de lapin devient chasseur de grives; la vieille Arlésienne debout, s’assoit pour porter au creux de sa main les offrandes que l’on donne au nouveau-né. Chaque santon a son histoire : le gardian à cheval, le sourcier, la « ravie », la marchande de brousse… Isoline crée de nouveaux personnages tous les ans. Cette année, ce sera Frédéric Mistral, Saint Jacques de Compostelle, le Vagabond, la poissonnière et bien d’autres; ainsi que de nouvelles scènes, des animaux comme des chèvres, taureaux, flamants roses, ânes, béliers, lapins…

N’hésitez pas à rencontrer, sur les marchés, cette artiste : vous pourrez notamment retrouver Isoline au marché de Noël en Avignon. Pour vos commandes, elle fait aussi de la vente directe tout au long de l’année.

Valérie Micheaux / Sculpteur & Peintre en Décor du Patrimoine

Valérie Micheaux

Valérie Micheaux fait partie de ces personnes talentueuses qui impressionnent par leur diversification artistique. Elle passe d’un univers de restauration et de reconstitution de décors du patrimoine à la décoration d’intérieur ou, dans un tout autre univers, à la création de sculptures ludiques…

Peut-on commencer par dire que vous êtes une vraie “touche-à-tout” ?

Oui, à une condition absolue : qu’il soit complété par ‘‘passionnée-animée-par-ledésir-de-devenir-spécialiste’’, bref d’être en tension vers la maîtrise et pourquoi pas l’excellence. Je suis dans une quête perpétuelle d’absolu, animée par un souffle intérieur qui invite au renouveau.

Quand avez-vous débuter la sculpture de métal ?

Rencontrer le métal a été une rencontre personnifiée, premier janvier d’une année charnière : 2006, Paris, le ciel gris et concentré. Une rencontre comme programmée depuis longtemps dans un endroit mystérieux de ma vie (à l’âge de 14 ans, je voulais passer un CAP de ferronnerie d’art). Mes premières ventes aux côtés du magnifique travail de Eberhard Linke, grâce à un galeriste qui a repéré mon travail. Pause de deux ans pour ma formation de Peintre en décor du Patrimoine en l’Ecole d’Avignon. Puis Arles, qui m’invite à exposer. Aujourd’hui, généreusement accueillie dans l’atelier du ferronnier d’art Laurent Labat, je suis rentrée dans un réel approfondissement en terme de savoir-faire (savoir-fer). Cette matière me séduit toujours plus et m’apprend à être profondément à l’écoute de mon ressenti pour en faire une alliée. Elle est envoûtante par la relation qu’elle entretient avec le feu : la forge, les
étincelles, la fusion …

Les animaux sont une source d’inspiration importante pour vous ?

Oui, une source d’inspiration infinie : c’est le thème de la Vie. Si j’ai passé une agrég de sciences, c’est parce que je suis admirative de la beauté, l’inventivité et la perfection de la nature. Voyez la place faite aux animaux dans l’histoire de l’humanité : Egyptiens, chamans, textes bibliques, symboliques et légendes médiévales, contes enfantins, ils sont partout et sont riches de significations passionnantes.

Vous arrive-t-il de réaliser des commandes spécifiques pour des clients ?

Oui, s’opère alors une magique alchimie, par la confiance totale du client pour l’artiste et l’écoute sensible de l’artiste pour le client. Il y a quelque
chose de hautement précieux pour moi, humainement, dans la rencontre avec cette personne qui, par son coeur, honore véritablement mon travail. Il est
cependant vital de créer pour créer, de façon pure, de façon libre.

Quels sont vos projets futurs : expositions, projets de restauration, créations, installations…?

Une première pièce qui s’apprête à partir à la fonderie de bronze, pièce particulière, car annonçant l’évolution de mon travail vers le mythe et le rêve.
L’original est déjà réservé par un autre grand personnage de l’art dans le Vaucluse. Je travaille sur un projet pour les jardins, mais il est trop tôt pour en parler. Je restaure des peintures murales de la chapelle de La Bastide des Jourdans. Je suis aussi habitée par la joie de travailler dans le sacré…et espère redonner, à mon humble mesure, un peu de sens à ce monde en perdition, qui a oublié ce qui est sacré. Chantier-Atelier-chantier-Atelier…
Savoir laquelle de mes deux activités est l’inspiration ou l’expiration, c’est un mystère pour moi-même que j’admire juste et je savoure.

Où peut-on admirer vos sculptures dans la région ?

Pour moi qui apprécie peu les sentiers battus, un grand homme d’Avignon, talentueux et exigeant, à l’oeil affûté : Gérard Guerre, m’a fait le cadeau d’inviter mon travail dans sa galerie d’antiquité. Il a perçu immédiatement que mes oeuvres résonneraient avec ses sélections d’objets précieux, de miroirs anciens et délicats. C’est comme s’il avait senti mon amour pour le patrimoine sans même savoir que mon autre métier consiste en la restauration des peintures murales anciennes.

Coordonnées Contact :
Valérie MICHEAUX
www.valeriemicheaux.com
www.afleurdemur.com

Laurent Durier / Peintre

Laurent Durier

Meubles actuels, luminaires grandioses, tissus précieux, objets aux lignes parfaites… C’est dans un écrin résolument contemporain que nous allons à la rencontre d’un des derniers artistes à s’être installé dans la cité papale. Rencontre avec un homme de goût qui créé et s’entoure de belles choses…

Le Grand Déclic

Dès que l’on rencontre Laurent Durier, on ressent son profond amour pour l’art. Et pourtant… Bien que ce dernier peigne depuis l’âge de 8 ans, ce n’est que très tardivement, après ses études de pharmacie, de droit, d’histoire de l’art puis de notariat, après avoir exercé le métier de notaire durant trois ans, après toutes ces tentatives “de vie normale”, qu’il abandonnera tout pour se dédier entièrement à sa passion, la peinture. Est-ce que ce sont les encouragements de sa femme ou le temps de réflexion qui lui ont fait accepter l’évidence ? Mystère. Ce que l’on sait en revanche, c’est que Laurent Durier manquait sérieusement d’idées pour se convaincre qu’il n’était pas destiné à affronter ce qu’il y avait au plus profond de lui, son envie de créer.

Artiste International

Les premières oeuvres de l’artiste se font rapidement remarquer par un galeriste lyonnais et seront rapidement exposées dans plusieurs galeries de France et des États-Unis. Le secret de ce succès ? Laurent Durier n’attend pas paisiblement l’inspiration : il la provoque ! De nature rigoureuse, il passe de longues heures et s’acharne afin d’obtenir quelque chose de profond… “Ce n’est pas toujours facile, pas toujours du plaisir de peindre.” À force de repousser ses limites, de jouer avec les textures et les matières, ses expériences l’ont amené par hasard, à déjouer les lois de la nature en mélangeant
huile et eau. En effet, il a découvert une technique mixte, alliant peinture à huile, acrylique et résine à l’eau, le tout mélangé de pigments et de poudres de métaux oxydés par des acides. Le résultat est surprenant : les couches successives de glacis superposées font ressortir les couches supérieures pendant que l’oxydation du cuivre laisse apparaître des teintes bleutées, donnant une profondeur et une certaine transparence à l’ensemble de ses œuvres.

Autant dans la forme que dans le fond, l’artiste est pudique et choisit de ne pas tout dévoiler. Ayant comme thématique de départ le corps et le mouvement, il explore un sujet très complexe, celui de l’homme, de ses relations humaines et plus particulièrement de la complémentarité homme-femme. Abstraites et figuratives, ses œuvres portent un regard sur le fait de porter des masques pour se préserver du regard des autres.

“Je travaille beaucoup sur cette idée que les gens jugent la première image. La quasi-obligation de conformisme et de mimétisme tend vers une standardisation inquiétante. Être soi, tout simplement, être stable, rester droit, apparaît alors comme un véritable combat au milieu de la foule.”

La grande sensibilité musicale de Laurent Durier est complémentaire et essentielle à son processus de création. Il travaille en ce moment sur une série, où les pinceaux sont remplacés par des secousses infligées aux toiles : les matières sont alors fixées par des vibrations. Tel un chef d’orchestre, l’artiste donne le tempo alors que les matières créent, tout comme les musiciens, la magie de la composition. Bien qu’il maîtrise le geste, le résultat est toujours une surprise et ne dépend pas de lui.

“Je travaille beaucoup sur cette idée que les gens jugent la première image. La quasi-obligation de conformisme et de mimétisme tend vers une standardisation inquiétante. Être soi, tout simplement, être stable, rester droit, apparaît alors comme un véritable combat au milieu de la foule.”
Autant dans la forme que dans le fond, l’artiste est pudique et choisit de ne pas tout dévoiler. Ayant comme thématique de départ le corps et le mouvement, il explore un sujet très complexe, celui de l’homme, de ses relations humaines et plus particulièrement de la complémentarité homme-femme. Abstraites et figuratives, ses oeuvres portent un regard sur le fait de porter des masques pour se préserver du regard des autres.

Et comme le talent frappe souvent plus d’une fois la même personne, Laurent Durier est également très créatif lorsqu’il s’agit d’architecture intérieure. “Je n’ai pas envie de me priver de rien. Composer une toile ou un décor fait appel aux mêmes choses, aux mêmes sens.” Par l’intermédiaire de son magasin, Lignes Contemporaines, il propose une sélection de meubles design et aide ses clients à créer un univers qui leur corresponde. Bien qu’il éprouve un besoin viscéral de se retrouver face à ses toiles, c’est également dans l’échange, le partage et les rencontres humaines qu’il puise son équilibre.

À peine 10 ans de carrière de peintre et déjà tout un bagage artistique derrière lui, Laurent Durier prouve que c’est vital de faire ce qu’on aime, ce qui nous inspire. Ses œuvres touchantes, petits moments arrêtés sur des scènes de la vie, rappellent que pour vivre pleinement, il faut avoir le cran d’être soi et le courage d’être vrai.

Un Obny Parmi Nous

Obny

propos recueillis par Ugo

Si le public local tarde malheureusement à découvrir les pointues et envoûtantes compositions de l’Avignonnais Olivier Boni, alias Obny, le 7e art a quant à lui déjà reconnu la force du DJ. Ses remix et ses prestations live ont été encensés par la critique et ses projets sonores sont des événements attendus dans le milieu de l’électro. À l’occasion de son troisième album ‘‘2009’’ sorti en juin dernier, le DJ – producteur – compositeur, petit génie de la musique techno, a accepté de répondre à nos questions…

Pour ceux qui ne connaissent pas encore Obny, pourrais-tu te présenter ?

Mon parcours musical est assez simple : j’ai joué en groupe comme compositeur et guitariste durant une dizaine d’années dans différentes formations (Caédéré, Varez, Talitaha, Lastwind) où j’ai pu aborder différents styles (cold wave, punk, funk rock, jazz, trip-hop et techno). J’ai décidé de travailler seul et de produire mes propres musiques sous le nom d’Obny en 2003 : une envie de musique électronique, de travailler des productions dans mon home studio et de sortir des albums. Des artistes comme Tricky, Prodigy, Amon Tobin, Aphex Twin, Squarpusher m’ont marqués à cette époque-là . J’ai démarré ma propre expérimentation avec une première démo 5 titres, très bien accueillie par la presse nationale, et j’ai poursuivi ensuite par un premier album ‘‘Operastral’’ distribué par ‘‘labaleine’’ au niveau national. Parallèlement, j’ai accroché avec un label étranger pour composer des musiques de film et plus particulièrement des bandes-annonces. J’ai vendu des titres en France à koka/BMG et en UK/USA à pp-music pour le dernier James Bond video game trailer.

Tes visuels de jaquettes sont toujours très artistiques : quel est ton lien avec l’image ?

Mon lien à l’image est indispensable, le cinéma, le graphisme, la danse, le théâtre sont pour moi autant de sources inspiratrices. Il m’arrive assez souvent d’imaginer ce que peut être ma musique en image avant même d’avoir fini de la composer. Je prends le temps de penser un visuel de pochette, une installation sur scène, un light show… J’avais mis en scène danseuses et comédiennes sur le live de mon premier album ‘‘Operastral’’ : le public était plongé dans le noir, les yeux bandés, en introduction du set puis ils quittaient leurs bandages sur le premier titre ‘‘ouvres les yeux’’ et ils découvraient l’installation… Les gens ont vraiment aimé ! Aujourd’hui, j’ai la chance d’avoir un travail graphique de très grande qualité pour mes pochettes, c’est Joolz (Joolz .fr), ancien membre du collectif ‘‘dose-productions’’ (qui a créé mes premières pochettes), qui me conseille et réalise ! Je souhaiterais travailler sur un clip Obny, mais le live de mon nouvel album ‘‘2009’’ me demande déjà beaucoup de travail.

Quelles ont été tes inspirations pour ce troisième opus ?

Aucune en particulier, mais plusieurs en même temps. J’avais une vraie envie de composer dans un esprit live pour faire danser tout en en préservant une recherche harmonique et une production pouvant parfois rappeler certains titres des années 80/90. Je me suis imposé une contrainte : définir un tempo qui soit le même pour tous les titres, tout en essayant de varier suffisamment pour ne pas être linéaire. J’ai décidé de poser ma voix sur les titres, sans doute le désir de travailler avec moins de voix samplées et de rendre l’ensemble plus personnel. Le résultat trouve sa vraie dimension sur scène !

Tes albums se suivent, mais ne se ressemblent pas… ‘‘Asiamoon’’, ton second album était plutôt sensuel, japonisant tandis que ‘‘Obny 2009’’ est un peu plus pop et core…

‘‘Operastral’’ est très riche, il contient beaucoup de matières sonores et mélange les instruments joués aux sons électroniques. Mon second opus ‘‘Asiamoon’’ est effectivement plus sensuel, plus intimiste avec pour fil conducteur un travail sur les sonorités asiatiques. J’ai passé beaucoup de temps
à travailler les cordes d’instruments traditionnels, à découvrir l’univers de la danse Buto… ‘‘2009’’ tranche et c’est voulu : tout en sonnant Dancefloor, certaines mélodies référent indirectement à la coldwave. J’ai trouvé une nouvelle énergie, j’aime l’idée du changement et d’une certaine prise de risque, c’est très excitant !

Sur quoi travailles-tu en ce moment, quels sont tes projets futurs ?

Actuellement, je travaille sur le live ‘‘2009’’ que j’ai déjà joué quelques fois, je le peaufine et écrit le light show. J’ai fait appel au DJ Producteur Akira (myspace.com/akiraelectronslibrese) pour jouer avec moi sur scène, ne pouvant pas tout assurer seul. Notre collaboration est fructueuse et rend le live très vivant.

Mes projets futurs sont de faire tourner ce live au maximum : le public accroche, donc il faut persévérer et jouer dans de grandes villes. J’ai également pour projet de monter ma boite de Sound-designer en 2010 pour démarcher des agences de pub sur le web et des compagnies de danse et de théâtre. Mes quelques musiques placées à l’étranger sont une bonne vitrine pour espérer défendre une qualité de composition et d’habillage sonore en France. Et si le temps me le permet, un nouvel opus pour 2010 ! J’ai quelques idées quant au climat de ce prochain album…

Joris Brantuas / Peintre

Joris Brantuas

Joris Brantuas, un jeune artiste Avignonnais diplômé des Beaux Arts de Nîmes, vous présente son travail, vous décrit ses inspirations… Le résultat ressemble à ses peintures : c’est coloré, décalé, enfantin et parsemé d’humour.

“J’aimerais une boule de marron et une boule de mauve, avec de la chantilly et un coulis de framboise s’il vous plaît monsieur : nous courons tous après des fantômes, le tout c’est de s’en apercevoir. Après je peux commencer à peindre. Personne ne pousse un peintre à remplir une surface blanche, dans quel but…

Une peinture a-t-elle une autre utilité que d’en avoir aucune? Il suffit qu’elle tienne au mur, sur un clou, une cheville, une vis ou un crochet. Après il est possible de boire un grand verre entre amis avec beaucoup de jaune. J’adore le jaune. Du bleu et du rose, du jaune et de l’orange, un peu de vert et du saumon, les meilleures palettes de couleurs sont dans les magasins de bonbons et de sucreries, ça pique les yeux. Quand je ne sais pas quoi peindre, un petit tour, quelques bonbons et ça repart comme par enchantement. Le chant des oiseaux m’enchante toujours plus que celui de ma voisine qui râle. En parlant de sucreries, j’aime Fragonard, car devant ses toiles je salive, je découpe un morceau que je suce à loisir laissant libre cour à mon imagination. La meringue, les pâtisseries, les choux à la crème sont fragonardiens comme les Indiens d’ailleurs, n’est-ce pas?

Na na ni ni ni na na na na li la la li li li li la la ni ni na ni na la nanila la la la la la lala laaaaa la li la li li la laaaaaaaaaa na ni n i ni ni na la la li, na na na na nérree. Ce paragraphe sert de remplissage. Ne sachant quoi écrire, j’allonge le texte. Tout est une question de longueur et de taille. Il suffit d’allonger toute chose pour qu’elle devienne plaisante et jouissive : le café, les cheveux, les billets, les voitures, les bouteilles d’eau minérale et également les vacances ou les sucettes en taille XL. Tout n’est que fantasme. L’aura des choses naît du fantasme et d’aucune réalité. Saint-Tropez, trop de pets pour être honnête. Seulement un modeste village de pêcheurs rempli d’une certaine grâce naturelle, de talons aiguilles, de muscles rugissants, un peu de silicone, mais pas trop, et surtout des grosses cylindrées. L’art est sûrement du même acabit. Quatre bouts de bois, une toile récupérée, un coup de baguette magique et de poudre de perlimpinpin, de la bave de grenouille et nous obtenons après l’interminable roulement de tambour qui résonne toujours, la quintessence de l’objet dans son accomplissement le plus absolu : l’oeuvre d’art. Les nuages ont des contours doux alors je peins des formes douces et souples.

C’est bon, j’ai dépassé quatre cents mots nécessaires à cet article. Avant de conclure par un gros point final, je vous souhaite une agréable journée, ou soirée selon l’heure à laquelle vous aurez LIVE magazine entre les mains, vive Avignon

Joris Brantuas