Jérôme Cosh

Vous ne le connaissez peut-être pas, mais il y a fort à parier que vous avez déjà croisé les créations visuelles de Jérôme Cosh à maintes reprises. Rencontre avec un graphiste et un illustrateur de talent.

Pourrais-tu te présenter et raconter ton parcours à nos lecteurs ?

J’ai 35 ans, je suis graphiste depuis plus de 10 ans, en free-lance depuis 3 ans. Je suis revenu sur Avignon en 2000 après mes études sur Paris et Montpellier. En 2004 j’ai co-créée le studio de design “Les Deux Oiseaux”. En 2007 après cette belle aventure je me suis installé en free-lance ce qui m’a permis de développer mon réseau professionnel. Depuis quelques mois je m’investis dans la création d’une nouvelle entité : “SecondBuro”. C’est une formidable opportunité, j’ai eu la chance de rencontrer mon «associé» qui m’offre les moyens dont j’ai toujours rêvé pour travailler.

Travailles-tu pour une boîte de communication en particulier ou es-tu en freelance ?

Les deux ! Mon réseau est large : agences de communication, entreprises,
associations, etc.…
Aujourd’hui je consacre beaucoup de temps à “SecondBuro”, c’est ma priorité. Je suis entouré de personnes compétentes, il existe une vraie synergie et une belle énergie dans cette équipe !

La mode, l’art, le design, la musique, la restauration, la viticulture, l’édition… À travers ton métier, tu sembles intervenir auprès de tous les domaines professionnels et artistiques. Est-ce qu’on peut dire que tu es un graphiste curieux ?

Je pars du principe qu’un créatif doit pouvoir s’exprimer dans tous les domaines. Les secteurs d’activité avec lesquels je travaille sont très différents les uns des autres, ce qui m’évite la routine et l’ennui. J’enrichis mes connaissances, je découvre des univers ; il n’y a pas de limites à ce métier alors j’en profite.

Quel que soit le domaine, une bonne communication visuelle est essentielle aujourd’hui selon toi ?

Oui, bien sûr ! Après, tout est relatif, tout le monde n’a pas la même définition de « la bonne communication ». Le rôle du communicant est de servir les intérêts de son client, de lui apporter la meilleure réponse. Elle doit être pertinente et cohérente. Il faut une alliance du design et de la recommandation stratégique. Quand le client accepte cette règle, le résultat est souvent satisfaisant pour les deux parties. Lorsqu’il joue le rôle du communicant en revanche, le résultat est souvent médiocre et décevant. Je pense donc qu’une bonne communication est réalisable si nous sommes dans l’échange, le respect des compétences et l’écoute.

Tu travailles beaucoup avec des entreprises locales. Est-ce qu’il est difficile, en tant que graphiste, de travailler avec des sociétés d’ailleurs, françaises ou étrangères ?

Non je ne pense pas, c’est une question d’opportunités. En ce qui me concerne, je ne suis pas un commercial donc je fonctionne beaucoup par le bouche à oreille, mon réseau puis internet, donc c’est assez aléatoire. En ce moment par exemple je travaille sur un projet à Marrakech avec une agence de Nice. Depuis dix ans j’ai eu des clients un peu partout en France et à l’étranger…

Où puises-tu ton inspiration ?

Comme beaucoup de graphistes ou autres créatifs, je pense que nous sommes des ‘‘éponges’’ et que notre inspiration est nourrie par une multitude de choses. Le brief de départ est primordial ensuite j’utilise des petites astuces qui vont me donner les idées. C’est un peu différent quand il s’agit de projets plus personnels où j’exprime mes idées d’une manière plus intime, plus ‘‘libre’’. Il arrive d’allier les deux, mais c’est assez ponctuel. Donc je n’ai pas de processus prédéfini, j’essaie simplement de raconter une histoire…

Tu t’impliques beaucoup, aussi bien bénévolement que graphiquement, dans les événements culturels d’Avignon (festival Résonance, MAC’A…) . Que penses-tu de la scène artistique et musicale de la ville ?

Cette ville a un potentiel, à mon avis il n’est pas assez ou mal exploité. Il y a d’un côté les idées, les talents et de l’autre le manque d’infrastructures et de moyens. Beaucoup de projets restent stériles ou tombent à l’eau. Je m’aperçois que pas mal de talents s’exportent, car ils n’ont pas la possibilité de s’exprimer ici et c’est dommage ! Pas mal d’artistes sont découragés.
Pour prendre l’exemple du festival Résonance, j’ai pris connaissance de ce projet fin 2004. Il a fallu 5 ans pour qu’il voit le jour. Ce projet a pour but de donner un élan à cette ville, de promouvoir son patrimoine, son image, de faire découvrir des artistes… et pourtant le montage et la réalisation restent très difficile. Le festival de théâtre a de bonnes raisons d’exister, mais j’ai l’impression, parfois, qu’il laisse peu de place à
d’autres événements alors qu’il reste onze autres mois dans l’année.
Il manque un vrai pôle culturel dans cette ville, un endroit unique, libre et gratuit qui permettrait aux artistes quels qu’ils soient de s’exprimer, de se regrouper, de faire des spectacles, des expositions, des concerts, des conférences etc., avec un accès libre aux visiteurs (j’insiste !).

Envisages-tu d’exposer tes illustrations à Avignon ?

C’est le mot, je l’envisage… J’aimerai exposer dans un lieu approprié, qui reflète mon travail. Depuis quelque temps, je travaille sur un projet plus personnel et pourquoi pas le partager. Malheureusement, j’avance lentement, je manque cruellement de temps. Si j’expose un jour, je souhaite le faire dans de bonnes conditions. Je ne lâche pas ce projet, il est juste en sommeil. J’ai un dossier dans mon ordi. Je l’alimente petit à petit…

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