9 juin 1963 Gliwice (PL) - 2 août 2008 Grenzach (DE)

Emmanuel Tadeusz Marek Michalski

Sa vie brève fut digne d’un roman épique. Né en Silésie polonaise, d’une mère ukrainienne et d’un père canadien, il grandit dans une famille aux valeurs universalistes captives du régime soviétique. Son père, aveugle et érudit, lui transmet la lumière et l’irrépressible goût de la liberté. A vingt ans, Tadeusz déserte l’armée rouge, passe clandestinement le rideau de fer avant de s’engager dans la résistance contre les soviétiques en Afghanistan. Blessé, il gagne Vienne puis le Canada où il obtient son magistère de théologie à l’Université de Toronto. Puis il entame un tour du monde initiatique, réactivant le mythe du Juif errant : judoka à Kyoto, guide dans le Sinaï, philosophe à Athènes, mais fondamentalement chanteur partout où sa voix peut toucher des cœurs.

Depuis une quinzaine d’années, avec la régularité des oiseaux migrateurs il investissait au printemps puis à l’Automne, la place du palais des Papes ou le parvis de la Cathédrale d’Arles et chantait la musique du monde pour un public ébahi devant le mystère d’une incarnation héroïco-mystique. Seul, improbable colosse planté aux marches du Palais, dos aux lamentations, il portait sa voix forte et juste d’artiste prophétique. Là, il psalmodiait en toutes langues les airs du monde, nimbant le Palais sublimé des accents épars de sa mémoire universelle.

Son grand cœur s’est subitement éteint sans pour autant le trahir : son espérance était par-delà.

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