Obny

propos recueillis par Ugo

Si le public local tarde malheureusement à découvrir les pointues et envoûtantes compositions de l’Avignonnais Olivier Boni, alias Obny, le 7e art a quant à lui déjà reconnu la force du DJ. Ses remix et ses prestations live ont été encensés par la critique et ses projets sonores sont des événements attendus dans le milieu de l’électro. À l’occasion de son troisième album ‘‘2009’’ sorti en juin dernier, le DJ – producteur – compositeur, petit génie de la musique techno, a accepté de répondre à nos questions…

Pour ceux qui ne connaissent pas encore Obny, pourrais-tu te présenter ?

Mon parcours musical est assez simple : j’ai joué en groupe comme compositeur et guitariste durant une dizaine d’années dans différentes formations (Caédéré, Varez, Talitaha, Lastwind) où j’ai pu aborder différents styles (cold wave, punk, funk rock, jazz, trip-hop et techno). J’ai décidé de travailler seul et de produire mes propres musiques sous le nom d’Obny en 2003 : une envie de musique électronique, de travailler des productions dans mon home studio et de sortir des albums. Des artistes comme Tricky, Prodigy, Amon Tobin, Aphex Twin, Squarpusher m’ont marqués à cette époque-là . J’ai démarré ma propre expérimentation avec une première démo 5 titres, très bien accueillie par la presse nationale, et j’ai poursuivi ensuite par un premier album ‘‘Operastral’’ distribué par ‘‘labaleine’’ au niveau national. Parallèlement, j’ai accroché avec un label étranger pour composer des musiques de film et plus particulièrement des bandes-annonces. J’ai vendu des titres en France à koka/BMG et en UK/USA à pp-music pour le dernier James Bond video game trailer.

Tes visuels de jaquettes sont toujours très artistiques : quel est ton lien avec l’image ?

Mon lien à l’image est indispensable, le cinéma, le graphisme, la danse, le théâtre sont pour moi autant de sources inspiratrices. Il m’arrive assez souvent d’imaginer ce que peut être ma musique en image avant même d’avoir fini de la composer. Je prends le temps de penser un visuel de pochette, une installation sur scène, un light show… J’avais mis en scène danseuses et comédiennes sur le live de mon premier album ‘‘Operastral’’ : le public était plongé dans le noir, les yeux bandés, en introduction du set puis ils quittaient leurs bandages sur le premier titre ‘‘ouvres les yeux’’ et ils découvraient l’installation… Les gens ont vraiment aimé ! Aujourd’hui, j’ai la chance d’avoir un travail graphique de très grande qualité pour mes pochettes, c’est Joolz (Joolz .fr), ancien membre du collectif ‘‘dose-productions’’ (qui a créé mes premières pochettes), qui me conseille et réalise ! Je souhaiterais travailler sur un clip Obny, mais le live de mon nouvel album ‘‘2009’’ me demande déjà beaucoup de travail.

Quelles ont été tes inspirations pour ce troisième opus ?

Aucune en particulier, mais plusieurs en même temps. J’avais une vraie envie de composer dans un esprit live pour faire danser tout en en préservant une recherche harmonique et une production pouvant parfois rappeler certains titres des années 80/90. Je me suis imposé une contrainte : définir un tempo qui soit le même pour tous les titres, tout en essayant de varier suffisamment pour ne pas être linéaire. J’ai décidé de poser ma voix sur les titres, sans doute le désir de travailler avec moins de voix samplées et de rendre l’ensemble plus personnel. Le résultat trouve sa vraie dimension sur scène !

Tes albums se suivent, mais ne se ressemblent pas… ‘‘Asiamoon’’, ton second album était plutôt sensuel, japonisant tandis que ‘‘Obny 2009’’ est un peu plus pop et core…

‘‘Operastral’’ est très riche, il contient beaucoup de matières sonores et mélange les instruments joués aux sons électroniques. Mon second opus ‘‘Asiamoon’’ est effectivement plus sensuel, plus intimiste avec pour fil conducteur un travail sur les sonorités asiatiques. J’ai passé beaucoup de temps
à travailler les cordes d’instruments traditionnels, à découvrir l’univers de la danse Buto… ‘‘2009’’ tranche et c’est voulu : tout en sonnant Dancefloor, certaines mélodies référent indirectement à la coldwave. J’ai trouvé une nouvelle énergie, j’aime l’idée du changement et d’une certaine prise de risque, c’est très excitant !

Sur quoi travailles-tu en ce moment, quels sont tes projets futurs ?

Actuellement, je travaille sur le live ‘‘2009’’ que j’ai déjà joué quelques fois, je le peaufine et écrit le light show. J’ai fait appel au DJ Producteur Akira (myspace.com/akiraelectronslibrese) pour jouer avec moi sur scène, ne pouvant pas tout assurer seul. Notre collaboration est fructueuse et rend le live très vivant.

Mes projets futurs sont de faire tourner ce live au maximum : le public accroche, donc il faut persévérer et jouer dans de grandes villes. J’ai également pour projet de monter ma boite de Sound-designer en 2010 pour démarcher des agences de pub sur le web et des compagnies de danse et de théâtre. Mes quelques musiques placées à l’étranger sont une bonne vitrine pour espérer défendre une qualité de composition et d’habillage sonore en France. Et si le temps me le permet, un nouvel opus pour 2010 ! J’ai quelques idées quant au climat de ce prochain album…

AUCUN COMMENTAIRE

Laisser une Réponse