Atelier de Francis Seguin-Massicard

Ce qui frappe à première vue quand on va à la rencontre du peintre Francis Seguin-Massicard, c’est son atelier baigné de lumière donnant sur un jardin verdoyant, en plein coeur d’Avignon. Coupé du monde, c’est un endroit propice à la création et aux confidences…

À l’inverse du cliché de l’artiste forcément bohème, chez lui tout est blanc, propre et bien ordonné malgré les cinq à six cents toiles et quelque deux mille dessins qu’il abrite. La structure, le manque de fioritures et les tableaux minutieusement rangés cachent en réalité tout un monde d’émotion. Francis Seguin-Massicard nous rappelle qu’il faut se méfier des apparences et ne pas se fier aux premières impressions… En se promenant à travers l’atelier, on est rapidement confronté à une foule de visages et leurs regards imprégnés de toutes les choses qui font la vie : l’angoisse, la tristesse, la sérénité, le bonheur. Bien qu’il peigne des portraits imaginaires, l’artiste rappelle que la vie nous permet de faire des rencontres extraordinaires qu’on ne sait pas
réaliser vraiment. Ces oeuvres nous confrontent à l’importance d’abandonner les artifices afin de découvrir l’essentiel.

L’artiste a pour fil conducteur le corps humain et le visage. Son imaginaire s’en tient à ces deux expressions, les seuls sujets qui motivent sa création. “C’est le regard qui donne l’expression, à travers celui-ci tout existe.” En effet, l’oeil, la porte d’accès à l’intérieur de l’être, est toujours le point de départ de son travail. Obscurs et très profonds, les yeux sont fidèles aux couleurs de prédilection de ce peintre de l’émotion. Plus Seguin-Massicard avance dans la vie, plus il ressent le besoin de se dépouiller de tout et d’avoir un minimum de matériaux pour s’exprimer. En réduisant au noir et blanc, il se libère de toute une palette de couleurs et de tout un matériel lourd qui ne sont en réalité pour lui, que de la décoration. Riches de sens, tant sur le fond que la forme, le noir et le blanc servent à exprimer avec subtilité, délicatesse, et parfois violence, l’opposition dans ses tableaux. Pour ce faire, l’artiste explore les possibilités infinies de teintes : un blanc cassé de pierre, une touche de bleu dans un blanc immaculé, un peu de nacré dans les noirs et tous les dégradés de gris… La profondeur, la fragilité et la sensibilité de ses visages virils se retrouvent dans les nuances. Bien que le graphisme soit très précis au départ, il gagne de la liberté par la gestuelle des traits et du mouvement par la rapidité d’exécution.

Francis Seguin-Massicard travaille actuellement sur une série intitulée “Dans l’Infini Du Blanc”. Un titre qui laisse aussi songeur que ces antiportraits qui fascinent et nous invitent à découvrir l’Homme.

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