Comment ne pas se passionner pour l’histoire de cette ville et ses origines, ne pas s’intéresser aux différentes époques qui lui ont donné son visage actuel, ville artistique et contemporaine valorisée aujourd’hui par de nombreux musées et autres lieux culturels ?

Premiers habitants

Les premiers habitants ont laissé des traces 2500 ans avant notre ère mais c’est environ 600 ans av. JC que les premières tribus gauloises, s’installèrent au fond d’un vallon de la face nord des Alpilles autour d’une source importante fréquentée depuis la préhistoire.

Au IIème siècle av. JC, des Salyens d’origine celtoligure ont bâti autour de la source guérisseuse et sacrée, Glanon (du nom du Dieu Gaulois Glan), une ville prospère toute imprégnée d’hellénisme par les grecs qui s’étaient avancés à l’intérieur des terres depuis Marseille.

Les romains

Puis Les Romains s’emparèrent de Glanum, en firent une colonie romaine à la double vocation ; religieuse autour de la source sacrée mais aussi commerciale. Cependant Glanum ne résista pas aux invasions barbares et fut complétement détruite vers 260. La ville en ruine sera rapidement ensevelie et oubliée. C’est en 1921 qu’elle fut exhumée tandis que les antiques : le mausolée et l’arc municipal, bien visibles, eux ont toujours affiché sa réputation.

Sous diverses dominations

Sans nous attarder sur l’histoire de cette ville on peut cependant signaler qu’elle fut successivement sous la domination de plusieurs évêchés, abbayes, comtés ou seigneuries. Les évêques d’Avignon prennent en charge le bourg puis Glanum se met sous la protection de l’abbaye de Saint-Rémy de Reims dont elle pris le nom. Le domaine de Saint-Rémy est ensuite annexé par Bozon comte d’Arles, puis la reine Jeanne donne la ville à Guillaume Roger de Beaufort, frère du pape Clément VI en 1353 tandis que Louis XI en fait don à Jean d’Anjou et enfin Louis XIII offre la cité au prince de Monaco Honoré II de Grimaldi en 1643 et elle en garde la fierté d’appartenance, bien que la peste qui fut terrible en 1720, fit succomber le tiers de sa population !

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Revenons à Glanum

Les fouilles ont donc commencé, à l’initiative de Pierre de Brun, en 1921 ; un travail colossal qui permit de mettre à jour la cité impériale telle que nous pouvons la voir aujourd’hui en face des Antiques. On y voit encore les temples, la basilique, le Forum, la Curie, les thermes et les habitations disposés le long d’une rue centrale.

La partie haute plus rétrécie est consacrée au Sanctuaire autour de la Source Sacrée avec ses petits temples dont ceux dédiés à la déesse de la santé Valetudo et à Hercule. Seule une petite partie de la ville a été découverte. Le site, géré par les Monuments Nationaux fait toujours l’objet de fouilles menées par l’Institut de Recherche sur l’Architecture Antique.

A propos de cette appellation « Les Antiques » ce furent longtemps les seuls vestiges apparents de l’antiquité, l’Arc de Triomphe et le Mausolée des Jules, ces monuments qui figurent parmi les plus connus qu’ait laissé la civilisation romaine en Provence, marquaient l’entrée de la ville de Glanum.

Le Mausolé des Julii

Datant des année 30-20 av JC, ce monument funéraire d’une grande famille doit sa célébrité à son architecture romaine unique ; socle à 4 faces magnifiquement sculptées, surmonté d’un arc de triomphe à double entrée, sur lequel est érigé un petit temple rond à colonnes et à toiture pyramidale abritant les effigies des deux Julii à qui est dédié ce monument exceptionnel.

L’Arc de Triomphe

Datant des années 20 ap. JC, est orné de très beaux reliefs illustrant la conquête des Gaules par César. Les fruits et feuillages, symboles de l’abondance, suggèrent les bienfaits de la Pax Romana.

Notre Dame de Pitié

En redescendant vers la ville plus au nord nous passerons devant un petit édifice érigé au XIIIème remanié vers 1700 pour prendre le vocable de Notre Dame de Pitié (afin de protéger les troupeaux et les habitants des pestes et des sécheresses). Cette chapelle abrite les oeuvres de Mario Prassinos (1916-1985), peintre illustrateur de quantités de livres qui s’installa à Eygalières en 1951 (lieu mythique à quelques km) comme de nombreux peintres attirés par la belle lumière du midi. C’est à St-Rémy qu’il souhaita léguer son oeuvre ainsi exposée dans la jolie chapelle de Notre Dame de Pitié.

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Continuons à nous diriger vers la nouvelle ville pour découvrir son architecture

La cité était, comme nous l’avons souligné, une étape importante et une place de marché. Le boulevard circulaire occupe l’emplacement des remparts médiévaux et constitue le centre animé de la ville où se développent les commerces vantant les mérites de la modernité mais des traditions.

La place de la république est dominée par le clocher gothique de L’Église Saint Martin du XIVème qui offre une imposante façade classique du XXIème.

Dans la rue Carnot se trouve la Maison Roux où Gounod organisa la 1er audition de Mireille.

L’Hôtel de Sade XVème est devenu un dépôt lapidaire d’un grand intérêt archéologique il devrait rouvrir incessamment.

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Parmi les musées à visiter

Musée des Alpilles

Le bel hôtel Mistral de Mondragon du XVIème, hotel renaissance abrite le musée des Alpilles offrant une intéressante évocation des arts et traditions populaires, véritable conservatoire patrimonial (archéologie, ethnologie, arts graphiques).

Trois salles de l’exposition permanente du musée, ainsi que sa cour intérieure et l’atelier de typographie, sont désormais accessibles en visite virtuelle sur internet. Comme quoi les outils modernes n’intimident pas cette petite bourgade ! Et par ce nouvel outil, la municipalité souhaite mieux faire connaître le musée au grand public et susciter l’envie de le visiter « pour de vrai » en intégralité.

Hôtel Estrine

L’Hôtel Estrine a été rénové et agrandi et il doit réouvrir le 7 mars. Ce musée d’art moderne et contemporain, animé par l’association Présence Van Gogh, bénéficie désormais d’un écrin architectural étonnant, à la hauteur des exigences de l’appellation musée de France obtenue en 2007. Les nouvelles oeuvres qu’il va accueillir très prochainement confortent le musée Estrine comme un équipement de premier plan dans la région et comme le disait François Nourissier ; ici « ce que j’aime… C’est sa façon de choisir, montrer, agir qui va à l’encontre des tentations mauvaises de l’époque… ».

L’Alpilium

Pour être de leur époque les Saint-Rémois ont fait construire et inaugurer une nouvelle salle municipale, baptisée “L’Alpilium”. Sur la partie congrès, l’Alpilium a permis à la ville de Saint-Rémy d’accueillir des manifestations d’envergure nationale comme la Santo Estello ou les Assises des Petites Villes de France qui ont réuni des Maires et des élus venus de toute la France.

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