La Bise Mode d’Emploi

La Bise Mode d'Emploi

Alors que les Allemands se saluent par un simple “Hallo”, que les Américains se font une accolade et que les Russes s’embrassent sur la bouche, en France, on se fait la bise. Mais attention, cette coutume n’est pas si simple à mettre en application et nécessite quelques explications. Qu’on se le dise, faire la bise dans le pays de Molière, c’est tout un art !

À qui doit-on faire la bise ?

Parce qu’elle crée une promiscuité immédiate, on doit faire la bise à la famille et aux personnes dont on se sent proche. Accueillir ses amis avec un échange de baisers est une tradition purement française alors que faire la bise à son supérieur hiérarchique, son médecin ou le passager assis à côté de soi dans le TGV serait impensable. Le plus simple, c’est d’attendre qu’on vienne vers vous !

Petit piège français : le nombre de bisous…

Chaque ville a son nombre et il n’existe malheureusement pas de “carte des bisous par région en France” qui éviterait bien des situations embarrassantes… C’est quatre en banlieue parisienne, à Lyon c’est deux, tandis qu’à Avignon, on pratique trois bises en commençant généralement par la joue droite.

Les hommes ne se font pas automatiquement la bise…

Tout comme dans un couple, il y a des étapes à franchir avant de passer à l’acte ! D’abord la poignée de main cordiale de type “professionnelle”, puis la poignée de main plus personnalisée et stylisée (à comprendre avec une tape sur l’épaule ou un “hug” à l’américaine) avant de passer à la fameuse et dernière poignée de main : la très maladroite “dès que nos mains se touchent, je te tire vers moi, et hop, je te surprends avec trois bisous rapides”. Ce moment symbolique officialise votre camaraderie et débouche la plupart du temps sur une demande d’amitié sur facebook ainsi qu’un échange de coordonnées téléphoniques.

Important !

De même qu’avec la langue française, il y a une foule d’exceptions qui sont difficiles à décrypter… Alors que la règle de faire la bise s’applique lorsqu’en boîte de nuit vous croisez un copain qui a visiblement très chaud, c’est acceptable de simplement faire un coucou de la main lorsque vous tombez sur des connaissances en sueur au club de gym.

Fixie Phènomène

Fixie

Depuis quelque temps, on peut remarquer des cyclistes qui dévalent les rues sur de beaux vélos colorés, aux lignes particulièrement épurées. Issu de la culture urbaine, le vélo à pignon fixe, “fixie” de son petit nom, a autant de succès auprès des skateboarders ou des surfeurs qu’avec les avocats et les comptables !

Bien que le phénomène semble récent, l’utilisation de ce type de vélo date de plus d’un siècle. En effet, dans le tout Premier Tour de France de 1903, les compétiteurs couraient tous avec des pignons fixes ! Oubliés des rues pendant un moment, ils ont longtemps été réservés à la course de piste en vélodrome avant de refaire leur apparition, il y a une dizaine d’années, dans les rues de San Francisco. Souvent associé aux coursiers à vélo new-yorkais, ce moyen de transport maniable a aujourd’hui envahi les grandes villes du monde…et de plus petites comme Avignon !

Tout comme les vélos de piste, le “fixie” a comme spécificité première d’être élémentaire : pas de freins, une seule vitesse, pas de dérailleur, de câbles ou de manettes. Réduit à l’essentiel, il est apprécié pour sa légèreté et son design minimal. Autre particularité : le pignon et la roue arrière sont solidaires et ne peuvent fonctionner indépendamment l’un de l’autre. Vous l’aurez compris, tant que la roue tourne, il est impossible d’arrêter de pédaler. La maîtrise d’un tel vélo exige beaucoup d’adresse et d’entraînement car c’est le blocage du pédalier par une forte impulsion sur les pédales et une répartition du poids sur l’avant du vélo qui permet de contrôler la vitesse et le freinage. Inutile de préciser qu’une excellente forme physique est nécessaire pour monter une côte et qu’un brin de folie s’impose en descente. Les cyclistes qui déferlent à toute vitesse se doivent d’être très attentifs à leur environnement. Il faut toujours anticiper un feu rouge, une voiture à un croisement…

Aussi diverse que les goûts de leurs propriétaires, la customisation d’un “fixie” est une réelle déclaration d’individualité. Oldschool ou d’allure plus moderne, l’important est que chaque cavalier soit en phase avec sa monture ! Les rues deviennent le terrain de jeu de ces adeptes dont le challenge est de développer un style de déplacement, où la rapidité, le cheminement intelligent et les lignes intrépides sont fluides. Le pignon fixe permet également de pédaler en marche arrière et de faire du surplace : idéal pour les acrobaties ou une partie de vélo polo ! Jetez un coup d’œil au fond de la place du Palais des Palais, on peut souvent y apercevoir des “fixiemans” faire des figures impressionnantes ! D’ailleurs vous pouvez suivre l’actualité “fixée” avignonnaise, et partout en France, sur le site www.pignonfixe.com.