Théo Haggai – All Rights Reserved (ou Presque)

Théo Haggai

Brûleurs de parquets dansants, amateurs des glaçons du Privé ou jeunes branchouilles locales, vous vous êtes déjà certainement fait tirer le portrait par ce petit jeune de vingt ans. Pourtant derrière cette activité (très) superficielle se cache un talent que Théo Haggai réserve pour son blog. All rights reserved ou presque.

Nous sommes dans les années 2000. De l’arrière-salle du Baron à Paris jusqu’au bas fond de la discothèque du Camping de l’Espiguette se démène une bande de jeunes photographes amateurs. Leur but : créer une communauté pour le site “tilliate”. Dix ans plus tard, le site a pris une tournure différente, mais les habitudes sont restées. Entre temps Thecobrasnake est passé par là et a rendu l’activité plus hype que beauf. Ainsi Théo Haggai, Aixois, surfe sur cette mouvance, pas très artistique, mais empreinte d’une sociabilité qui lui va bien (il a récemment couvert le Sixpack Playtime Festival pour le Privé, à Avignon). De ces quelques clichés ressort l’essence de son travail : la recherche de l’instant. Dans un monde qui avance, se construit et se détruit en peu de temps, il erre, armé de son Nikon D90 pour photographier “le moment”.

Du haut de ses 20 printemps il aborde le monde urbain avec fragilité (certains de ses clichés font état d’une misère moderne), douceur (les photographies de sa petite soeur sont d’un romantisme certain), ou encore avec esthétisme (ses photoshoots mode pourraient très aisément séduire des marques de prêt-à-porter). Les rappels à certains héros modernes sont nombreux comme, entre autre, Terry Richardson et ses fameuses mises en scène où il s’inclut. Un style que Théo Haggai cautionne et utilise sans renier l’influence de l’Américain, auteur des dernières campagnes de Lee ! Un chemin qu’il devrait bientôt suivre.

Contact // Info : theohaggai.com

Jérôme Taub / Photographe

Jérôme Taub - London Spirit 2010

Jérôme Taub est un photographe d’Avignon qui, en plus de son travail pour plusieurs clients internationaux, trouve le temps pour ses projets personnels. Objectif en main, il erre dans les villes du monde à la recherche de ce moment spontané que personne ne peut prévoir. Toujours prises sur le vif et à une distance réelle, ses photographies capturent le monde véritable et la théâtralité naturelle de la vie. Sans jamais mettre en scène ses sujets, il parvient à saisir l’atmosphère poétique de gens ordinaires, d’endroits populaires.
Nous recommandons de visionner ‘‘Des bétises sur des modules’’, un magnifique court métrage qu’il a réalisé il y a deux ans au skate parc de l’Ile de la Barthelasse. Entretien avec un observateur d’excellence.

Peux-tu nous résumer ton parcours ?
J’ai l’impression d’avoir toujours aimé la photo. D’abord, je suis autodidacte, je n’ai jamais pris un cours de photo. Je crois que je suis d’abord tombé amoureux de l’appareil, l’objet en lui même vers 10-12 ans. Mon oncle m’avait confié son appareil je m’en souviens comme si c’était hier : le choc ! Du coup j’ai toujours fait de la photo, mais ce n’est qu’après mes études que j’ai décidé d’en faire ma profession. Je suis allé à Paris où
j’ai travaillé pendant plusieurs années sur les tournages comme assistant réalisateur et caméraman avant d’en faire finalement mon métier. Quoi que je fasse, ça me poursuit.

Quel que soit le pays dans lequel tu te trouves, tu sembles t’intéresser aux mêmes sujets : la société, le monde, les gens. La vie ordinaire t’intéresse ?
Oui, c’est la base de mon travail artistique en fait. La vie ordinaire, le quotidien, les vrais gens, la vraie vie quoi ! J’ai beaucoup travaillé en presse où l’on passe notre temps à parler des catastrophes, des guerres, des célébrités… toujours les extrêmes ! La guerre ou le glamour ! Alors que ce sont les gens dont on ne parle jamais, ceux que l’on croise tous les jours dans la rue, qui sont les vrais acteurs de la vie. En plus, c’est à mon avis, dans cet espace que l’on a une vraie représentation de notre société, de notre époque.

Tu fais parfois découvrir les coulisses d’une normalité effrayante, notamment avec les photographies d’une intervention chirurgicale. Qu’est-ce qui t’a amené à faire ces clichés ?
C’est toujours dans la même démarche. J’essaie de décrypter notre époque et notre société. Le travail sur le corps, l’apparence est très représentative de notre époque et la chirurgie esthétique est devenue une chose banale. Or, il ne faut pas oublier que c’est un acte violent et que lorsque ce n’est pas indispensable, il faut bien y réfléchir à deux fois. C’est bien représentatif de notre société où le fait de ne pas correspondre aux critères, à l’apparence idéale de l’époque, amène tout de suite au mal-être et la chirurgie est le moyen le plus facile pour y répondre. Pourtant, j’ai travaillé avec une équipe formidable qui est passionnée et qui protège le patient des dérives avant tout.

À travers ton art, qu’est-ce qui t’intéresse aujourd’hui ?
Aujourd’hui, je continue à travailler sur les gens dont on ne parle pas ou peu ou mal même. Je me dirige de plus en plus vers le documentaire, je cible plus mes sujets. Je commence aussi à réaliser des petits films, avec une approche plus artistique et photographique que narrative. Je suis d’ailleurs en train de faire le montage d’un documentaire sur la salle de boxe du quartier Monclar, où j’ai tourné six mois l’hiver dernier.

As-tu des projets professionnels captivants prévus pour les mois à venir ?
J’ai toujours plein d’envies et quelques sujets que j’espère pouvoir faire aboutir. J’aimerais réaliser prochainement deux sujets très différents : l’un est en Inde et se passerait autour des enseignements du Dalaï-Lama, l’autre sera en Italie dans un petit village où se déroulent les échanges d’or les plus importants du monde, pendant la semaine du marché de l’or. Les deux sujets sont aux antipodes, mais c’est aussi ça qui m’intéresse. Sinon, pour l’instant je fais beaucoup de travaux plus “commerciaux” aussi bien en film qu’en photo en faisant pas mal de pub et d’événementiels avec des marques de prestige.

Tu collabores à de nombreux événements, notamment avec le Festival d’Avignon. Peux-tu nous en dire plus à ce sujet ?
Cela fait dix ans maintenant que je couvre le Festival IN. Par l’intermédiaire de plusieurs agences, je travaille pour tout type d’événements pour la presse. C’est ainsi que j’ai couvert un grand nombre de festivals, pièces de théâtre, vernissages, expositions, collaborations avec de grandes galeries ( Marianne Goodman, David Zvirner…) : j’ai toujours eu une grosse spécialité dans l’art et la culture. J’ai aussi été pendant huit ans le photographe de la FIAC à Paris où là, j’étais au cœur de la création contemporaine… La FIAC sort d’ailleurs prochainement un livre avec un certain nombre de mes photos réalisées à cette époque.

Le printemps dernier tu as photographié “Immersion”, l’œuvre controversée et vandalisée de l’artiste Andrès Serrano. Quel est ton avis sur cette histoire ?
Mon avis c’est qu’il ne faut , selon moi, jamais interdire l’expression artistique. C’est le premier pas vers le totalitarisme. De plus, la violence n’a jamais rien résolu. Et enfin, je comprends que cela puisse choquer certaines personnes, mais une œuvre n’est jamais simple ni gratuite et il faut toujours la replacer dans son contexte. J’ai eu la chance de rencontrer Andrès Serrano à la Collection Lambert. C’est un grand Artiste et son œuvre réalisée dans les années 80, au moment de la découverte du SIDA, est l’expression d’une réaction forte et intime à un événement qui a choqué la planète entière.

Contact // Info : www.misfitsweb.com

Benjamin Rinaldi – Vie de Détails, Détails d’une Vie

Benjamin Rinaldi

J’avais envie de commencer par “Notre jour viendra”. Simplement, sobrement. Combien sont-ils – photographes amateurs, écrivains, blogueurs, cinéastes – à se répéter cette expression sans cesse ? Mélange d’espoir et d’ambitions, de réel et d’impalpable, le “notre jour viendra” est le reflet du travail du photographe Benjamin Rinaldi, mon frère. Un esprit brillant, passionnément engagé, capable de photographier la plus grande détresse humaine et la rendre belle. Un travail profond et intense qui fait qu’il est prêt à tout. A tout, pas vraiment. Pour rien au monde il ne quitterait sa région. Et ça de nos jours, ça te marque un homme. Rencontre et échange avec un photographe de détails, de vies et d’idées. Rencontre avec mon frère. Car oui, “notre jour viendra” et c’est bien plus qu’une histoire de famille.

Peux-tu te décrire pour ceux qui ne te connaissent pas encore ?
Je reprendrai les lignes de ta présentation: “nom italien”, 256 passions…et croisement d’un type célèbre cosmopolite et d’un raté miteux solitaire. Mais sinon sur ma nouvelle carte d’identité il est écrit Benjamin Rinaldi. Je suis régisseur de spectacles, dans un centre culturel. Et puis… il y a la photo.

Quelles sont tes influences ?
Je suis friand de rencontres, photos, musiques, graphisme. Ces échanges m’apportent des idées, et m’aident à rester créatif. En photo, je reste un admirateur du mouvement humaniste, style typiquement français des années 30 à 60, indissociable de la vie d’après-guerre. Grand fan également de David Lachapelle et Diane Airbus pour leurs mises en scène, montrant entre autres les dérives de la société. Les reporters ont également place forte : Don McCullin, Steve McCurry, Sarah Moon, Ray Man, Mapplethorpe et un tas d’autres photographes moins connus.

Plutôt argentique ou numérique ?
J’ai une approche argentique : j’observe, m’imprègne de l’ambiance, mon cadrage est calculé au millimètre. Et puis j’aime l’odeur de la chimie dans les bacs, la magie du révélateur et le travail à l’ancienne. Quand tu sors du labo, tu as tes photos dans les mains. D’un autre coté aujourd’hui le numérique est une évidence : un magazine qui me commande un reportage est sûr de l’avoir dans la journée, et puis mes nouvelles séries demandent beaucoup de retouches constructives. Je travaille également pour des séries personnelles au Polaroid. Les couleurs, le contraste, la nostalgie. Chaque fois que je me déplace, j’emporte un boîtier argentique, un numérique, un Polaroid, parfois un Lomo.

Beaucoup de tes admirateurs restent dubitatifs devant les photos de sans domiciles fixes. Raconte-nous cette démarche folle et intense.
La série “SDF” a été un énorme électrochoc pour moi. Au début, je jouais à photographier dans Avignon, sans but. Puis j’ai rencontré un Irlandais, “paumé”, en plein milieu de la rue de la République et là, le déclic. Je ne voulais pas de photo “volée” du coup je me suis approché et je lui ai parlé, il avait un petit chien sur l’épaule; comme un pirate et son perroquet. Il m’a présenté aux autres, des gars très ouverts et ultras cultivés pour certains. J’ai passé deux ans, une fois par semaine, à aller les voir le matin avant de me rendre au travail. J’ai fait seulement huit photos. En fait j’ai beaucoup dialogué et échangé avec eux, j’ai pris des clichés seulement quand l’émotion, la complicité et l’échange étaient là. Cette série a fait son temps au travers de pas mal d’expositions, et quelques galeristes commencent à m’acheter des tirages.

Quels sont les autres thèmes sur lesquels tu travailles aujourd’hui ?
Je travaille pour le groupe de musique pop rock Flipsong (ww.flipsong.net), je fais les photos pour leur communication et pour les pochettes d’albums. Je finis mon travail pour le festival Crion’s ensemble, et avec l’aide d’Irosaki, le graphiste de notre collectif “Carambolages”, nous aménageons un espace, une sorte de “Factory” régionale, afin de continuer à proposer des échanges entres personnes travaillant dans l’image.
Je viens de finir la campagne pub de Pentax France pour deux nouveaux appareils photo. Ma dernière série s’appelle “Apesanteur”. Je prends des gens en photos chez eux, la seule mise en scène étant leur pièce principale au quotidien, avec soit eux, soit un objet en apesanteur. Pas de mise en scène avec la personne, l’ensemble doit être harmonieux.

Contact // infos : www.benjaminrinaldi.com

Vincent Taiani / Graphiste / Photographe

Vincent Taiani

Tourné vers l’art depuis toujours, il était normal que Vincent Taiani commence des études de dessin industriel et d’arts plastiques avant d’obtenir son diplôme en arts appliqués. Dès sa sortie d’école, on lui propose un poste d’enseignant au lycée professionnel de Sorgues. Cette situation avantageuse lui permet de poursuivre une carrière dans les médias visuels et de consacrer du temps à ses travaux artistiques. Professionnellement, ce graphiste en freelance est émerveillé par ce travail international et sans frontières qui le pousse à se surpasser. Les différents projets sur lesquels il travaille l’amènent à porter un regard nouveau sur les possibilités créatives dans les médias. Il s’offre même le luxe de choisir des clients pour qui il s’investit afin d’offrir un travail de qualité en rapport avec ses compétences. Dernier client en liste : rien de moins que la collaboration à la réalisation du site internet de Naf Naf. (www.nafnaf.com)

Un artiste contemporain fasciné par l’image.

Les travaux personnels de Vincent Taiani se suivent mais ne se ressemblent pas. Son état d’esprit et ses influences, bien que toujours très rock et issus de la culture de rue, changent en fonction de la technique utilisée. Créateur intuitif, son corpus s’articule entre la photographie, l’illustration, la typographie et le design graphique. Ce touche-à-tout va et vient sur différents travaux en suivant son inspiration : de magnifiques photographies prises en Laponie, la réalisation de planches de skate et des T-shirts pour un skateshop, des dessins automatiques encrés sur une fresque de deux mètres de long…

Artiste témoin de son temps et ouvert sur le monde, Vincent Taiani puise ses idées dans la culture underground aussi bien que dans le marketing de masse. Féru de lettres, il adore jouer avec le sens et le visuel des mots. Tel un architecte qui aborde ses plans, il conçoit des formes tridimensionnelles, codées et réfléchies dont le thème principal reste le lettrage. Son travail de typographie va en quelque sorte à l’encontre du proverbe « une image vaut mille mots » : ici, le visuel reste un exercice de recherche en rapport avec le sens des mots. Alors que nous sommes constamment bombardés de messages et sollicités par la publicité, les oeuvres de Vincent Taiani proposent de faire le choix de s’y intéresser. Le déchiffrage et la compréhension des codes exigent un effort de la part du spectateur. Sur l’une de ses affiches, on parvient à lire « Encore un peu de lecture gratuite », une phrase quasi illisible cachée dans un visuel qui semble n’être qu’un décor. « Le message n’est pas gratuit, il se mérite » explique l’artiste.

Le skate a dirigé Vincent Taiani vers une autre de ses passions : la photographie argentique. C’est grâce à l’appareil photo qu’il « empruntait » discrètement à sa soeur qu’il s’est pris d’amour pour tout ce qui a trait aux images fixes. Il se rend compte rapidement qu’il est fasciné par les espaces modifiés, puis délaissés par l’homme. La ligne directrice de son travail photographique consiste à poser un regard sur la manière dont les
humains ont transformé notre environnement : le rapport entre l’homme, la nature et l’architecture y est omniprésent. À travers les continents, il relate l’histoire des carrières abandonnées, d’un terrain de foot la nuit, des travaux de construction urbains. Sous le regard du photographe, les paysages abandonnés prennent une toute autre dimension : la vie s’efface pour laisser à l’architecture la possibilité de révéler sa beauté brute. Autant dans la forme que dans le fond, l’artiste a trouvé son style : couleurs désaturées, formats carrés et cadrages frontaux. Quelque peu rétro, son univers photographique est parsemé d’une simplicité mélangée à un côté « old school ». Guitariste et chanteur dans le groupe « Synopsis », la musique joue également un rôle important dans son univers créatif. Il combine la photographie et le design graphique à sa sensibilité musicale afin de créer le visuel de jaquettes pour des groupes de musique. Nouer un lien entre l’image et le son le fascine.

Coordonnées Contact :
http://vincent.taiani.free.fr
06 19 80 18 98

Espace Tampopo

Espace Tampopo

Née en juin 2007, l’association Tampopo a donné vie à un lieu artistique qui joue un rôle primordial dans la culture avignonnaise. Situé dans un des derniers quartiers populaires de l’intra-muros, entre la rue Carnot et la place Pie, l’Espace Tampopo contribue à la promotion de la création artistique contemporaine « made in Avignon ».

Espace TampopoAu départ, investir ces quelque vingt mètres carrés est la solution idéale pour un groupe d’amis qui souhaite exposer leurs créations personnelles et individuelles, sans les contraintes des galeries d’art classiques. Le concept ? Dix artistes qui occupent, chacun leur tour, l’endroit pendant un mois. Un mois pendant lequel l’Espace Tampopo devient une entité, un espace sans frontières pour laisser libre cours à leur imagination. Par un mélange de créateurs et de disciplines représentées, cette expérimentation magnifique permet un changement constant de projet et d’univers. Un lieu tout à fait approprié pour transiger avec la pluralité des médias artistiques actuels : du graphisme à la photographie, en passant par la vidéo, l’architecture, la calligraphie, le design ou la peinture. Un panorama qui permet aux créateurs contemporains locaux d’exposer leurs oeuvres et de donner à leur art une visibilité en interagissant avec les visiteurs au sein de leur collectivité.

L’association, qui met de l’avant des démarches artistiques sérieuses, insiste sur l’importance de s’engager humainement. Plus qu’une galerie d’art contemporaine qui diffuse des oeuvres de grandes qualités, elle permet une expérience transculturelle tangible. La notion de « galerie de proximité » prend ici tout son sens grâce à des interactions permanentes avec le public et un encouragement soutenu envers les artistes locaux. L’Espace Tampopo offre une belle occasion d’apprécier et de mesurer ces contacts : rencontre artistique avec votre voisinage ou rendez-vous convivial avec l’art contemporain, il n’en tient qu’à vous !

…Espace Tampopo

Thomas et GéraldineThomas et Géraldine, un jeune couple d’architectes dont les bureaux sont voisins de l’Espace Tampopo, sont les initiateurs de ce projet. Ils ont vécu deux années à New York et Thomas a travaillé sur diverses installations scénique et artistique présentées dans de prestigieux musées tels le Guggenheim, le MoMA, le Whitney Museum of American Art et le New Museum of Contemporary Art. De retour en France, ils n’ont jamais cessé d’imaginer un lieu où se mélangeraient différentes disciplines artistiques et différentes visions, dont celles de leurs amis, des créateurs contemporains. Dotés tous deux d’une grande sensibilité esthétique, moins réaliste et pragmatique que leur travail habituel, ils exposent une vision beaucoup plus artistique de la notion d’espace. L’Espace Tampopo est, ni plus ni moins, un rêve d’étudiants devenu réalité pour Géraldine et Thomas.

Coordonnées Contact :
Thomas Chirouse & Géraldine Monier,
architectes dplg
12, rue du Chapeau Rouge
84000 Avignon
09 50 02 14 58
www.architecturelike.fr

SUPERHYPER

SuperhyperExposition de photographies sur les zones commerciales.
Regard sur la ville contemporaine de Thomas Chirouse + Géraldine Monier, architectes dplg. « Les centres commerciaux forment un ensemble homogène, presque « universel ». Ces nouveaux centre-villes explosent toute tradition urbaine. Ce sont des architectures utilisées à outrance et dont l’apparence est négligée à l’extrême.
La déambulation y est marginale, la contemplation impromptue. Il semblerait qu’entre parkings, publicités et hangars, une esthétique se manifeste : la neutralité devient une composition abstraite, des fragments de nature exhibent leur virginité, la vacuité nocturne dégage une définition spatiale fabuleuse où les consommateurs fantomatiques hantent de leur absence des surfaces immenses absorbées par le vide.
Au cœur même d’une des plus vives manifestations utilitaristes, la pose du regard a convertit le centre commercial. Sa radicalité et ses compositions séduisent. Le conditionnement habituel fait place à un regard neuf. (Les séries photographiques ont été exposées à l’espace Tampopo à Avignon en octobre 2007). »
À suivre : la sortie du livre en automne 2009.

Rencontre avec la Photographe Alice Lemarin

Alice Lemarin

Bien qu’elle soit au début de sa carrière artistique, les photographies d’Alice Lemarin lui ont déjà permis de gagner le concours « The colors of my life » organisé par Datacolor. Choisie parmi trente finalistes, elle ira profiter de son prix cet été : un workshop photographique en Toscane. Présentation d’une Avignonnaise talentueuse.

Alice Lemarin a toujours été intéressée par l’image. Tournée vers le cinéma, elle fait ses débuts en vidéo et s’amuse à réaliser des courts-métrages avant de briser son caméscope. C’est pourtant cet accident qui va lui permettre, à l’âge de 16 ans, de découvrir dans un placard le vieil appareil photo de son père. Cette découverte marque le début de son aventure dans le monde des images fixes.

Passionnée de mode, elle est d’abord inspirée par l’envie de photographier ses nouveaux vêtements. Le porter, l’importance du vêtement, le mouvement du
tissu, l’histoire ou la forme d’un motif, autant de détails précieux à saisir avec sa caméra. Avec le temps, elle s’est servi des choses qui l’entouraient et a eu la chance de ne pas chercher bien loin le sublime décor qui apparaît fréquemment dans ses clichés. La maison dans laquelle elle vit, une ancienne demeure avignonnaise, correspond parfaitement à son univers rétro et à son goût pour l’ancien. Incapable de travailler sur le vif, elle crée des mises en scène décalées et surprenantes, où apparaissent des accessoires, des meubles, des jardins et des personnes semblant venir d’une autre époque, donnant ainsi un côté vintage à l’ensemble de son travail.

Alice Lemarin ne se retrouve pas dans l’art contemporain et elle laisse de plus en plus son appareil photo numérique pour revenir à – ou plutôt pour découvrir – la photographie argentique, qu’elle considère plus fidèle à son esthétisme. Dans un monde propulsé dans la technologie, elle préfère revenir aux vieilles techniques et aux procédés traditionnels. C’est Jaydie Putterman, photographe de renommée internationale qu’elle assiste et à qui elle doit beaucoup, qui lui a appris à développer en chambre noire. Depuis, elle s’est organisé un petit laboratoire dans sa salle de bain et sourit en expliquant qu’elle fait pendre ses pellicules dans la douche et qu’il y a des bacs partout. Bien qu’elle n’apporte que d’infimes retouches à ses photographies numériques, préférant le côté « fidèle » au côté « triché » de la réalité, elle juge le fait de développer ses créations elle-même plus précieux, moins superficiel et plus en phase avec sa démarche artistique.

Oscillant entre des séries intitulées « Bas de jambes », « Autoportraits », « Mises en scènes » ou « Mouvement », ses photographies, en noir et blanc aussi bien qu’en couleur, ont toutes un point commun : l’intrigue. Avec un esthétisme féminin, elle aime raconter une histoire, laisser aux gens la chance d’imaginer, faire se questionner le spectateur… Préférant le mystère à l’évidence, elle ne veut pas soumettre d’identité à ses photographies. D’ailleurs, elle va même jusqu’à incarner différents personnages pour ses autoportraits. À mi-chemin entre le rêve et la réalité, dans une époque difficile à cerner, les photographies d’Alice Lemarin sont de véritables images poétiques qui permettent de s’évader du quotidien.

Cordonnées Contact : Alice Lemarin, photographe www.alicelemarin.com

Collection 08.09 / artistes urbains

Collection 08.09

Souvent collées là où l’on ne s’y attend pas, au détour d’une rue, sur un pont, la rencontre est imprévue, jamais intentionnelle. Ces affiches se profilent sur les murs de la ville provoquant ainsi une série de questions. Mais qu’est-ce que c’est ? À quoi servent ces affiches, à qui sont-elles destinées ? Qui en est l’auteur et quel est le message qu’il souhaite véhiculer ?

Deux jeunes Avignonnais sont à l’origine de ce projet artistique au charme ambigu. Le concept ? Chaque mois, jusqu’en août 2009 (en référence à « Collection 08.09 »), ils produisent individuellement de l’art à caractère pictural et photographique, sous un format d’affiche publicitaire, et en font la diffusion sur la scène urbaine d’Avignon. Deux visions réunies et exposées aux mêmes endroits pour le plus grand plaisir des amateurs de streetart. C’est une interprétation collective entièrement libre où les rues deviennent un laboratoire qui accueille des créations visuelles anonymes et en perpétuel renouvellement.

Justement, la beauté de cet art urbain réside dans son mystère et la parcimonie de l’information transmise. Dans un monde de surconsommation, assailli par une multitude de publicités, ces affiches, aérées et simples, procurent un réel sentiment d’évasion teinté de confusion. Cette démarche, entièrement gratuite, non commerciale, devient une moyen de communication extrêmement fort par le simple fait qu’elle ne propose rien.

Ne pas avoir de message accroît la curiosité et l’intérêt des gens. « Collection 08.09 » permet à chacun de voir ce dont il a envie; loin de l’habituel « préconçu », « prépensé », ces propositions artistiques laissent perplexe. C’est le retour à la libre pensée dans l’urbanisme avignonnais. Proposant un regard sur un autre monde, ces quelques centimètres carrés de visuel décalé s’inspirent du dessin et du graffiti; ils jouent sur les contrastes stylisés et les formes. Voilà un geste artistique qui permet de retourner en enfance car, une fois que vous apercevez ces affiches, commence un jeu très amusant de les rechercher un peu partout dans la ville : une chasse au trésor ouverte à tous !

Que les sceptiques et autres citoyens du monde qui persistent à croire que ces affiches ne sont que du vandalisme, sans but précis, soient rassurés : malheureusement, grâce au service impeccable de nettoyage de la Ville d’Avignon et aux intempéries de Dame Nature, elles ont une durée de vie très limitée en intramuros ! D’ailleurs, c’est cet aspect éphémère, temporel, voire fragile, qui enjolive la démarche des auteurs à laquelle nous devons cette belle intervention urbaine. Alors, la prochaine fois que vous irez arpenter les rues de la ville, ayez l’oeil attentif…

Au diapason avec son époque, cette forme de streetart s’inspire du graffiti, du dessin, du graphisme, de la photographie numérique… Depuis les années 80, plusieurs artistes, tous domaines confondus, ont contribué à faire reconnaître le streetart comme un réel mouvement artistique. Entre autres, les graffitis et les dessins du célèbre Keith Haring, les mosaïques de Space Invaders, les photocopies du « promotionniste » John Hamon, pour n’en nommer que quelques-uns, ont une reconnaissance artistique mondiale au même titre que les oeuvres d’un pianiste, d’un sculpteur ou d’un peintre…

Nous sommes loin des clichés d’un courant uniquement lié au monde « hip-hop ». Aujourd’hui, le streetart trouve sa place dans les galeries d’art, que ce soit pour répondre aux demandes de collectionneurs souhaitant saisir l’insaisissable ou à cause d’un réel intérêt pour les jeunes artistes urbains et de ce qu’ils ont à dire. Plus que jamais, le streetart inspire le monde de la mode, de l’édition, du graphisme et, surtout, du marketing. Cette forme d’expression urbaine n’a pas échappé à l’oeil attentif des médias. On l’utilise comme un moyen très efficace de communication en publicité; on parle même aujourd’hui de streetmarketing, véritable buzz dans le milieu promotionnel.

Contact : myspace.com/collection0809

Mary-Laëtitia Gerval Photographe

Mary-Laëtitia Gerval Photographe

Cette artiste « romantico-rock ‘n’ roll », qui provoque en douceur et sublime le réel, nous fait entrer dans des univers troublants. Débutant par la peinture avant de se spécialiser dans la photographie, cette jeune artiste avignonnaise, de 29 ans, s’impose dans notre champ visuel. Elle cultive son éclectisme depuis le début de sa carrière et s’intéresse à l’analyse du comportement humain en le mettant en scène à travers divers supports artistiques.

Retour aux Sources

De retour de New York, où elle travaillait avec le célèbre photographe Laurent Badessi, elle rapporte un nouveau projet « Academia » et le plaisir de créer selon les bases du concept académique : simplicité, grandeur, harmonie et pureté. Alors débute une série de portraits de genres photographiés qui seront ensuite rendus en peinture.
« Les gens d’époque existent encore dans nos rues : Saint-Jean, la prostituée cachée, la buveuse d’eau, Hermès… En effet, ce sont presque simplement les accessoires qui ont changés. »
D’un esthétisme soigné, où la mise en scène nous transporte et nous émeut, ses portraits nobles et gracieux nous questionnent sur notre manière d’être. À l’inverse de la modernité et de l’abstrait, ici, rien n’est laissé au hasard : pas de clichés volés, mais des règles strictement respectées et une lumière étudiée qui nous rappelle notre héritage artistique.

2004 – Premier ouvrage de photographie « Ne pas s’abstenir »
2007 – Publication du second ouvrage « Fables »
2008 – Assistante de Laurent Elie Badessi pour un projet d’art contemporain.
– Début de son projet de portaits de genre Academia