Alice Lemarin

Bien qu’elle soit au début de sa carrière artistique, les photographies d’Alice Lemarin lui ont déjà permis de gagner le concours « The colors of my life » organisé par Datacolor. Choisie parmi trente finalistes, elle ira profiter de son prix cet été : un workshop photographique en Toscane. Présentation d’une Avignonnaise talentueuse.

Alice Lemarin a toujours été intéressée par l’image. Tournée vers le cinéma, elle fait ses débuts en vidéo et s’amuse à réaliser des courts-métrages avant de briser son caméscope. C’est pourtant cet accident qui va lui permettre, à l’âge de 16 ans, de découvrir dans un placard le vieil appareil photo de son père. Cette découverte marque le début de son aventure dans le monde des images fixes.

Passionnée de mode, elle est d’abord inspirée par l’envie de photographier ses nouveaux vêtements. Le porter, l’importance du vêtement, le mouvement du
tissu, l’histoire ou la forme d’un motif, autant de détails précieux à saisir avec sa caméra. Avec le temps, elle s’est servi des choses qui l’entouraient et a eu la chance de ne pas chercher bien loin le sublime décor qui apparaît fréquemment dans ses clichés. La maison dans laquelle elle vit, une ancienne demeure avignonnaise, correspond parfaitement à son univers rétro et à son goût pour l’ancien. Incapable de travailler sur le vif, elle crée des mises en scène décalées et surprenantes, où apparaissent des accessoires, des meubles, des jardins et des personnes semblant venir d’une autre époque, donnant ainsi un côté vintage à l’ensemble de son travail.

Alice Lemarin ne se retrouve pas dans l’art contemporain et elle laisse de plus en plus son appareil photo numérique pour revenir à – ou plutôt pour découvrir – la photographie argentique, qu’elle considère plus fidèle à son esthétisme. Dans un monde propulsé dans la technologie, elle préfère revenir aux vieilles techniques et aux procédés traditionnels. C’est Jaydie Putterman, photographe de renommée internationale qu’elle assiste et à qui elle doit beaucoup, qui lui a appris à développer en chambre noire. Depuis, elle s’est organisé un petit laboratoire dans sa salle de bain et sourit en expliquant qu’elle fait pendre ses pellicules dans la douche et qu’il y a des bacs partout. Bien qu’elle n’apporte que d’infimes retouches à ses photographies numériques, préférant le côté « fidèle » au côté « triché » de la réalité, elle juge le fait de développer ses créations elle-même plus précieux, moins superficiel et plus en phase avec sa démarche artistique.

Oscillant entre des séries intitulées « Bas de jambes », « Autoportraits », « Mises en scènes » ou « Mouvement », ses photographies, en noir et blanc aussi bien qu’en couleur, ont toutes un point commun : l’intrigue. Avec un esthétisme féminin, elle aime raconter une histoire, laisser aux gens la chance d’imaginer, faire se questionner le spectateur… Préférant le mystère à l’évidence, elle ne veut pas soumettre d’identité à ses photographies. D’ailleurs, elle va même jusqu’à incarner différents personnages pour ses autoportraits. À mi-chemin entre le rêve et la réalité, dans une époque difficile à cerner, les photographies d’Alice Lemarin sont de véritables images poétiques qui permettent de s’évader du quotidien.

Cordonnées Contact : Alice Lemarin, photographe www.alicelemarin.com

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