La situation privilégiée de St-Rémy, au pied du contrefort des Alpilles, à proximité de la vallée de la Durance et de la plaine du Comtat, démontre par elle même combien cette charmante ville peut symboliser la Provence. Depuis 2007 son territoire est classé au sein du Parc naturel régional des Alpilles dont elle est la petite Capitale.

En plus de son patrimoine naturel St-Rémy possède un important patrimoine historique bâti, elle est aussi ville d’accueil et de gastronomie bien placée entre culture et tradition ; elle a donc bien des atouts touristiques pour attirer du beau monde et les célébrités internationales viennent s’y cacher avec délice. Une filleule de Frédéric Mistral, reine du félibrige et écrivaine de provence, la Romancière Marie Gasquet (1872-1960) réputée pour sa culture et sa beauté, y est née et a bien su planter le décor ; « le vent apporte comme un parfum romain de force et de sérénité ; c’est bien là dans ces quelques lieus de terre parfumée, que bat le meilleur du cœur provençal ».

Ville de jardiniers, St-Rémy offre généreusement ses spécialités de productions de culture fruitière et maraîchère méridionale mais s’ouvre de plus en plus vers sa vocation d’étape touristique. Le climat et la sublime lumière apportent bien des avantages qui ne sont plus à prouver.

C’est donc une gageure que nous relevons en soulignant, toutes ses qualités typiquement provençales, en notant les hommes qui ont laissé leur empreinte ou en tentant de citer en si peu de lignes l’importance de son histoire, les vestiges et monuments laissés par son passé.

Les célébrités Saint-Rémoises

Michel de Notre Dame (1503-1566)

À la renommée internationale et dont la maison se trouve rue Hoche. Il naquit à St Remy le 14 décembre 1503 et ne prit le nom de Nostradamus qu’en 1555 après avoir fait ses études à la faculté des Arts à Avignon puis à Montpellier où il obtient le diplôme de doctorat en médecine. Il fit son tour de France et ses publications eurent un grand succès surtout depuis qu’il prédit les circonstances de la mort de Henri II et proposa un « remède contre la peste » vers 1561. Devenu le protégé de Catherine de Médicis ses « centuries » font recette et il meurt en 1566 à Salon où il est enterré aux Cordeliers (à noter que en 1614 son fils César qui avait écrit « histoire et chroniques de Provence » meurt lui à Saint-Rémy).

Louise Capeau

Née en 1580 laisse une plus triste mémoire car elle fut reconnue comme étant possédée du diable et nous ne nous y attarderons donc pas. Une bien autre musique !

Charles Gounod (1818 – 1893)

C’est sur l’invitation de F. Mistral le 12 mars 1863 que Charles Gounod s’installa à l’hôtel « ville verte » de Saint-Rémy pour y écrire la musique de Mireille. Rue Carnot, on garde dans la maison Roux, le souvenir du jour où eut lieu la 1ère audition. Gounod n’était pas Saint-Rémois mais il su en garder un souvenir si agréable qu’il pu écrire : « vous souvenez-vous de ces heures de délicieuse flânerie pendant lesquelles on a l’air de ne rien faire et où l’on fait tant de choses dont la première est d’être heureux »

Vincent van Gogh (1853 – 1890)

Pour Vincent Van Gogh par contre ce ne fut pas que du bonheur. Mais il laissa des souvenirs précieux dans sa peinture et pour la renommée de cette ville où il ne séjourna pourtant qu’une année. Il fut soigné en effet à l’asile de St Paul de Mausole du 8 mai 1889 au 16 mai 1890. Comme c’est ici aussi que plus tard fut abrité le Dr. Schweitzer pendant la guerre 14-18.

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Joseph Roumanille (1818 – 1891)

Parmi les personnalités encore typiques et marquantes d’une époque de la ville, nous devons citer Joseph Roumanille, natif du lieu qui se fit appeler le « félibre du jardin » si fier de « ne pas le quitter » quand on lui reprochait de manquer d’ouverture et de ne pas aller visiter le monde, alors qu’il savait (oh combien !) recevoir et tenir salon dans sa librairie avignonnaise. Né le 8 août 1818 initiateur et organisateur du félibrige, créateur de la prose provençale moderne, écrivant de courts récits polémiques et des contes en provençal (li margarideto) il s’est vu ériger après sa mort une statue dans sa ville et une bibliothèque qui porte son nom.

Marie-Antoinette Roumanille (1896-1986)

Plus connue sous le nom de plume de Marie Mauron qui elle aussi fut élue Majoral du Félibrige en 1969 (Cigalo d’Irlando) dans la même ville, reste une écrivaine et poête française qu’on nomme parfois la « Grande Dame de Provence ». Considérée comme l’héritière des grands poêtes provençaux, elle chante, des années durant, sa terre, ses légendes, ses traditions. Récompensée par de nombreux prix tel celui de l’académie française ou du grand prix littéraire de Provence, elle fait honneur à son « pays » et a su montrer la voie à d’autres amoureux de leur ville tel Marcel Bonnet. Celui-ci ne manqua pas d’encourager ses concitoyens à pratiquer la langue et l’écriture en provençal. Laissant dépôts de livres et manuscrits à la bibliothèque Jousé Roumanille qui offre un grand fond spécialisé.

Zoom sur … Le Monastère Saint-Paul de Mausole

Il doit son nom à la proximité du site du mausolée des « Julii » tout près de la cité gallo-romaine de Glanum, est magnifiquement situé dans un paysage d’oliveraie au pied des Alpilles. Ce lieu mérite non seulement un détour pour la visite mais aussi une explication historique ; son clocher à deux étages de plan carré, coiffé d’un toit pyramidal et le cloître attenant du XIème et XIIème siècle, sont un chef d’oeuvre de l’art roman provençal.

Le monastère fut transformé en 1768 en asile d’aliéné, puis nationalisé à la Révolution de 1789. Le couvent fut vendu à trois laïcs de Saint-Rémy puis revendu en 1807 au Docteur Mercurin. Ce médecin fonda alors un asile psychiatrique et s’engagea à poursuivre l’accueil et le soin des malades mentaux avec l’aide de médecins et laïques associés aux soeurs de Vesseaux. Dans les bâtiments qui sont la propriété de l’Association « Les Amis de Saint-Paul », sont exploités plusieurs établissements à vocation et à orientation psychiatrique.

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C’est aussi un centre culturel qui mérite la visite comprenant donc : le cloître roman classé, la reconstitution de la chambre d’hospitalisation de Van Gogh, le champ Van Gogh (qu’il contemplait de sa fenêtre), l’allée du cloître et le parcours botanique ainsi que l’historique des soeurs de l’institut Saint Joseph qui oeuvraient dans l’établissement depuis le XIXème siècle, dans l’allée arborée menant à la chapelle sont présentées les reproductions des principaux tableaux de Van Gogh sur leur lieu d’exécution dont les célèbres « Iris », « La nuit étoilée », « L’Oliveraie », le « Jardin de l’hospice Saint-Paul », « Autoportrait »… La galerie d’Art Valetudo y expose aussi les oeuvres de l’atelier d’art-thérapie qui associe art, recherche et soin, en réponse d’une certaine manière au rêve de Van Gogh qui désirait créer une association d’artistes dans le midi de la France.

C’est bien à St-Rémy en effet que les peintres réalisent leurs plus belles toiles en désirant profiter de la sublime lumière du lieu ; aussi tous les ans la ville est elle transformée en vaste galerie d’art tout au long des ruelles… C’est un peu grâce à Vincent Van Gogh qui a su donner l’exemple et rassembler ses admirateurs ici.

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