Collection 08.09

Souvent collées là où l’on ne s’y attend pas, au détour d’une rue, sur un pont, la rencontre est imprévue, jamais intentionnelle. Ces affiches se profilent sur les murs de la ville provoquant ainsi une série de questions. Mais qu’est-ce que c’est ? À quoi servent ces affiches, à qui sont-elles destinées ? Qui en est l’auteur et quel est le message qu’il souhaite véhiculer ?

Deux jeunes Avignonnais sont à l’origine de ce projet artistique au charme ambigu. Le concept ? Chaque mois, jusqu’en août 2009 (en référence à « Collection 08.09 »), ils produisent individuellement de l’art à caractère pictural et photographique, sous un format d’affiche publicitaire, et en font la diffusion sur la scène urbaine d’Avignon. Deux visions réunies et exposées aux mêmes endroits pour le plus grand plaisir des amateurs de streetart. C’est une interprétation collective entièrement libre où les rues deviennent un laboratoire qui accueille des créations visuelles anonymes et en perpétuel renouvellement.

Justement, la beauté de cet art urbain réside dans son mystère et la parcimonie de l’information transmise. Dans un monde de surconsommation, assailli par une multitude de publicités, ces affiches, aérées et simples, procurent un réel sentiment d’évasion teinté de confusion. Cette démarche, entièrement gratuite, non commerciale, devient une moyen de communication extrêmement fort par le simple fait qu’elle ne propose rien.

Ne pas avoir de message accroît la curiosité et l’intérêt des gens. « Collection 08.09 » permet à chacun de voir ce dont il a envie; loin de l’habituel « préconçu », « prépensé », ces propositions artistiques laissent perplexe. C’est le retour à la libre pensée dans l’urbanisme avignonnais. Proposant un regard sur un autre monde, ces quelques centimètres carrés de visuel décalé s’inspirent du dessin et du graffiti; ils jouent sur les contrastes stylisés et les formes. Voilà un geste artistique qui permet de retourner en enfance car, une fois que vous apercevez ces affiches, commence un jeu très amusant de les rechercher un peu partout dans la ville : une chasse au trésor ouverte à tous !

Que les sceptiques et autres citoyens du monde qui persistent à croire que ces affiches ne sont que du vandalisme, sans but précis, soient rassurés : malheureusement, grâce au service impeccable de nettoyage de la Ville d’Avignon et aux intempéries de Dame Nature, elles ont une durée de vie très limitée en intramuros ! D’ailleurs, c’est cet aspect éphémère, temporel, voire fragile, qui enjolive la démarche des auteurs à laquelle nous devons cette belle intervention urbaine. Alors, la prochaine fois que vous irez arpenter les rues de la ville, ayez l’oeil attentif…

Au diapason avec son époque, cette forme de streetart s’inspire du graffiti, du dessin, du graphisme, de la photographie numérique… Depuis les années 80, plusieurs artistes, tous domaines confondus, ont contribué à faire reconnaître le streetart comme un réel mouvement artistique. Entre autres, les graffitis et les dessins du célèbre Keith Haring, les mosaïques de Space Invaders, les photocopies du « promotionniste » John Hamon, pour n’en nommer que quelques-uns, ont une reconnaissance artistique mondiale au même titre que les oeuvres d’un pianiste, d’un sculpteur ou d’un peintre…

Nous sommes loin des clichés d’un courant uniquement lié au monde « hip-hop ». Aujourd’hui, le streetart trouve sa place dans les galeries d’art, que ce soit pour répondre aux demandes de collectionneurs souhaitant saisir l’insaisissable ou à cause d’un réel intérêt pour les jeunes artistes urbains et de ce qu’ils ont à dire. Plus que jamais, le streetart inspire le monde de la mode, de l’édition, du graphisme et, surtout, du marketing. Cette forme d’expression urbaine n’a pas échappé à l’oeil attentif des médias. On l’utilise comme un moyen très efficace de communication en publicité; on parle même aujourd’hui de streetmarketing, véritable buzz dans le milieu promotionnel.

Contact : myspace.com/collection0809

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